Actus Chéribibesques

Mal aux poings Publié le 9 août 2008, par CheriBibi

Il y a un certain temps qui me paraît des siècles, alors que nous devisions de concert au cabaret, Voltaire me glissait de façon faussement candide une maxime dont j’allais faire ma devise : « Qui sait rire de lui-même n’a pas fini de rigoler ».
L’anecdote paraît improbable, et elle l’est. Au moins autant que celles qui vont suivre, beaucoup plus récentes. Et si je prends ma peine pour vous les narrer, c’est dans l’espoir qu’au moins quelqu’un puisse s’en marrer, car là j’ai de plus en plus de mal… à appliquer cette putain de devise.
Et puis le ChériBibi IV (a new hope?) étant encore à l’état gestationnaire, il est de mon devoir de vacances de meubler ce Chéribiblog en l’absence d’annonce fracassante. Enfin, bien que novice dans la « blogosphère », j’ai pu remarquer combien la multiplication de ces monologues du nombril –souvent moins trépidants que les monologues du vagin- tend à remplacer une psychanalyse dans un monde de plus en plus réellement virtuel. Donc on va pas s’gêner hein, on va faire comme les autres, c’est toujours mieux que d’perdre son temps à s’créer un Myspace.

J’ai d’autant moins de scrupules à vous imposer ma prose égocentriste de gauche qu’en cette période estivale, les seuls à la lire doivent se faire chier au moins autant que bibi. Car quand on profite de ses vacances, on a autre chose à foutre que zoner sur le net. Et puis, qui sait, certains y verront peut-être in fine une réflexion hautement philosophique voire spirituelle sur la triste époque dans laquelle nous errons telles les ombres d’une caverne platonicienne.
Avec même vachement de bol, un sourire se dessinera sur les lèvres fines d’une belle libertaire libertine… quoique celle à laquelle je songe passe en ce moment même ses journées à s’fader une ribambelle de trisomiques sûrement plus matures que mézigue, et tout aussi sûrement moins casse-bonbecs (discipline dans laquelle, il est vrai, je bats des records paralympiques).
Bref, tout ce préambule pour en arriver à vous causer de la loi de Murphy, et puis des vacances un peu aussi.
Pour les ceusses qui connaissent pas la « Murphy’s law », ou qui croient que ce n’est que le blaze d’un excellent groupe de hardcore ricain, sachez qu’on appelle également ça la « L.E.M » : loi d’emmerdement maximal. Quand rien ne va, rien ne va plus. En argmuche, on dit la poisse, la guigne, la déveine,… La littérature populaire en a d’ailleurs tiré de sacrés ressorts scénaristiques, voir le Chéri-Bibi de Gaston Leroux et son tragique « Fatalitas ! ».

Eh bien figurez-vous que quand j’essaie de prendre des vacances, changer d’air vicié et d’idées noires, y’a je ne sais quel putain de scénariste vicelard qui trouve fendard de m’en remettre une couche au coin d’la gueule.
Ainsi, milieu juin, voulant faire une pause méritée entre l’arrêt d’mon dernier CDD (qui, contrairement à un CD, n’a jamais de morcif en rab caché) et la recherche du prochain, je prenais le train pour passer quelques jours vers Pézenas, terre de ce cher Boby Lapointe. En fait, de Pézenas, j’aurais surtout visité l’hôpital d’où j’ai ramené une fièvre de cheval à défaut de saucisson (comprend qui peut).
Puis, début juillet, j’embarque avec le plein d’aminches pour un festival reggae dans le Sud germanique. Passons sur le 1er soir où j’ai fini écroulé sur une tente (et non pas sous) grâce à mon adresse légendaire n’ayant rien à envier à celle de l’inspecteur Clouseau alias Peter Sellers, et avec du sang plein les mains qui plus est. Au moins c’était pas le mien.
La seconde soirée était déjà plus michto, j’ai presque bu que de l’eau et les prestations de messires Dave Barker & Ken Boothe étaient excellentes, même si le Everything I own de ce dernier m’a retourné le cerveau (marre des chansons d’amour perdu, depuis j’écoute que d’la oi !). Le week-end était donc assez réussi, à l’image de ce sound-system reggae/soul dans un club de bikers teutons qui n’a pas dégénéré bien qu’ils n’appréciaient guère les französisch urinant sur le mur de leur local, juste à côté des bécanes…
Non, cette fois, ça a été le retour qui s’est avéré éprouvant.
Revenu dans mon gourbi, je m’page le dimanche soir avec –pour changer- un putain de spleen et… je suis réveillé le lundi morninge par plusieurs « appels en absence » provenant de mon dab et d’ma belle-deuch, en vacances bretonnes. Je rappelle et j’apprends de la voix anéantie du paternel que… j’étais mort. Rien k’ça.
Vu k’mes nuits sont déjà assez cauchemardesques açmaco, j’ai même eu un doute à la Bruce Willis dans Le sixième sens… C’est mort et ça ne l’sait pas !
Je devais apprendre la vérité plus tard dans la matinée : en fait c’est ma voisine qu’est décédée le dimanche dans des circonstances non élucidées. Et comme -restriction du service public oblige- y’a plus qu’un gardien pour trois cités, le type qui connaît pas les locataires s’est gouré de n° de porte et a signalé, entre deux fuites d’eau, mon décès à la mairie et aux services de l’office HLM ! Ayant bossé comme jardinier à l’office, et accessoirement habitant depuis 34 piges ma banlieue rouge, la nouvelle a alertée un pote employé aux HLM qui a prévenu ma famille… qui m’a donc cru mort.
Je remercie ma belle-deuche d’avoir eue la présence d’esprit, tel Saint Thomas ne croyant que ce qu’il voit, de tenter de communiquer avec un mort via son portable, et j’en profite pour sortir de l’anonymat Sabine. C’était ma voisine.

