Actus Chéribibesques

VERMINAX !!! Publié le 21 mai 2021, par CheriBibi

LA VERMINE SORT DE L’OMBRE… Publié le 6 mai 2021, par CheriBibi

Hey les gredins et les gredines, ça y est ! Après 13 ans de publications dans l’ChériBibi, voici enfin réunis tous les épisodes des aventures de Verminax, plus un chapitre inédit de 24 pages, plus des tas d’illustrations somptueuses… Ce qui nous fait une belle BD de 92 pages couleurs pour le plaisir de vos mirettes !!!
À Vermin City, le célèbre détective gentleman Nick Partner et son fidèle assistant Tom Piss luttent contre l’insaisissable criminel Verminax…

Avec Verminax le gredin de l’ombre, le dessinateur et tatoueur montreuillois Tôma Sickart rend un hommage caustique au roman-feuilleton de l’aube du XXe siècle (Fantômas, Zigomar, Nick Carter…). Pastiche tout en finesse, cette bande dessinée apocryphe aux rebondissements trépidants brocarde les élans moralistes, patriotes et racistes d’une époque pas si différente de la nôtre. Le présent recueil contient les deux premières parties prépubliées de 2007 à 2020 dans ChériBibi, ainsi qu’une troisième, inédite. Des couvertures de fascicules signées des dessinateurs qui ont fait l’Histoire du ChériBibi – Fano Loco, Riri, Gomé, Syl et Krokaga – complètent cette plongée humoristique dans les bas-fonds finiséculaires.

Sortie (inter)nationale en libraire le 25 juin !
Et pour précommander ou pour soutenir notre projet démoniaque, c’est par ici !

 

Mais que, mais qui, mais quand ??? Publié le 25 avril 2021, par CheriBibi

Tu la sens ma haine de classe ? Publié le 10 mars 2021, par CheriBibi

Retour de bâton merdeux Publié le 9 janvier 2021, par CheriBibi

« Chez les exploiteurs, et chez beaucoup de leurs victimes qui ont définitivement renoncé à leur propre vie en donnant à l’ordre régnant un acquiescement névrotique, le déclin et la chute de cet ordre sont ressentis dans l’angoisse et la fureur. »
Guy Debord

« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. »
Guy Debord encore !

« Ce qui distingue principalement l’ère nouvelle de l’ère ancienne, c’est que le fouet commence à se croire génial. »
Karl Marx

SAMEDI 28 NOVEMBRE 2020, SORTONS COUVERTS ! Publié le 25 novembre 2020, par CheriBibi

« Lorsque la France se targue d’être la patrie des droits de l’Homme, c’est une figure de style. Elle est la patrie de la déclaration des droits de l’Homme, aller plus loin relève de la cécité historique. » – Robert Badinter

Cela fait maintenant quelques années que l’on ne voit plus de familles en manif. On les comprend, le gazage systématique est trop dangereux pour les enfants.
On voit de moins en moins de personnes âgées défiler. On les comprend, les charges systématiques obligent à devoir courir vite.
Bientôt, on ne verra plus de photographes. On peut les comprendre, ils sont de plus en plus pris pour cibles délibérément.
Ensuite, on ne verra plus rien du tout. Ça se comprend, la cornée n’est pas faite pour amortir un tir de LBD.

Cela fait maintenant des mois que le gouvernement confond sciemment mesures sanitaires et infantilisation autoritaire, passant de l’injonction « Restez chez vous ! » à « Au coin, t’es puni ! ». Quand, après que nous nous soyons bouffé les ongles entre dodo et boulot, il nous est octroyé une petite permission de sortie, c’est pour s’apercevoir qu’on s’est fait bouffer les droits en notre absence. Et qu’à l’arsenal antiviral masque + gel hydroalcoolique, il faut ajouter du sérum physiologique, un casque et une trousse de premiers secours.

Alors samedi prochain, avant que la légitime crainte du Covid nous transforme en grenouilles dans la casserole d’eau tiède macroniste (quand tu te décides enfin à mettre le nez dehors, t’es cuit), on s’extirpe, on se déconfine, on sort, on descend dans la rue avant que tout ne soit foutu (et flouté).
Et puisqu’on nous bassine tant avec la République, retrouvons-nous y toutes et tous !

Dans l’cul la balayette Publié le 8 novembre 2020, par CheriBibi

Ouh, Biden a gagné ! Ouh, Trump a perdu ! Champomy !

Sauf qu’il est peut-être nécessaire d’aller au delà de l’opposition médiatique entre “bons” Démocrates et “méchants” Républicains. D’abord parce que comme disait l’écrivain Norman Spinrad dans l’ChériBibi n°6, “Aux USA, un gauchiste c’est Sarkozy !”… Donc mis à part Bernie Sanders, les candidats de gauche telle qu’on la conçoit grosso-merdo de ce côté de l’Atlantique, y’en a pas là-bas.
Et surtout, si Donald Trump a surpris tout le monde en étant élu la première fois, c’est bien parce que la bourgeoisie -étatsunienne mais pas que- n’a aucune idée de ce qu’est “l’Amérique profonde” :
– La majeure partie des Afro-américains est très pauvre, ne vote pas ou très peu (en ce sens, la première candidature d’Obama fut exceptionnelle en terme d’implication de “nouveaux électeurs”).
– La majeure partie des blancs pauvres a été abandonnée par la “New Left” des années 60 au profit de “grandes idées générales” méprisant le quotidien des gens (ce qu’expliquait Boots Riley dans l’ChériBibi n°10).
– Tout est fait pour retirer aux classes populaires -notamment aux Afro-américains- leur droit de vote (ce qu’expliquait, bis repetita, Archie Shepp dans l’ChériBibi n°10). Lire entre autres ici, ici et ici.

