Actus Chéribibesques

Make your own press or go fuck yourself ! Publié le 6 février 2014, par CheriBibi

« All you need is ideas »… and guts.
Pour les non-anglophones (qui vont hélas être bien à la peine avec la vitale vidéo ci-dessous d’où est extraite la phrase entre guillemets ci-dessus), ça veut dire qu’il s’agit de créer ses propres médias plutôt que chialer sur la déliquescence de la presse commerciale sur papier (pas assez rapide à crever selon nous) et l’évanescence d’une presse internet marquée par un zapping mortifère. On s’en est déjà causé ici même, toi-même t’as vu.

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Pour faire concis –vu qu’on aura plein d’autres trucs michtos à annoncer dès cette nuit-, diverses rencontres se profilent incessamment ce week-end afin d’affirmer la vitalité d’une production DIY en papier passionnée et le fait indéniable qu’elle soit en outre beaucoup plus aisée à réaliser que veulent nous laisser croire les soi-disant professionnels de la désinformation imprimée !

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Ce samedi 8 février, deux initiatives ont lieu à Paris (voir flyers ci-dessous) et une autre se profile le 29 mars prochain (idem). Inutile de préciser que vous êtes fortement conviés à y aller !

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Et si la redondance de ma prose incitative n’a pas eu l’effet escompté, peut-être bien que ce superbe reportage de la BBC daté de 1980 vous donnera vraiment envie… On y suit, à Telford (« ville nouvelle » datant des années 60 et située à 28 km à l’ouest de Birmingham au Royaume-Uni… autant dire que c’est la zone), la petite équipe punk & skin du zine Guttersnipe. Au coeur d’une putain de « ghost town », cette publication alternative tirée à 400 exemplaires causait de musique, de politique, d’antiracisme, de la difficulté de trouver un job, informait sur l’avortement, bref, évoquait avec le langage de la rue la réalité du quotidien des jeunes du coin comme s’en gardaient bien de le faire les journaux officiels (préférant, eux, fustiger l’utilisation du « four letters word » -le mot « fuck »- dans les pages de Guttersnipe…). Nul doute que la passion qui les anime -tangible tout au long de ce reportage- saura trouver, fusse 30 ans après, un écho auprès de toutes celles et tous ceux qui bataillent contre l’ennui fatidique généré par cette société de l’obsolescence programmée.
(Faîtes gaffe, la vidéo a tendance à commencer au milieu et pas au début -le punk ça bug semble-t-il)

De mon côté, je retourne au chantier chéribibesque (y’aura comme dit plus haut d’autres annonces dès très bientôt) avec la satisfaction d’avoir placé dans un même post les mots « déliquescence », « évanescence » et « obsolescence » (je te prend quand tu veux au Scrabble… ou directement sur la table).

Ah, et les photos illustrant ce message à caractère incitatif sont témoins des intenses séances de taf au cutter et à la colle du camarluche Thierry Alcouffe sur l’avant-dernier Rotten Eggs Smell Terrible (« spécial ChériBibi ! ») qui, bien qu’épuisé à l’heure qu’il est, reste néanmoins téléchargeable là et là histoire de l’imprimer soi-même. Fonce Thierry, tu donnes envie !

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Nobody move, nobody get hurt Publié le 22 décembre 2013, par CheriBibi

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« À ce stade, ce n’est plus, croyez-moi, le gouvernement qui est en cause, ni les institutions, ni même la France. C’est notre civilisation elle-même. » (Georges Pompidou devant l’Assemblée nationale, le 14 mai 1968)

Petit papa Noël, donne donc leurs pains quotidiens aux affreux qui prétendent nous gouverner et offre une paire de c… aux soi-disant leaders de la cause du peuple.

Petit papa Noël, je sais bien que tu t’es suicidé lors de l’apparition du chauffage central, mais fait un effort merde. Au pied du sapin j’ai les boules, alors je t’enguirlande : tu m’avais fait croire, salaud, qu’il suffisait de regarder les étoiles un soir d’hier pour entrevoir la lumière. Sauf qu’elle clignotais, verte, comme une sortie de secours sous-alimentée.  Et bon, ça donnait pas envie.

J’ai rêvé de palais, de sable chaud, de peau brûlée. De déambuler le long de la highway dans une Chevrolet millésimée. T’as fait quoi pour moi, enfoiré ? De mes rêves d’enfant, d’égalité ?

Des Playmobils qu’ont la belle vie à crédit, la cause du peuple… comme des airs de vieux refrain maoïste. Elle a bon dos la cause du peuple. Mise à toutes les sauces par des cuisiniers fauchés au niveau des idées.

Tout va bien : le punk est dans les musées, le hip-hop dans les galeries, les skinheads dans L’Express et la techno sur Pornhub. Tu regardes ta face dans la glace façon Travis Bickle en te demandant jusqu’à quelle profondeur vas-tu pouvoir endurer la réalité…

T’avais fait confiance à l’amour de ta vie mais tu sais plus quoi penser. Oublier ou t’acharner ? Te couper les veines ou lutter ? Pour un CDD, un contrat précaire avec un beau compte de Noël comme seul horizon.
La passion n’offre plus aucune plus-value. Quantifiée, détériorée, elle te suce les veines pour nourrir un gros plein d’soupe que tu ne connaîtras jamais. Crève donc. Ou mets des taquets aux murs de la résignation. Des pains aux affreux qui prétendent gouverner nos (en)vies. Un cunnilingus à la lueur éclairant des jours meilleurs. Se faire du bien c’est leur faire du mal. Nuire aux nuisibles en jouissant dans leurs rideaux. Et tutti-quanti.