En bonne fan de Johnny, elle foutait à fond des live de Bercy, c’est dire si elle m’a fait chier. Pourtant ça m’a foutu un coup. Pensez, depuis 8 ans je l’entendais hurler presque toutes les nuits à travers nos murs en carton ; elle venait se réfugier chez oim quand le père de ses mômes lui transformait la tronche en steak tartare ; elle écoutait en boucle et à burnes Punky reggae party du père Marley à m’en dégoûter tout en cassant tout chez elle et en gueulant « SALOPERIE D’ARABE ! » (au singulier vu que ça s’adressait au géniteur de ses mômes –placés depuis longtemps) ; son élevage de cafards venait souvent me rendre visite quand ils ne supportaient plus la promiscuité ; elle rameutait tous les paumés du quartier, et y’en a pas mal. Ils se battaient sur notre palier souvent ensanglanté. Les flics ne venaient même plus, blasés. Elle me pourrissait la survie, et pourtant j’avais refusé de signer la pétition des locataires excédés réclamant son expulsion. Au moins là elle avait un toit. Et l’HP n’en voulait pas. Elle avait dans les 30 ans, elle laisse derrière elle trois enfants et une porte où, sous les scellés de la PJ, quelqu’un a marqué au crayon à papier « JE T’AIME. APPELLE MOI ÇI TU PEU, TU ME MANQUE ».

Putain c’est quoi cette société qui fait péter les plombs à ses sociétaires ? C’est quoi cette humanité qui regarde ses pompes alors que de l’autre côté d’une paroi épaisse comme une feuille de papier, y’a quelqu’un qui crève à petit feu ? On est devenu tellement dingues qu’on a perdu la capacité d’être dignes.

Fin de l’aparté. Retour à l’anormal ?

J’en étais où ? Ah oui, je suis mort.
Mais en fait non, enfin pas vraiment vu que, niveau impressions, c’est tout comme.
Le lendemain, mon dab m’appelle pour me dire qu’ils écourtaient leurs vacances car, malades d’émotions, il fallait qu’ils me voient, qu’ils m’embrassent. Le « gag », c’est que lorsqu’il m’appelle je suis à l’enterrement d’Alain Dister (voir plus bas sur ce blog) et je lui réponds « Je peux pas trop te causer, je suis au crématorium du Père Lachaise ». J’ai dit ça sans penser à mal, et ça l’a pas fait marrer. Quoiqu’il faut avouer qu’après-coup, c’est cocasse.
Revenons à mes tentatives de changer d’air à défaut de pouvoir changer d’ère…
Milieu juillet, alors que je broyais du noir à la terrasse d’un café (seulement trois bibines en trois heures, si ça c’est pas déprimer…), une amie –prof de tai-chi- me propose de bouger avec elle dans la Sarthe m’incruster à une rencontre internationale de tai-chi chuan. C’est dans un big campinge près d’un plan d’eau, ce sera sympa, et puis j’en ai fait un brin y’a une 15aine d’années –quand j’étais à donf d’arts martiaux- donc voilà, je chope une tente à ma sœur et c’est tipar.
Sauf que m’retrouver seul-tout avec moi-même, qui plus est au milieu de parfaits inconnus sous un soleil de plomb, ça s’est pas avéré une thérapie très appropriée et je suis rentré fissa deux jours après, shooté aux anxiolitiques. J’aime bien l’kung-fu mais l’campinge c’est comme l’amour, je préfère quand il est sauvage.