Et si je cite autant le ChériBibi, c’est pas pour vous faire acheter les numéros -toujours dispo- qui vous manqueraient, mais parce que mes idées sur la “question étatsunienne” se sont forgées de rencontres avec… des Étatsuniens.
Le système US compartimente les “communautés” : chacune a ses propres canaux d’information (chaînes TV, cinéma, séries, magazines, etc) et sa propre vision du monde, s’ignorant ou du moins ignorant la réalité du voisin de palier (au sens large vu l’ampleur géographique du pays).
Les États-Unis est un pays très jeune, entièrement construit par des vagues successives d’immigrations le plus souvent forcées (dans le désordre : bagnards et proscrits anglais, esclaves africains déportés, sectes chrétiennes persécutées, Irlandais puis Italiens puis Mexicains fuyant la misère, juifs fuyant les pogroms, Russes puis Cubains puis Iraniens fuyant les révolutions de leur pays respectifs, etc etc) avec une extermination très rapide et quasi complète des peuples indigènes. L’indépendance américaine, fierté nationale, ne fut qu’une réaction à l’abolition de l’esclavage par l’Angleterre de Georges V… Abolition qui mettait à mal l’économie de la jeune colonie (lire le roman Manituana de Wu Ming, cf l’Chéri n°8)..
Bref, un bourbier pire que le Viêtnam s’étalant sur 300 ans, tenu à peu près en un seul morcif par une Constitution sacralisée édictée au temps des cowboys. La loi du Talion, vue comme divine, étant majoritairement plébiscitée par l’industrie du spectacle (à la fin le méchant est puni, quasi systématiquement de manière létale). Le Bien contre le Mal à la truelle (alors qu’en fait, comme le disait Spinrad dans l’Chéri cité, “La vraie lutte historique, ce n’est pas la lutte entre le bien et le mal, mais la lutte entre deux concepts du bien différents”).

Sur ce territoire immense, la réalité quotidienne d’un paysan du Texas n’a rien à voir avec celle d’un Afro-américain des faubourgs de L.A qui n’a rien à voir avec celle d’un hipster de Manhattan qui n’a rien à voir avec… etc etc.

Trump n’a fait qu’accentuer la fracture entre tous ces Étatsuniens loin d’être unis. Mais celle-ci existait depuis toujours, et oui, la critique “trumpiste” des deux côtes (Est et Ouest, votant majoritairement Démocrate) qui prétendent représenter le visage des États-Unis, est hélas très juste. Hollywood à l’Ouest, New York à l’Est exportent à l’international leurs visions très partiales et partielles du pays.
C’est bien pour ça que des groupes punk texans tels The Dicks ou Big Boys par exemple (cf l’Chéri n°2) sont hyper intéressants : ils causent d’une des parties “lumpenisées” du pays. Pareil pour un type comme Eminem sur le lumpen urbain de Détroit (cf l’Chéri 11). On peut lui préférer maintes autres rappeurs, mais il a exprimé une réalité comme bien peu l’ont fait, même si cette expression n’est pas toujours à notre convenance. Et si s’intéresser à la country n’est pas “branché”, celle-ci révèle pourtant autant des États-Unis que le blues du Mississipi.

L’Européen “moyen” (si tant est qu’un tel concept existe) en visite aux USA est en général très vite abasourdi du faible niveau de culture générale de l’Étatsunien “moyen”. En clair, il est très facile de se moquer d’une nation d’incultes qu’on mettrait à l’amende au Trivial Pursuit. Des films comme Délivrance ou Easy Rider -parmi tant d’autres- nous donnent à voir des rednecks au QI d’une asperge… Mais qui a fait ces films ? Des intellectuels des grandes villes ? Banco !
Est-ce à dire qu’ils ont entièrement tort dans leur portrait d’une Amérique “white trash” ? Pas forcément. Reste que c’est un peu comme si on résumait tous les Turcs à ceux de Midnight Express
A ce titre, un film comme le premier Rambo est sans doute plus juste (bah oui). Et un chanteur-parolier comme Springsteen plus intéressant à bien des égards qu’un Dylan (bah oui). Même si je n’apprécie ni l’un ni l’autre.

Car qui s’est vraiment intéressé au sort des bouseux des “terres intérieures” ? Personne ou du moins pas grand monde. La classe ouvrière blanche a été abandonnée par les militants progressistes de toute nature. À par des exceptions historiques comme les Black Panthers qui ont forgé des alliances “contre nature” avec les Young Patriots. Mais les Black Panthers furent justement une exception ô combien formidable de lucidité politique (dont nous devrions tous nous inspirer, partout dans le monde).

Désolé, je pourrais en causer des heures car ce pays est fascinant, y compris dans ses aspects les plus horribles. Et il a façonné nos imaginations en exportant sa culture populaire comme sa culture de masse (du jazz des années 20 aux blockbusters actuels). Reste que si, pétris d’un dédain bien-pensant, l’on ne se penche pas sur les frustrations réellement populaires (issues du peuple) qui ont permises à Trump d’accéder au pouvoir, on loupera le coche de toute analyse constructive. Et cela pourra arriver partout.

Chéribibeat

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