Tu ne piges rien à ce que je dis ? C’est parce que j’écris en écoutant Cock Sparrer, ça fait toujours son effet. Mais franchement, entre nous : le soir de Noël, tu ne repenses pas à tes rêves enchantés ? À quand que t’étais môme, dans ce mélange de haine et d’envie pour tout ce qui t’échappais ?
Ma haine est amour, je veux tout détruire, tout construire ! Tu me suis ? Ou me précède, c’est aussi bien, on se retrouvera autour d’un verre de blanc sur ce petit banc, dans le parc enneigé des amants. Malchanceux.

La révolution de l’an nouveau, je veux la commencer contre ta peau.


I fink u freeky and I like you a lot Publié le 17 décembre 2013, par CheriBibi

Quand j’étais petit, mon papa il m’emmenait des fois à l’école le matin vu qu’il travaillait pas loin. Mais avant qu’il m’emmène à l’école, on allait au bistro pour tremper des tartines beurrées dans le chocolat chaud en lisant des journaux. Même que je mettais du chocolat partout parce que je lisais en mangeant. Alors mon papa il levait le nez de son journal et il me grondait, menaçant de me retirer mon précieux illustré si je continuais à m’éparpiller.
J’aimais beaucoup les journaux, surtout Pif Gadget, Spirou, Conan, Strange, Spidey… et aussi Pilote, Métal Hurlant et L’Écho des Savanes. Mais ça je les lisais en cachette à la maison vu que je connaissais la planque. Mon papa, lui, au bistro il lisait L’Humanité, et des fois aussi Libération et Le Parisien. Il est probable d’ailleurs que c’est en cherchant dans L’Huma le strip quotidien de Pif le chien que j’ai entendu parler pour la première fois de l’Apartheid.
L’Apartheid c’était tout en bas de l’Afrique, plus bas que les pays où y’avait la famine des petits enfants qui faisaient chanter Mickael Jackson pour envoyer des avions jeter des sacs de riz dans le désert où le Petit Prince est mort sans revoir sa connasse de rose socialiste (n’est pas Bernard Kouchner qui veut).
Dans l’Apartheid, c’était un peu comme chez les nazis d’Hitler. Il n’y avait que la couleur des juifs qui changeait.

Moi, j’aimais pas les nazis et les épinards. Et on ne m’en fera d’ailleurs pas plus avaler aujourd’hui qu’hier.

Comme il se trouve que dans notre bonne ville d’Ivry, mon papa et moi on était loin d’être les seuls à lire Pif Gadget et L’Huma, il y avait souvent des évènements organisés contre l’Apartheid. Surtout par la JC.
La JC, c’était les jeunes communistes qui avaient adhérés à la JC contrairement à moi, bien qu’au collège j’étais amoureux d’une adhérente qui m’avait ramené à un congrès où j’avais fait des sandwichs. Mais quand Georges Marchais a voulu me faire chanter La Marseillaise, j’ai déchanté. Je voulais bien adhérer à l’adhérante et faire des sandwichs pour la cause du peuple, mais pas chanter La Marseillaise. Après, je suis allé en vacances en URSS, j’y ai vu le Kremlin-même-pas-Bicêtre et Lénine tout aplati comme un tube de dentifrice dans son cercueil en verre qui m’a expliqué que « c’est la pratique de la théorie révolutionnaire qui dénonce la représentation du prolétariat, c’est-à-dire la bureaucratie, comme classe dominante de substitution pour l’économie marchande », donc j’ai volé un 33T des Cramps en rentrant en France et on s’égare…
Quoiqu’il faut bien avouer que les Cramps c’est vachement mieux que Johnny Clegg.

Pour en revenir à nos moutons noirs tondus par les mangeurs d’épinards nazis, j’ai donc très jeune appris pourquoi il ne fallait pas acheter de l’essence à Shell avec mon argent de poche et qui étaient Nelson Mandela, Steve Biko, Chris Hani, Solomon Mahlangu et l’ANC.
Bref, déjà tout petit je détestais l’Apartheid, et je le déteste toujours même si maintenant il s’appelle autrement dans d’autres pays que je ne nommerais pas histoire d’arrêter de digresser, mais où ils aiment davantage les murs que les palestiniens.
Aussi ça m’a fait comme un vide quand j’ai appris la mort de Nelson Mandela. Evidemment, on s’y attendais un peu plus que la mort brutale et choquante de Dulcie September en 1988, ou celle de Coluche deux ans plus tôt. Sauf que Dulcie September on est sûr qu’elle a été assassinée. Ses meurtriers mandatés courent toujours d’ailleurs. Ou plutôt ne courent pas vu que personne ne s’est vraiment acharné à les poursuivre.