Ma dernière tentative de prendre des vacances, c’était y’a quelques jours. Ben & Karott du zine/label Une Vie pour Rien ? me proposent de bouger à St Quentin, Picardie, voir un groupe oi !-core australien, The Corps. J’avais déjà reçu le CD, c’est pas trop ma tasse de thé mais ça envoie et surtout… ils font pas de putains d’chansons d’amour !
On débarque donc en fin d’aprèm’ dans un trocson fort sympa où, avec les aminches du groupe Quartier Libre, on se met la race jusqu’au cercon, fort sympa itou. Puis, c’est toujours dommage, le rade finit par fermer. C’est à ce moment-là que les flics pointent leur groin.
Ayant posé un cul subversif sur leur caisse bleue, blanche et rouge, je suis sommé de dégager. Con bitoyen, j’obtempère mes ardeurs. Or voilà-t-y pas que la marée chaussée se met dans l’idée d’interpeller une petite minette en état d’ébriété. Bien qu’elle ne soit ni veuve ni orpheline, je confie mon sac de canettes à un pote (je ne devais jamais les revoir…) et effectue un demi-tour dans l’intention de demander aux gardiens de la paix de nous la foutre.
À peine arrivais-je à portée, une phrase encore en suspend à mes lèvres, la flicaille se précipite vers mon corps défendant, me plaque contre leur tire d’une clé de bras vicelarde et me passe les pinces sans sommations.
S’ensuit la routine que connaissent bien ceux qui n’ont rien à se reprocher. Car si les flics n’arrêtaient que ceux qui ont quelque chose à se reprocher, ils passeraient plus de temps à interpeller dans les couloirs de l’Élysée que dans nos quartiers.
Je résume pour les lecteurs étant jusqu’ici passé entre les mailles du filet de poulet : embarcation dans le véhicule de sévices, passage à l’hosto où une infirmière aux airs de kapo te pique le doigt et débarassage de tes affaires au comico avant d’aller conter fleurette à la cellule d’isolement.
Et là, le choc ! C’est une jolie cellule aux murs immaculés (même pas un p’tit « Omar » maculé), avec même le chiotte propre (si si !), à des lieux d’une cage de la DPJ d’Place d’Italie ou du comico d’Vitry… Tout de suite, ça rappelle qu’on est en vacances.
Là-dessus arrive un autre tondu qui, comme bibi, a cherché à connaître les raisons de l’interpellation d’la donzelle qu’on entendra pleurer toda la noche dans la cellule d’à côté. Comme on est deux, et qu’une GAV ça nous gave, on uni nos forces dans l’intention de faire un sort à la porte en bois. Ce qui va nous occuper le restant de notre séjour : coups de poings, pieds, épaules, coudes, genoux, choux, hiboux… Score final : porte – 1 / Skinheads – 0. J’en ai encore, en plus d’être déjà mentalement mal en point, mal aux poings.
Si vous aviez pas pigé le jeu d’mot laid du titre, c’est l’moment.

Au matin, on nous a gentiment indiqué la sortie avec, glissé dans nos affaires démantibulées, un petit mot charmant nous indiquant que « La procédure de l’amende forfaitaire n’est pas applicable à la contravention relevée. Vous ferez l’objet de poursuites judiciaires ultérieures, à l’initiative du ministère public ». Notre infortunée colocataire a eu moins de chance, elle s’est mangé 300 euros d’amende en plus d’être carrément traumatisée. Elle a pas appréciée d’être violemment ceinturée par deux machos assermentés et elle a bien raison.
D’un naturel curieux, je pousse ma lecture du PV un peu plus avant et, dans cette écriture manuscrite propre à ceux qui écrivent vite sans avoir fait assez d’études pour, à l’instar des médecins, la rendre totalement illisible, je déchiffre les motifs de l’accusation :
« Ivresse publique et manifeste ». Oui et alors ? Je suis en vacances !
« Individu créant sur la voie publique »
. Bon, là, n’ayant ni peint un pochoir, ni écrit un poème, ni dessiné à la craie une vierge de Guadalupe sur le trottoir, je suppute qu’il manque un mot. Mais lequel ? « Du trouble » ? « Un débat citoyen » ? « Une force d’opposition politique à l’application de la loi martiale » ? J’ai bien peur qu’on ne le sache jamais…
« Titube, tient des propos incohérents ». Alors là, non seulement je ne titubais pas et avançais d’un pas déterminé voire –osons le terme- justicier, mais les seuls propos que j’ai prononcé entre mon interpellation et mon isolement (hormis quelques vannes bien senties dont je ne saurais hélas vous restituer la teneur) furent « J’ai rien fait ». Évidemment, je suis prêt à coopérer avec les forces de l’ordre et admettre que, pour ces dernières, « J’ai rien fait » tient du propos incohérent. Si on t’arrête, c’est que tu as fait quelque chose de répréhensible. Ouvrir ta gueule par exemple. Ne pas laisser passer l’injustice.
Là je pense, à un degré beaucoup plus grave, à ma camarade Kadidja qui s’est mangé un procès pour s’être opposée à l’expulsion d’un sans-papiers via l’avion qu’elle prenait pour voir sa famille au Mali. Mais malgré la différence de gravité des situations, la même logique se met en place : si tu n’acceptes pas la répression, t’es forcément hors-la-loi. Si tu laisses passer les trains pour Treblinka, t’es un bon gars, un collabo de l’ordre pas si nouveau.
Bon, preuve de ma bonne volonté, je dirais rien sur la dernière phrase de mon PV : « A l’haleine qui sent fortement l’alcool ». Sûrement. Je me brosse pas les dents avant de quitter le zinc (et les cognes auraient pu m’offrir une pastille Vichy). Mea culpa. Allez vous faire foutre.

