Rallumer le feu Publié le 3 septembre 2026, par CheriBibi
« Tout vient à point à qui sait éteindre », dit le proverbe favori des amateurs de barbecue aquitains. Disponible dès le 15 septembre dans toutes les bonnes librairies – une bonne librairie se distingue généralement par le fait d’avoir été perquisitionnée, graffitée ou attaquée par l’extrême droite / la police (pléonasme) –, ton ChériBibi n°15 fête sa sortie dans ta boite à lettres (si t’as un abonnement ou l’a commandé ici même) et ce samedi 5 septembre à 18h chez Fatalitas, rue de l’église à Montreuil ! À noter que suite aux difficultés de notre distributeur Makassar, on a changé de crèmerie et sommes dorénavant distribués par Serendip-Livres (pour ce qui est des librairies, car ailleurs –disquaires, infokiosk, etc.–, on continue de le faire en direct live).
Par ailleurs, preuve que notre internationalisme ne saurait céder à la honteuse disparition du tarif « Livres & brochures » de La Poste, nous serons à Bruxelles le 26 septembre pour programmer et présenter une soirée « uchronies & nazis » au cinéma Nova… L’uchronie, ce genre narratif qui imagine comment l’Histoire aurait bifurqué si tel événement du passé s’était déroulé différemment, a souvent été convoqué pour alerter des dérives du présent. Ta revue de culture populaire préférée propose deux films aux tons différents mais similairement antifascistes où la fiction uchronique résonne de façon flippante avec l’actualité. Une double séance d’intérêt public !
En Angleterre occupée (It Happened Here), de Kevin Brownlow & Andrew Mollo, Grande-Bretagne 1964 (dont il est question dans ce ChériBibi n°15).
Et si les nazis avaient envahit l’Angleterre en 1940 ? Quatre ans après, tandis que les fascistes britanniques jouent les supplétifs zélés des forces d’occupation allemandes, une infirmière irlandaise (jouée par une véritable infirmière irlandaise, Pauline Murray) s’enfonce servilement dans l’horreur par désir de « sécurité » et peur du « désordre »…
Réalisé avec beaucoup de système D par deux adolescents au culot monstre, En Angleterre occupée dépeint avec un réalisme glaçant comment une société s’accommode au quotidien des doctrines nationales-socialistes, entre résignation individualiste et collaboration active… Un cri d’alerte face à la banalisation du fascisme, qui fit scandale à sa sortie en brisant le mythe voulant qu’une telle chose (la collaboration, notamment) « ne pourrait pas arriver ici ».
Iron Sky, de Timo Vuorensola, Finlande / Allemagne / Australie 2012 (dont on avait causé dans l’ChériBibi n°8).
Et si les nazis s’étaient planqués sur la face cachée de la Lune en 1945 pour revenir en 2018 ? Et si une chargée de com’ trouvait génial de les recruter pour la campagne de la présidente des USA, caricature plus vraie que nature de la républicaine Sarah Palin ? Hilarante satire qui tire à boulets rouges sur les fantasmes complotisto-ufologiques (telle la théorie fumeuse des « OVNI du IIIe Reich »), Iron Sky dénonce les similarités entre la propagande nazie et le discours politico-publicitaire des « démocraties » capitalistes modernes. Se payant le luxe d’aligner aussi bien Udo Kier (en fürher lunaire) que le groupe Laibach (qui signe la BO), ce film indépendant renoue avec l’exubérance subversive du cinéma d’exploitation des années 70. Et malgré son budget ridicule, il tient la dragée haute aux blockbusters insipides recyclant et édulcorant à l’infini la SF qui faisait rêver (et réfléchir).
Reste en alerte car d’autres évènements se profilent, mais toi-même tu sais, je suis une bille en promo. Disons qu’accoucher d’un ChériBibi de 148 pages rempli jusqu’à la gueule, je sais faire, mais assurer le service après-ventre c’est pas trop mon truc… Si tu veux donner un coup de main, bienvenue !!!
Puis-je annoncer tout de même et d’ors et déjà que je passerais des disques en 1ère partie du vétéran jamaïcain Willi « Armagideon Time » Williams le 13 novembre à Ivry (à 20h au Hangar) puis je viendrais causer zik jamaïcaine le 21 novembre à Confolens, charmante commune de Nouvelle-Aquitaine épargnée par les barbecues mal-maitrisés.
Bref, avant que l’océan ne devienne si chaud que les poissons se pêchent déjà bouillis (ce qui marquerait la fin de nos sushis), on aura quelques occases de trinquer à la santé de la presse alternative ! Cheers, baby.


























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