Nelson Mandela, c’était un peu mon Fidel Castro à moi. Je veux dire… on ne pense pas une seconde qu’un jour il va mourir. On croit dur comme fer qu’il sera toujours là, fier symbole des combats de notre prime jeunesse (Mandela, pas Castro). Ah, comme on était heureux mon papa et moi quand il a été libéré ! On est monté dans la Lada Niva et on a roulé dans Paris en fête : tout le monde klaxonnait en brandissant des drapeaux de l’ANC ! C’était vachement plus beau que le 3-0 de 1998 ! C’était comme si, pour une fois, on avait tous gagné. Ensemble. Contre les nazis et les épinards.

Mais voilà, aujourd’hui je ne suis plus si petit, je ne vais plus le matin au bistro (ou c’est que je n’en suis pas sorti depuis la veille), ni à l’école ou en URSS d’ailleurs… et force est de constater qu’il reste encore des nazis et des épinards en vie. Force est de constater qu’en Afrique du Sud, le pays où y’avais l’Apartheid, les anciens bourreaux se sont excusé du bout des lèvres tout en gardant le bout des doigts dans la poche de la populace. Force est de constater qu’aucune des nationalisations des terres, usines et mines promises par la Charte de la Liberté* adoptée en 1955 par l’ANC et le Parti Communiste Sud-Africain n’ont été réalisées par le premier président noir du pays. Que les quelques 650 actionnaires de la Banque Centrale d’Afrique du Sud sont à 99 % issus de la bourgeoisie blanche. Que le 16 août 2012, dans les mines de platine de Marikana, 34 mineurs en grève ont été assassinés par la police sans qu’un seul fonctionnaire de la gâchette ne soit réellement inquiété. Que bien évidemment, les victimes étaient toutes noires de peau sous la poussière de l’exploitation minière.
Force est de constater que le capitalisme sud-africain a très bien compris que se débarrasser de son image raciste faciliterai sa pérennité. Qu’il sait jouer aux échecs et sacrifier son fou de guerre pour bouffer ton cheval de bataille afin de préserver sa tour d’ivoire. Les nazis et les épinards savent se déguiser en inoffensifs brocolis. Salopards.

Alors quoi ? Encore un long texte pour dire combien l’espoir est vain face aux lâchetés et aux trahisons ? Combien s’en est fini des naïfs petits-déjeuners à s’émerveiller devant les exploits humanistes de Pif et Conan faisant plier les trônes de fer sous leur sandale de cuir prolétaire ?

Non. Jamais. Il faut sauver les petits-déjeuners des enfants du monde entier.

Le matin, j’ouvre ma fenêtre et regarde au loin, au-delà de Vitry-sur-Seine, Villeneuve-St-Georges et Orly… jusqu’en Afrique du Sud (mon opthalmo est une pro). Et ce que je vais vous dire à présent vous paraitra sans doute plus fantasque que tout ce qui est écrit ci-dessus et dans L’Huma que lit toujours mon papa à cette heure-là, mais il y a des signes qui ne trompent pas.
Depuis mes 9 ans, je fais des petits journaux qui causent grosso-modo de culture populaire. Grosso-modo donc, j’observe la marche du monde par le prisme de ce qu’elle produit dans ce domaine (de classe). Et malgré tout mon attrait pour les productions-culturelles-super-obscures-que-personne-il-connaît-à-part-toi-et-moi-au-fond-de-la-cour-de-récré, il y a en ce moment même en Afrique du Sud un groupe d’artistes barrés, à présent super connus (mais qui ont un sacré passif dans l’underground local), représentant de manière assez inattendue la « nation arc-en-ciel » chère à ce cher Nelson tout en jouant superbement avec les clichés. Ce succès –international-, non seulement ils l’ont gagné à force de créativité, mais ils ne bradent pas cette dernière au plus offrant, gardant le complet contrôle de leurs délires en s’autoproduisant. Vous les connaissez (vu qu’ils ont du succès), ils s’appellent DIE ANTWOORD.
Et moi, c’est le genre de truc qui, outre de réconcilier quelque part les Cramps avec Johnny Clegg, me donne la pêche au petit-déjeuner.

Voilà. Peut-être au fond suis-je un gars tout ce qu’il y a de plus normal**, qui déteste ce que tout le monde prétend détester (l’Apartheid, les nazis et les épinards) et qui aime ce que tout le monde prétend aimer (Nelson Mandela, le sexe oral et Die Antwoord), mais après tout, c’est avec ce genre de points communs que tout le monde se sent lié à l’Humanité (en kiosques), non ?

 


 

*Passage de cette Charte de la Liberté non-retenu par la nouvelle Constitution sud-africaine votée en 1994 : « La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l’héritage des Sud-Africains, sera rendu au peuple : Les richesses minérales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent être transférées à la propriété du peuple dans son ensemble et en entier. Toutes les autres industries et commerces doivent être contrôlés par le gouvernement afin d’aider au bien-être du peuple.»