Voilà. On peut pas dire que je fais pas d’efforts pour m’aérer la tête, positiver, me sermonner « Une de perdue, dix emmerdes de trouvé ». Alors arrêtez de m’gonfler avec vos « Ça va ? ».
Non ça va pas.
Faut être sourd, aveugle et muet pour trouver que ça va. Ou être un sacré fils de pute (pardon mesdames).

Les vacances c’est pas de tout repos.

[DM + x7mni + 560 + 420 + Ken Boothe Everything I Own]

Espèce dominante Publié le 25 juillet 2008, par CheriBibi

Ligne 7, minuit et des brouettes. Je m’écroule sur la banquette d’une rame à moitié pleine.
En face, dans le coin opposé, une femme d’une 40aine d’année a l’air aussi fatigué de la vie que moi. Un brin affalée, elle porte un petit short serré qui lui laisse les jambes nues. Sur ses cuisses, son sac. On échange juste un regard dépité, genre « dure la vie hein ? », et on se laisse bercer par nos pensées. Douloureuses en ce qui me concerne.
Un type qu’était assis autre part vient se poser en face d’elle, c’est-à-dire à côté de moi, à un siège d’écart dans ces banquettes 3 places. Il a la trentaine bien sapée : mocassins, chemisette d’été, futal en toile et portable en main.
Direct il l’aborde, je l’sens un poil fait mais pas totalement éméché.
Je l’suis pas non plus, je digère. Mes malheurs ainsi qu’un canard laqué arrosé de deux verres de rouge et un d’saké. Rien d’méchant alcooliquement parlant.
Le type, donc, aborde la nana qui ne réagit pas. À peine si elle rectifie un brin sa position assise.
Il insiste. Il est penché en avant, son portable et donc sa main à quelques centimètres du genou féminin. Je sais pas trop ce qu’il lui dit mais elle lui répond qu’elle ne parle pas français.
Ça se voit que c’est un mensonge, qu’elle veut juste pas être emmerdé.
Le type revient pourtant à la charge après avoir fait mine de regarder son putain de portable.
On échange un regard avec la femme, genre « Ah le lourd ». Elle l’envoie à nouveau sur les roses, toujours très tranquillement… ou plutôt très lasse. Car elle ne paraît plus très tranquille. Pas inquiète mais presque. Les doigts du mec sont à deux centimètres de la peau de son genou.
Je repense aux trop nombreux récits de copines à propos de sales cons sortant leur pine dans le métro. Je repense aussi à ce qu’écrit Virginie Despentes dans King Kong theory : une femme apprend à subir, à ne pas réagir, à ne pas s’énerver, à fermer sa gueule pour résumer. Elle doit rester à sa place, c’est dans l’ordre des choses qu’un gars drague une nana seule en short moulant dans le métro. Si t’es pas contente, fous une burqa ou ne sort pas.
Le mec continue sa tentative d’approche. Et physiquement il est très près. Visiblement, il veut pas comprendre qu’il gêne, il ne semble pas connaître les limites entre « tenter modestement sa chance » et insister lourdement.
La femme le rembarre, me jette un nouveau regard, de moins en moins rassuré.
Me revient le souvenir cuisant de l’apathie des passants lors d’agressions dont je fus la victime. Me faire rouer de coups à 16 piges sur un quai de métro bondé. Me faire alpaguer, un cutter sous la gorge, en plein centre de Paname par un beau samedi après-midi.
Rien ne changera donc ? Les vaches regarderont-elles toujours passer les trains sans « meuh » dire ?
Fixant toujours l’extrémité des pognes du gars, je décroise les jambes, fait discrètement craquer doigts et poignets. J’attends le geste de trop, le mot trop haut.
Deux stations seulement sont passées, la femme se lève.
Le type : « C’est ici que vous descendez ? ».
La femme lui répond que oui et descend. Est-ce encore un mensonge ou veut-elle juste s’éloigner de ce mauvais dragueur de fin d’soirée ? Le fait est qu’elle sort dès que les portes s’ouvrent.
Le type se lève derrière elle, passe devant moi, me regarde, un peu penché, l’œil brillant, avec un sourire comme ça, et me sort « C’est pas gagné ».

Il m’a dit ça de manière complice, « entre hommes ».
Bah oui c’est normal, les femmes sont des proies, nous des prédateurs.
Bah oui c’est normal, il tente sa chance, quitte à la pousser un peu.
Bah oui c’est normal, ses tentatives sont censées m’amuser.
Bah oui c’est normal, je suis un homme donc son complice.

Complice…

Complice en le regardant faire.
Complice en trouvant normal qu’il insiste.
Complice d’une société où je suis censé, comme lui, faire partie de l’espèce dominante grâce à la nature de ce que j’ai entre les jambes.
Complice d’une oppression ordinaire, séculaire.
Complice d’une normalité largement acceptée.

C’est cette phrase, ce « C’est pas gagné » de connivence qui a été de trop.

J’aurais peut-être dû lui retourner un sourire, genre « Ah les femmes »…
Non. J’ai craqué.
Il était penché vers moi, il passait, il venait d’achever sa phrase.
J’avais tant de choses à lui faire remarquer que je n’ai pu causer.
J’avais tant de choses dans la tête que je l’ai mise direct dans son nez.
Le gars s’est rassis, sonné. J’ai fait trois pas de côté sans me presser. Les portes se sont refermées, j’étais sur le quai.

De toute façon, cette rame là allait à Villejuif, et moi à Ivry.

self defense for women

Long live rock’n’roll Publié le 4 juillet 2008, par CheriBibi

ALAIN DISTER, photographe, écrivain, rock critic, a repris la route sans nous ce 2 juillet à Paris à l’âge de 66 ans.

Sa famille, ses amis et les personnes souhaitant lui rendre hommage se rassembleront autour de lui au crématorium du Père Lachaise le mardi 8 juillet à 14h.

Une chaleureuse pensée à Tôma et Elise. Les hérauts du peuple sont immortels.

Alain Dister

Site web: www.alaindister.com

Morituri te salutant Publié le 4 juillet 2008, par CheriBibi

Parce que le chagrin n’est pas quantifiable,

Parce que l’espoir ne fait pas toujours vivre,

Parce que l’humour est souvent difficile,

Parce que l’amour n’est pas plus facile,

Parce que la haine est difficilement contenable,

Parce qu’il est si dur de ne pas se faire acculer,

Parce que les malheurs ont une facheuse tendance à se surajouter,

Parce que la nuit est souvent trop noire et le jour trop gris,

Parce que les dents se serrent sans que les larmes ne coulent,

Parce que le manque ne se contente pas d’une seringue,

Parce qu’aimer la vie n’aide pas toujours à la vivre,

Parce qu’on ne trouve pas toujours mieux et plus chère ailleurs,

Parce qu’à trop vouloir se blinder on passe souvent à côté,

Parce que la distance et l’alcool n’aident pas à oublier,

Parce que le malheur des uns ne fait pas toujours le bonheur des autres,

Parce que tous les proverbes à la con qu’on puisse trouver seront un jour faussés,

Parce que nous avons aimé et qu’il n’y a pas de raison de s’arrêter,

Parce que résister n’est pas toujours synonyme d’exister,

Parce que la série noire n’est pas qu’une collection de polars,

Parce que y’en a marre et pourtant ça continue,

Parce qu’on ne réussi pas toujours ce que l’on fait,

Parce qu’on est pas toujours comme on voudrait,

Parce qu’il est dur de reculer sans renoncer,

Parce que la vie n’est pas aisée, surtout au chômage de longue durée,

Parce que nos antres sont trop souvent étriquées, voire hantées,

Parce que l’asile n’en est pas un,

Parce que la peur du lendemain a débuté hier,

Parce qu’on a claqué la porte les doigts dans la charnière,

Parce qu’il ne suffit pas d’un inventaire à la Prévert pour revenir en arrière,

Parce que rassembler ses forces n’aide pas toujours à se lever,

Parce que lorsque la raison rend pessimiste, difficile d’être optimiste par volonté,

Parce que la mort, cette conne, n’attend pas toujours la fin du combat,

Pour tout ça et davantage encore, ce n’est pas parce que l’on n’a pas forcément la solution qu’il faut arrêter de s’attaquer au problème. On ne fait pas d’Hamlet sans casser d’Yseult.

« Être, ou ne pas être, telle est la question.
Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir
La fronde et les flèches de la fortune outrageante,
Ou bien à s’armer contre une mer de douleurs
Et à l’arrêter par une révolte ? »

Faîtes de beaux rêves.

httpv://fr.youtube.com/watch?v=7A6hdbvLq_w&NR=1

http://www.dailymotion.com/video/x4er8t_elvis-presley-heartbreak-hotel_music

Tous à vos postes! Publié le 26 juin 2008, par CheriBibi

Konstroy

Dimanche 29 juin, de 18h à 20h, l’émission Konstroy sur Fréquence Paris Plurielle (106.3) organise un clash Chéribibi Vs Barricata!

Les deux revues/zines présenteront leur sommaire respectif en musique, l’occaz’ de découvrir le son derrière les pages et -sans doute- débattre de deux manières complémentaires de faire vivre la presse alternative.

Par ailleurs, vous pouvez écouter en ligne notre passage à l’émission FrontLine (sur FPP toujours) via lignedefront.free.fr (émission du 23/05/08).