**Comme on s’refait pas, pis qu’y faut bien avouer que j’aime la compagnie (moins communément appréciée du grand public) de pas mal de freaks décalqués du bulbe -travelos cinéphiles, skinheads situationnistes, féministes qui jouent les poufs bombastic (really fantastic !) et autres frimeurs assumant leur autodérision subversive-, je vous en remet une couche. Oh, ces clips ont déjà maintes fois fait le tour de la planète et Die Antwoord n’ont pas besoin de mézigue pour leur promo, mais ça fait mon bonheur de relayer ici leur folie aérée faisant le lien -comme disait le camarade Wu Ming 1 dans l’dernier Chéribibi– entre «culture académique et culture populaire donc politique»… in u face !


http://www.youtube.com/watch?v=HeY_tTT3KEE

On n’en a pas fini avec toi ma gueule ! Publié le 1 décembre 2013, par CheriBibi

« Se référer en permanence et exclusivement à ce qu’on a été capable d’accomplir par le passé sonne comme un aveu : on n’est pas prêt à le refaire » Felipe Orero aka Pepe Martinez

Wesh gros(se), on en a fait des trucs ensemble (ou pas). On était jeunes, beaux, passionnés. On mordait la vie à pleine dent… Et maintenant ? Tu regardes le monde partir en couilles à la télévision entre deux spots de pub pour la bagnole et le parfum sensés changer ton existence ; un cache-misère bien-comme-il-faut te caresse le genoux histoire de s’assurer que rien ne viendra perturber le train-train quotidien, que les relents d’un passé d’aventure n’iront point s’immiscer entre tes reins jusqu’au cœur et au cortex anesthésiés. Comme tout un chacun(e), t’as laissé pisser aux pertes et profits les souvenirs d’une jeunesse foutraque à remuer le monde. Même plus besoin de sévices militaires obligatoires pour rentrer dans le rang, fini le temps où t’avais la rage dans le sang. C’est beau, c’est propre. Félicitations. Tu vas peut-être même acheter une maison.

Et moi, je me marre.

Désolé, c’est pas que c’est drôle, c’est juste un rire nerveux. Après tout, c’est sûrement de ma faute, j’ai dû louper le coche. Adolescent pour l’éternité, qui a oublié d’oublier les frasques d’un passé turbulent. Encore à fond dedans. Prêt à refaire indéfiniment les conneries foldingues de ses vingt ans. En pire… ou en mieux.

Il y a onze ans, nous (les comités de chômistes et précaires en colère) organisions la « première » manif contre le chômage. Non pas pour l’emploi, mais contre l’usage du chômage pour compresser nos vies.
Il y a onze ans, cette première manif s’est terminé au Bon Marché, dans un face à face à coup de denrées plus ou moins alimentaires avec la flicaille. De bons souvenirs, même si les 9 manif suivantes furent moins agités. Faut dire qu’à présent, on est tricard des beaux quartiers, des beaux étals à se réapproprier pour se réapprovisionner. Reste le principal : la fraternité.
Ce samedi 7 décembre, c’est donc la 11e manif contre le chômage et la précarité. Pour la justice sociale, la seule, la vraie. Et vous y êtes conviés.
On vous incite même à y aller en masse, marre de n’être qu’une poignée à défendre pour tous l’essentiel : des vies vécues pleinement, autrement qu’a minima ; une solidarité obligée des derniers de la classe (sociale) ; un hiver au chaud quitte à se cailler un aprèm’ dans la rue entre Stalingrad et Place Clichy. Ouaip, on se serrera les coudes et le reste pour se réchauffer cœur et cortex. Et même si tu ne viens toujours pas, on le refera autant qu’il faudra. Si ce n’est cette fois, un jour tu comprendras.

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La veille, soit le vendredi 6 décembre, vient donc danser gratos avec nous pour accumuler les bonnes vibes qui font du bien au Chinois, Métro Croix de Chavaux à Montreuil. Vrai, les Sarah Connors (qui fêtent la sortie de leur formidable deuxième super album) et le Chéribibeat Sound-System pousseront le chauffage à fond seen ?

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Pis le lendemain de cette manif forcément historique, vient faire un tour en Gelbique : le Chéribibeat Sound (encore lui !) fera des siennes à Liège ce dimanche 8 décembre alongside DJ Bon Goût à la Peggy Lee Cooper’s Birthday Bash, un cabaret burlesque et plus si affinités avec le duo féministo-charcutier mirifique et sublime Boudin & Chansons, mais aussi Valentine Deluxe, Benny Fresco, Les Sœurs Mounir, Peggy Lee Cooper & El Fenouille évidemment !  C’est dans une place assurément vachement sympa qui s’appelle La Zone, 42 quai de l’Ourthe à 20h et c’est 7 pauvres euros pour voir des belles filles (comme Fleur et Sara), des beaux gars (comme moi) et écouter du bon son en guinchant jusqu’au firmament !

T’as pigé comment qu’on vit not’ folle jeunesse éternelle avec fromage ET dessert? Sound-systems, manif et concerts, histoire de ne rien lâcher en beauté…
Avec vous, pour flotter, me Liège !

La bibise ma caille.

Ils bravent la loi

TOUT, TOUT DE SUITE ! Publié le 11 novembre 2013, par CheriBibi

C’est clair non ? Pourtant l’on est encore et toujours à se creuser le planninge pour caser dans l’agenda nos passions entre deux obligations. Le cœur a ses raisons que le calendrier ignore.
Foin de tergiversations, commencez par pointer vos jolis émois ce vendredi 15 novembre à Ivry sur Seine : à 18h, au Hangar, ton ChériBibi projette le film fondateur du ciné jamaïcain, The Harder They Come de Perry Henzell (1972) avec Jimmy Cliff dans le rôle inoubliable du bandit-malgré-lui Ivan. Les lecteurs du ChériBibi n°1 en savent déjà beaucoup à propos de ce film-phare sorti en France sous le titre explicite de… Tout, tout de suite !
La projection sera suivie d’une petite discussion autour du film, en présence du Gladiators Clinton Fearon qui enchaînera par un set acoustique sur le fil de son album Heart & Soul. Charge au Chéribibeat Sound-System de clore la soirée avec un bon mix de reggae en vinyl only !
Allez, on vous laisse avec le sieur Clinton dans les rues de Kingston et on vous dit à vendredi !

Paris gentrifié, Paris outragé… Publié le 5 novembre 2013, par CheriBibi


L’aut’ soir, descendant la rue de Belleville après avoir vidé quelques ballons rue de la Villette, des cellules mémorielles enfouies se mirent à s’accorder au tracé de mes Doc Martens…

Belleville.

Putain, Belleville merde !

De la moitié des 90’s à celle des années 2000, on était toute une bande à s’y retrouver les fins de semaine –souvent même au milieu- assoiffés de chaleur humaine (et de bière aussi quand même).
Les gus d’autre part nous appelaient « les skins de Belleville » même si y’avait pas mal de rockers avec nous. On squattait Le Zorba en haut de la rue du Faubourg du Temple : un bistrot PMU tenu par des frangins rebeux qui passaient la zik qu’on leur refilait, c’est-à-dire principalement du reggae.
Daddy U-Roy y entonnait « Wake the town and tell the people ! » sous les néons rouges crades reflétés par la glace murale et, selon le dicton façon Orange Mécanique, « Quand le bar est profond, les skins sont dans le fond ». Le sacré choeur des aminches dans la place, tous rires et sourires :
–Red Star Hooligans !» gueulait le TinMar, l’œil bleu attifé d’un cocard tout frais, la tignasse blonde comme les blés après la tonte, brandissant bien haut des deux bras son verre, sa clope et l’écharpe officielle de l’équipe du 9.3, ce qui dans son état relevait de l’exploit. Quant au JB, cul estampillé 501 posé sur son perchoir à l’extrémité du zinc -prés de la tireuse à bière, de la caisse et du poste à K7-, les Docs sur la rambarde de l’escalier-des-chiottes, cou en avant, tête rasée de rapace à rouflaquettes dont l’expressivité se voulait dédaigneuse, il lâchait une vanne en guise de bonjour.

En cette époque pourtant pas si lointaine, point de bars « rock » ou ceci ou cela, juste des rades de quartier dont l’ambiance était créée par les habitués. Rien de prémâché comme aujourd’hui, ère du « prêt à consommer » rapporté des Etats-Unis. Les lieux étaient à ceux qui les dévergondaient.
On arrivait vers 18-19h, on se cassait à deux heures du mat’ avec des cannettes à emporter jusqu’au terre-plein d’à côté, pis on revenait à l’ouverture, vers 6h. Et rebelote ! On appelait ça « Les 24h du Zorba ».
En ces temps sans « laisse électronique »… euh, téléphone portable, t’appelait au rade pour causer aux camarades. On ne s’en extirpait que pour emballer discret (espère !) ou, plus souvent, tirer sur le bedo. Voire visiter d’autres troquets du secteur histoire de se casser sans payer.

Et puis les « branchés » sont arrivés.

Ils ont remonté la rue du Faubourg du Temple, sournoisement, jusqu’à occuper les 2/3 du café.
Bien sûr, ils prenaient garde à pas s’installer dans le fond oùske y’avait déjà nos arpions, mais ça l’a vite pas fait. Du tout.
On commençait à peine à les appeler « bobos », pas encore « hipsters », mais ils avaient cette particularité de classe qui est de croire que le monde leur appartient de fait. Pour employer un mot savant, ils n’avaient –et n’ont pas plus qu’hier- aucune connaissance psychogéographique de leur environnement. En clair, ils se permettaient des familiarités d’où suintait un mépris profond.
Alors évidemment, quelques baffes ont volées. De plus en plus souvent. Et non-moins évidemment, quand y’a un accrochage entre skins et bouffons, c’est souvent ces derniers qui paient l’addition (surtout quand c’est les copines qui donnent la leçon -on les appelaient pas pour rien « Les triplex de Belleville »!). Sauf qu’au bout d’un moment, le patron (qui pourtant avait lui-même une sacré droite) a fait le constat suivant : les tondus –fussent-ils détendus- ça boit de la bière. En grosse quantité certes, mais de la bière uniquement. Alors que les p’tits zartiss, ça boit du calva, des coquetaïles, bref, des boissons chères. Donc ce faux-frère nous a mis tricards et on s’est déporté de l’autre côté du carrefour, c’est-à-dire en bas de la rue de Belleville, Aux Folies.
Là, on a eu la paix encore quelques années, puis les bourgeois commençant à s’aventurer un peu plus au Nord, la terrasse a enflé en enflés vachement branchés et ça a fini par nous saouler. On s’est donc progressivement carapaté du quartier, allant voir ailleurs si l’herbe était toujours aussi verte que dans la serre à Lychar. Chassés l’air de rien de not’ coin de pavé par le bruit des beaux souliers (pointus). Mis au ban en banlieue quoi, as usual. Plus de place dans la capitale.