Ivry en fête… et Chéribibi aussi! Publié le 13 juin 2008, par CheriBibi

Désolé de vous prévenir aussi tard, mais voilà, j’ai été un peu malade. Oui, même les super-héros sont malades de temps en temps… un petit rhume à la kryptonite n’épargne personne, et avec tout ce qu’il y a dans l’air, même en volant à mach 5 au dessus des buildings on peut se choper une grippe aviaire dans l’oeil!
Bref, histoire de partager mes miasmes en bonne compagnie, je vous invite très fort à venir nous épauler, l’infatigable Don Blades (qui n’est jamais malade lui, mais c’est normal, c’est un demi-dieu sans faux col) et moi-même, pour tenir le stand de not’ asso ON Y VA -et donc du Chéribibi– à Ivry-en-Fête, du samedi au dimanche de 10h à 19h30 métro Mairie d’Ivry, RER C Ivry sur Seine…

Ce sera très sympa, y’aura des bières et peut-être même de la vodka, pis si vous êtes embarrassés par des enfants, y’a plein de jeux où ils pourront gagner un vrai poisson rouge (ah, le charme des banlieues communistes) et plein d’autres saloperies qui leur feront vachement plaisir (hop, un maquillage de papillon au bromure et t’as une soirée peinard). Pis y’aura des bières et des concerts, dont celui de nos camarades du Ministère des Affaires Populaires, et plein d’autres trucs qui feront prendre du bon temps aux petits comme aux grands: des merguez, des gâteaux, des stands cools et des bières.

Alors bordel, pointez-vous nombreux car on va pas le tenir à deux pendant deux jours ce putain de stand! C’est la fête!!!

L’ChériBibi s’paye sa tournée Publié le 21 mai 2008, par CheriBibi

Après avoir lancé le nouveau numéro 3 à l’occaz’ des 20 ans de l’asso Maloka (voir liste de nos dealers) au squat des Tanneries à Dijon le week-end dernier (voir report ci-après), l’ChériBibi parcourt la région parigote dès ce jeudi 22 mai jusqu’à ravitaillement complet des stocks!

Jeudi 22 mai donc, après la manif, nous seront à partir de 20h à La Belle Étoile, théâtre de la Compagnie Jolie Môme (14 rue Saint-Just, La Plaine – Saint-Denis, tel: 01 49 98 39 20) où aura lieu La Dyoniversité, université populaire de Saint-Denis, avec au programme une conférence de Jean-Pierre Levaray, ouvrier écrivain (auteur entre autres de Putain d’usine et créateur du fanzine On A Faim! à Rouen), sur la littérature prolétarienne, ainsi qu’un spectacle de Nicolas Bonneau, conteur : Sortie d’usine
La participation est libre et l’ambiance bonne! www.dionyversite.org

Vendredi 23 mai, écoutez de 18h à 19h l’émission Front Line sur Fréquence Paris Plurielle (106.3) où nous évoquerons le sommaire de ce n°3 en musique avant de rejoindre le CHÉRIBIBEAT SOUND SYSTEM qui vous permettra de danser tout en lisant (et réciproquement) Chez Zak Bar, 3 rue Victor Letalle, M° Ménilmontant (entrée libre à partir de 21h).

Dimanche 25 mai, à partir de 17h, nous tiendrons une table de près au CICP (Centre International des Cultures Populaires), 21 ter rue Voltaire M°Rue des Boulets où auront lieu les concerts de La Fraction (punk vachement super) et de Hevn (punk vachement norvégien) pour 5 neurones seulement!

Et n’oubliez surtout pas le Salon du livre libertaire les 31 mai et 1er juin (voir annonce plus bas) ainsi que la fête d’Ivry sur Seine les 14 et 15 juin où nous auront un stand et qui accueillera le samedi soir le Ministère des Affaires Populaires (voir l’ChériBibi number ouane) accompagné des aminches toulousains d’Origines Contrôlées! On vous en recausera…

Enfin, que nos lecteurs les plus éloignés du fracas parigot se rassurent, tous les envois postaux (abonnés, distros) partiront d’ici la fin de semaine, juste après la saine grève de nos camarades du sévice public.

Voilà, ceci étant dit, place à un peu de lecture avec un p’tit récit de ce dernier week-end épique…

Tanneries

Avec une bonne moitié du fantastique combo ska-rocksteady bellevillois UpTen, nous partîmes ce vendredi 16 mai en direction de la bonne ville de Dijon, avec arrêt obligé en banlieue Sud histoire de récupérer chez not’ cher imprimeur débordé une première centaine de Chéribibi III. Ce sera donc le public du festival dijonnais qui aura eu la primeur de cet accouchement difficile (on pourra pas nous accuser de parisianisme au moins).