Tout ça pour dire que l’aut’ soir, quand je suis passé devant les Folies, qu’un des serveurs m’a demandé ce que je devenait, me proposant même de m’dégôter un p’tit coin où m’installer, j’ai décliné son offre poliment, ne voulant pas lui expliquer posément combien j’avais envie de passer sa terrasse à la sulfateuse…
Voilà, Belleville c’est tricard. Y’a guère que Le Relais qu’a échappé un brin à l’affluence bobophile. Mais tu remontes à Pyrénées/Jourdain, c’est la misère (en milieu étudiant).
Je sais pas si suis-je très clair, à vrai dire en ce moment je devrais être en train de gratter pour un boulot pas spécialement bandant qui met un peu de maïs dans le beurre (j’aime pas les épinards)… Le fait est qu’on pourrait causer d’autres quartiers : Ménilmuche, Oberkampf, la Bastoche, eurkh…

Pourtant, on y faisait pas que consommer à Belleville, on y apportait aussi not’ richesse culturelle, oui madame ! En 10 piges, de not’ bande est sortie une flopée de bands à l’éclectisme musical détonnant : 8°6 Crew, The Wangs, Voices Of Belleville, Soul Invaders, The Moonshiners, sans causer des potos Belleville Cats et Jim Murple Memorial, pis j’en oublie. Tiens, d’ailleurs, puisqu’on cause zizik, v’là quelques paroles très datées que j’avions scribouillé et beuglé du temps où l’Jeansh’, le Sam et Le Belge m’avaient embrigadé dans un éphémère (trois piges et une dizaine de concerts entre bars et squats à tout casser… au sens propre) groupe de rockers fuckers. Y’a pas l’son -encore heureux- mais ça remet dans l’ambiance.

Où y’a des rockers et des skins
À Belleville !

Où y’a des juifs et des muslims
À Belleville !

Où y’a l’Afrique, où y’a l’Asie
À Belleville !

Où y’a des gars et plein de filles
À Belleville !

Où c’est là qu’on est tranquille
À Belleville !

C’est le rock de Belleville
Pour les gars et les filles
Les rockers et les skins
Les juifs et les muslims
Les adeptes du Tao
Tous les vrais parigots
De Pekin à Bamako
À Belleville !

Où on boit des coups le vendredi
À Belleville !

Où on boit des coups le samedi
À Belleville !

Où on s’torche la gueule le week end
À Belleville !

Où on s’torche la gueule la semaine
À Belleville !

Où on oublie sa chienne de vie
À Belleville !

(refrain)

Où y’a d’la pizza et du couscous
À Belleville !

Où y’a des nems et de l’houmous
À Belleville !

Où les bières sont pas chères
À Belleville !

Où tu t’ramasses par terre
À Belleville !

Où tu baises le flipper
À Belleville !

(refrain)

Où les bobos s’tiennent à carreau
À Belleville !

Où y’a pas d’place pour les charlots
À Belleville !

Où y’a des vrais de vrais parigots
À Belleville !

Où y’a vraiment tous nos poteaux
À Belleville !

Où c’est k’tu sors du métro ?
À Belleville !

Voilà, c’est pas du Aristide Bruant, t’en conviendras. Mais puisque j’en suis à fouiller mes archives, j’en balance une dernière, en l’occurrence une histoire vraie à chanter sur l’air du Smash The Disco’s des Business (tournée générale !)… Tu pigeras p’t’être pourquoi not’ ‘tit groupe prometteur a jeté l’éponge le triste soir oùske j’suis descendu de scène étaler pour le compte un fomb qu’avait balancé une boutanche pleine sur la contrebasse (bagarre générale !)… Oui, paçk’en plus y’avait une contrebasse.
Pour te dire qu’on avait du style.
À Belleville.

Ah putain ces bourgeois-bohèmes
C’est vraiment tout un poème
Mais un du genre énervant
Un du style dans les dents

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Smash them all

Crâne rasé, Docs cirées
Y font rien qu’à copier
Z’donnent des airs d’affranchis
Et veulent nous apprendre la vie

Smash the bobos (x4)
Smash them all

Z’achètent des appart’ à Paris
Z’investissent dans nos banlieues aussi
Ils viennent nous narguer
Jusque dans nos troquets

Smash the bobos (x4)
Smash them all

La Butte aux Cailles j’y vais plus
Y’en a plein les rues
Partout à Ménil’
Même jusqu’à Belleville

Smash the bobos (x4)
Smash them all

L’autre soir au comptoir
Y’en a un qu’est v’nu me voir
J’y avais rien demandé
Et pourtant il m’a snobé

Smash the bobos (x4)
Smash them all

Y m’a dit « Toi avec ta gapette
Tes rouflaquettes et ton polo
Tu te prends pour un vrai prolo…

C’est un concept totalement has-been »

Smash the bobos (x4)
Smash them all

Le coup est parti tout seul
Le con a roulé sur le sol
Moi faut pas m’énerver
Quand je bois mon godet

Smash the bobos (x4)
Smash them all

Mais y’avait ses copains
Après j’me souvient plus ben
Maint’nant j’ai pas l’air d’un con
Avec cette cicatrice sur le front