On arrive vers 20h aux Tanneries, squat gigantesque qui fait la fierté de la capitale de la moutarde. Evidemment, le temps de dire bonjour aux aminches, de déguster les premières bières et de dire bonjour aux aminches (oui, on en a beaucoup là-bas), je n’ai maté aucun concert avant celui des Two Tone Club qui, comme à leur habitude, ont envoyé sévère ina revival 2 Tone ska mood. Du reste de la soirée, je n’ai que le souvenir du set des 20 Minutes de Chaos (« métal punk ») qui m’a semblé durer exagèrement plus de 20 mn et de la performance « cornemuse style » des toulousains de Medef Inna Babylone où je me suis laissé tenté par un petit pogo des familles en entendant leur reprise du Moon over marine des Dead Kennedys. La soirée a failli se finir quand l’ordinateur a pris le contrôle de l’ambiance à grand coup de variétoche insipide estampillée 80’s. Bon, ça fait peut-être marrer ceux qui n’ont pas eu à subir Desireless et autres Partenaire Particulier durant cette sombre décennie, mais pour nous, pauvres trentenaires sauvés du Top50 par le punk, c’était de trop… Après avoir dû menacer un pseudo-DJ de représailles contondantes s’il mettait la scie cauchemardesque d’Europe, j’ai pu reprendre le contrôle de l’ordi histoire de passer quelques Clash, Oi Polloi et je n’sais plus le temps que le sound-system de l’émission angevine Rudy’s Back (tous les mercredis soirs de 20 h à 22 h sur www.radio-g.org) des poteaux Olivier & Raymonde se mette en place pour une bonne petite punky reggae party. A 6h du mat’, n’arrivant plus à piger les histoires drôles d’un Tapage encore plus bourré que moi, je quittais les lieux avec Momo des Medef (et non pas du Medef) et Tangi « Socialisme & Calvitie » Maloka qui nous hébergeait gentiment.

Réveil vers 11h ce samedi, petit dèj’ en compagnie de nos hôtes Tangi & Nadia ainsi que de Raf & Mumu du groupe punk limougeot Attentat Sonore (et de la boutique Undersounds, cf liste de nos dealers) puis douche pour tous et décollage direction un petit rade mimi comme tout pour se faire un fond de bouche en discutant de tout et de tout. Après un retour à la casbah chargé de salades et de bon pinard, on s’est tapé une dégustation de frometon en s’écoutant l’excellent « reggae-glam » des Yummy et même un peu de Boney M période pré-disco (la meilleure).
Vers le début de soirée, retour aux Tanneries qui s’avéreront nettement plus blindées que la veille… Cette fois, je prend la sage décision de dammer avant d’avaler mes 5 à 6 litres de bière. Bouffe végétarienne* succulente à prix libre, vaisselle en sus, hop, de quoi repartir du bon pied! Avec Raf, Mumu, Momo, Manu, Olivier & Raymonde, on se chope J, Fran & Paco du groupe reggae-punk anglais Inner Terrestrials dans un coin pour une longue causerie pleine de bonheur et de franche rigolade (que vous pourrez lire dans le Chéribibi n°4 oeuf corse) qui me fera néanmoins louper les skins teutons de Freiboiter. Heureusement, je reviens dans la salle juste avant le début du set des UpTen qui n’m’auraient pas pardonner mon absence en première ligne: ambiance de folie, tout le monde au taquet, sûrement leur concert le plus chaleureux!!! On fini par une ovation d’anniversaire à la chanteuse Audrey qui fêtait ce soir-là ses… Restons galants.
Comme à leur habitude, les punks écossais d’Oi Polloi envoient la purée, la foule devant est si dense que je renonce à aller danser, d’autant que je suis bien là, derrière le stand de Maloka, une bonne bière ça désaltère.

Inner Terrestrials enchaîne malgré quelques problocs techniques en cours de route, et ça balance toujours autant, vraiment un de mes groupes préférés en cercon, une alliance reggae-punk époustouflante, des paroles essentielles, une bonne humeur permanente, raaaahhh, de quoi faire oublier qu’on est devant la scène à résister aux assauts d’un public qui ne connaît pas toujours la limite entre danser et faire chier. Je finirais donc leur set sur la-dite scène à repousser quelques furieuses vagues tout en applaudissant des deux mains, ce qui était loin d’être évident! Vision Of War finiront la soirée mais le crust, moi non. Donc j’échapperais aux décibels en allant tenir le rade dehors avant de m’échapper vers 5h du mat’ avec la bande de la veille retrouver le calme du centre-ville dijonnais.

Dimanche, après un déjeuner plus très frais, une petite balade ensoleillée (avant la pluie) dans une belle brocante apaisera les esprits plein d’images de la veille. Après avoir fait un sort au reste de fromage/salade, on s’est réfugié à Radio Campus pour l’émission « à deux de tension » Riot & Dance de Jean-Jean & Tangi que vous pouvez écouter là:

www.dijon.radio-campus.org

Puis voilà, le week-end sauvage est fini, faut choper le TER sa mère (en compagnie du camarade Ya Basta Rude Boy heureusement) et rentrer dans sa banlieue. Rendez-vous la prochaine fois, pour le meilleur ou… le meilleur?