Smash the bobos (x4)
Smash them all

Alors qu’ils soient bohèmes ou pas
Nous on combat les bourgeois
C’est dangereux ces machins
Même si ça a l’air de rien

Smash the bobos (x4)
Smash them all

Smash, smash, smash them all (x3)

RF_0068

Les inoubliables Rockers Fuckers, circa 2004.
Pis vu que, par chance, on n’a jamais rien enregistré, vous met-je l’originale par The Business, qu’elle est d’ailleurs vachement plus… plus.
Oi!

https://www.youtube.com/watch?v=E_UHZgFbULA

Skate or die Publié le 23 octobre 2013, par CheriBibi

La place de la République est refaite à neuf. Bagnoles et motos ne tournent plus autour de la statue. C’est beau, c’est propre, y’a même un café branché à la place du manège en chantier. Le sol est lisse, idéal pour le skate-board. Du moins c’est ce qu’ont l’air de penser la vingtaine de pratiquants d’âge divers qui skatent l’endroit à toute heure dans le fracas des planches rebondissantes.
Mais la nouvelle place est également idéale pour simplement squatter, se rassembler, se rendre visible et donner de la voix. Du moins c’est ce qu’on a tous pensé, nous les exténués, les excédés et les fauchés par une conjoncture qu’il est totalement has-been –paraît-il– d’appeler capitaliste.
Depuis quelques temps, très régulièrement voire quotidiennement cette dernière semaine, les camarades de l’asso Droit Au Logement –femmes, hommes, enfants- appellent à y manifester pour le droit fondamental d’avoir un toit au-dessus de la tête quelque soit la météo nationale. D’autant que des lois votées en ce sens attendent toujours une application, fusse-t-elle paresseuse.
Or même présentée avec une rose à la main, la météo nationale est toujours celle du Capital. Surtout dans une capitale transformée en vitrine pour touristes et bourgeois à fort pouvoir de crachat (sur les pauvres). Bref, aux coups de pression des forces de l’État policé (c’est-à-dire prétendument « de gôche ») durant toute la semaine dernière, ont suivis ce samedi 19 octobre les coups de bottes appliqués avec la rigueur consciencieuse du prestige de l’uniforme.

L’uniforme contre la différence, vieille rengaine fasciste dans l’air du (sale) temps.

Pour les tenants de la preuve par l’image, la vidéo ci-dessous prouve que le changement c’est maintenant… vu que ça faisait un certain temps, malgré le règne récent de l’ignoble Sarko (figure du super-vilain ultime pour bien des intérimaires de la révolte), qu’une petite manif de très pacifiques mal-logés s’en était pas pris autant dans les côtes. La fracture sociale appliquée à la lettre.

http://www.youtube.com/watch?v=bZCMBYawPKE
Ne croyez pas pour autant qu’on joue les surpris. Quiconque a un tant soit peu battu le pavé avec ses frères et sœurs de misère ne s’étonne plus guère de voir les chiens policiers s’abattre sur des femmes enceintes, des enfants et des vieux (désolé Babar et Malika !) ne rendant pas les coups. Non, rien de nouveau. Hélas.
Par contre, savez-vous ce qui m’a vraiment choqué ? Oh, ça pourrait passer pour un « détail » de cette histoire si ce n’avait pas été si tristement révélateur : un soir de cette semaine dernière, une petite délégation de skateurs d’une bonne vingtaine d’années est venu voir les manifestants pour demander « Vous allez encore rester longtemps ? Parce que la place est à tout le monde hein ! »

Pauvres petits chéris, de vilains sans abris les empêchent de faire joujou avec leurs planches à roulettes. Pauvres petits débiles en jeans slim et bonnet de laine, des familles n’ayant nulle part où aller les gênent pour slalomer…

Voilà. Ça c’est réellement désespérant. Et ne croyez pas que ça changerait grand chose de leur causer des prémices énervés de la culture skate underground aux US, de Minor Threat ou des enragés Big Boys (cf l’ChériBibi 2), texans anars et pédés bien loin du cliché aseptisé du « punk à roulettes » façon Sum 41… Quand un « true rebel » post-adolescent est capable d’effectuer des figures de style entre des gamins privés de foyer sans que ça lui pose une autre sorte de probloc que celui de la place dont il dispose pour faire mumuse avec sa planche, sa mèche et sa moustache, on peut être sûr que la société qui a engendré ce crétin est foutrement mal barrée.

Au moins on aura enfin pigé ce que signifie le slogan « skate or die » : pendant que les uns skatent, les autres peuvent crever.

Le dernier numéro de la revue Chéribibi (n°15)

Chéribibeat

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VERMINAX LE GREDIN DE L’OMBRE  Une bande-dessinée de Tôma Sickart
4 CD BEFORE REGGAE 1951 – 1962

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ten.ibibirehc@tcatnoc ou moc.liamg@avyno.ossa

Who's who des causeries parues dans Chéribibi

CB AS = ChériBibi ancienne série (1991-2006) -Plus disponibles-

CB = ChériBibi nouvelle série (depuis 2007) -La plupart encore dispo-

A
8°6 Crew > CB AS 9
Abdel Hafed Benotman > CB 9
Alan Hofmanis > CB 11
Alex de la Iglesia > CB 14
Alpheus > CB 15
Alton Ellis > CB AS 13 & CB 4
Angelic Upstarts > CB AS 15
Angelo Dundee > CB 6
Anne Bitran > CB AS 13
Archie Shepp > CB 10
Asian Dub Foundation > CB 14
Attila The Stockbroker > CB AS 15
Aya Cissoko > CB 11

B
Bad Manners > CB 15
Banda Bassotti > CB AS 13
Batmobile > CB AS 15
Beat-Man > CB 10
Bérurier Noir > CB AS 14 & 15
Black Flag > CB 15
Boots Riley (The Coup) > CB 10

C
Carl Dawkins > CB 10
Carlos Azagra > CB 14
Caroline Munro > CB 10
Cedric Brooks > CB AS 13
Cherine Anderson > CB 1
Christian Corouge > CB 13
Christina Lindberg > CB 13
Civil Agression > CB AS 7½
Cockney Rejects > CB 1
Costa-Gavras > CB 11
Crabs > CB 10

D
Dave Barker > CB 2
Dawn Penn > CB 9
Decibelios > CB 14
Dennis Alcapone > CB AS 13 & CB 2
Dennis Bovell > CB AS 10 & CB 15
Derrick Morgan > CB AS 13 & CB 6
Don Letts > CB 1

E
Eddie « Tan Tan » Thornton > CB 3
Emory Douglas > CB 12

F
Fermin Muguruza > CB 14
Fronza Woods > CB 14

G
George Dekker > CB 2 & CB 15
GJ Arnaud > CB 10
Glen Adams > CB AS 15
Glen Matlock > CB 13

H
Hélène Lee > CB AS 13 & 14
Henriette Valium > CB AS 13 & CB 13
Herschell Gordon Lewis > CB AS 14

I
IGG Nabwana > CB 11
Inner Terrestrials > CB 4
Invincible & Wajeed > CB 11
Iron Cross > CB 12

J
Jann-Marc Rouillan > CB 9
Jean-Bernard Pouy > CB AS 13
Jean-Marie Arnon > CB 5
Jean-Pierre Dionnet > CB 11 & CB 12
Jean-Pierre Lecompte > CB 10
Jello Biafra > CB 9
Jim Murple Memorial > CB AS 14
John King > CB 10
Johnny « Dizzy » Moore > CB 14
José Jourdain > CB AS 8, 9, 10, 11 & 12
Junior Murvin > CB AS 15
Justin Hinds > CB 14

K
Ken Boothe > CB AS 13
Ken Loach > CB 13
Ketty Steward > CB 15
Klasse Kriminale > CB AS 13

L
La Compagnie Jolie Môme > CB 3
Laurel Aitken > CB AS 14
Lina Wertmüller > CB 007
Linton Kwesi Johnson > CB AS 10
Lizzie Borden > CB 15
Lone Ranger > CB AS 13
Louise Mey > CB 14

M
Marc Caro > CB 8
Marc Perrone > CB AS 13
Marcia Griffiths > CB AS 13
Marina P > CB 15
Martha Reeves > CB 11
Martine Beswick > CB 10
Maryam Ashrafi > CB 13
Max Romeo > CB AS 14
Melvin Van Peebles > CB 4 & CB 5
Mikey Dread > CB 1
Ministère des Affaires Populaires > CB 1
Miriam Linna > CB 12 & CB 13
Monia Moula > CB 13
Mylène Sauloy > CB 13

N
Nabat > CB 8
Norma Fraser > CB 12
Norman Spinrad > CB 6

O
Oscar Castro > CB 10

P
Pascal Tourain > CB 1
Prince Buster > CB AS 15
Puppetmastaz > CB 13

R
Rageous Gratoons > CB AS 8
Ray Gange > CB 13
Reagan Youth > CB 8
Rhoda Dakar > CB 10
Rico Rodriguez > CB 3
Roger Corman > CB 11
Roland Oldham > CB 11
Roy Ellis > CB 8

S
Sarah Savoy & Les Francadiens > CB 3
Serge Gainsbourg > CB 9
Seth Tobocman > CB 1
Skatcats > CB AS 9
Skully Simms > CB 14
Sonia Pottinger > CB 5
Stewart Home > CB 007
Stiff Little Fingers > CB 10
Stranger Cole > CB 14
Susan Cadogan > CB AS 15

T
The Adicts > CB 3
The Cimarons > CB 15
The Congos > CB 007
The Last Poets > CB 4
The Long Tall Texans > CB 14
The Members > CB 007
The Oppressed > CB AS 7½ & 15
The Outcasts > CB 15
The Pioneers > CB 15
The Selecter > CB 11
The Skatalites > CB AS 13
The Specials > CB AS 12
The Slits > CB 2
The Toy Dolls > CB 11
The Trojans > CB AS 13
The Twinkle Brothers > CB 13
Tien An Men 89 Records > CB 3
Toots & The Maytals > CB AS 14

U
UK Subs > CB AS 14

V
Vin Gordon > CB 12

W
Wanda Jackson > CB 5
Wayne Kramer (MC5) > CB 11
Winston Francis > CB 007
Wu Ming > CB 8