Merci à toute la raïa rencontrée ces soirées là, à toutes celles et tous ceux qui ont pris leur dose de ChériBibi (Maloka, Chef & les Prod’ de l’impossible, Steph Déviance, le SCALP Mulhouse et j’en oublie), à la banda Maloka et aux vaillants skinheads dijonnais (Max & les ferrailleurs), longue vie aux Tanneries et que vive le rock libre!

*Je dois avouer que le dimanche soir, sitôt rentré chez oim, j’ai fait un sort à la saucisse sêche… Trois jours sans bouffer d’animaux morts, j’ai du mal.

Le dernier numéro de la revue Chéribibi (n°15)

Chéribibeat

Numéros parus

La couverture du ChériBibi n°1
La couverture du ChériBibi n°2
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La couverture du ChériBibi n°14
La couverture du ChériBibi n°15
VERMINAX LE GREDIN DE L’OMBRE  Une bande-dessinée de Tôma Sickart
4 CD BEFORE REGGAE 1951 – 1962

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Association ON Y VA
BP 60 017
94201 Ivry sur Seine cedex

ten.ibibirehc@tcatnoc ou moc.liamg@avyno.ossa

Who's who des causeries parues dans Chéribibi

CB AS = ChériBibi ancienne série (1991-2006) -Plus disponibles-

CB = ChériBibi nouvelle série (depuis 2007) -La plupart encore dispo-

A
8°6 Crew > CB AS 9
Abdel Hafed Benotman > CB 9
Alan Hofmanis > CB 11
Alex de la Iglesia > CB 14
Alpheus > CB 15
Alton Ellis > CB AS 13 & CB 4
Angelic Upstarts > CB AS 15
Angelo Dundee > CB 6
Anne Bitran > CB AS 13
Archie Shepp > CB 10
Asian Dub Foundation > CB 14
Attila The Stockbroker > CB AS 15
Aya Cissoko > CB 11

B
Bad Manners > CB 15
Banda Bassotti > CB AS 13
Batmobile > CB AS 15
Beat-Man > CB 10
Bérurier Noir > CB AS 14 & 15
Black Flag > CB 15
Boots Riley (The Coup) > CB 10

C
Carl Dawkins > CB 10
Carlos Azagra > CB 14
Caroline Munro > CB 10
Cedric Brooks > CB AS 13
Cherine Anderson > CB 1
Christian Corouge > CB 13
Christina Lindberg > CB 13
Civil Agression > CB AS 7½
Cockney Rejects > CB 1
Costa-Gavras > CB 11
Crabs > CB 10

D
Dave Barker > CB 2
Dawn Penn > CB 9
Decibelios > CB 14
Dennis Alcapone > CB AS 13 & CB 2
Dennis Bovell > CB AS 10 & CB 15
Derrick Morgan > CB AS 13 & CB 6
Don Letts > CB 1

E
Eddie « Tan Tan » Thornton > CB 3
Emory Douglas > CB 12

F
Fermin Muguruza > CB 14
Fronza Woods > CB 14

G
George Dekker > CB 2 & CB 15
GJ Arnaud > CB 10
Glen Adams > CB AS 15
Glen Matlock > CB 13

H
Hélène Lee > CB AS 13 & 14
Henriette Valium > CB AS 13 & CB 13
Herschell Gordon Lewis > CB AS 14

I
IGG Nabwana > CB 11
Inner Terrestrials > CB 4
Invincible & Wajeed > CB 11
Iron Cross > CB 12

J
Jann-Marc Rouillan > CB 9
Jean-Bernard Pouy > CB AS 13
Jean-Marie Arnon > CB 5
Jean-Pierre Dionnet > CB 11 & CB 12
Jean-Pierre Lecompte > CB 10
Jello Biafra > CB 9
Jim Murple Memorial > CB AS 14
John King > CB 10
Johnny « Dizzy » Moore > CB 14
José Jourdain > CB AS 8, 9, 10, 11 & 12
Junior Murvin > CB AS 15
Justin Hinds > CB 14

K
Ken Boothe > CB AS 13
Ken Loach > CB 13
Ketty Steward > CB 15
Klasse Kriminale > CB AS 13

L
La Compagnie Jolie Môme > CB 3
Laurel Aitken > CB AS 14
Lina Wertmüller > CB 007
Linton Kwesi Johnson > CB AS 10
Lizzie Borden > CB 15
Lone Ranger > CB AS 13
Louise Mey > CB 14

M
Marc Caro > CB 8
Marc Perrone > CB AS 13
Marcia Griffiths > CB AS 13
Marina P > CB 15
Martha Reeves > CB 11
Martine Beswick > CB 10
Maryam Ashrafi > CB 13
Max Romeo > CB AS 14
Melvin Van Peebles > CB 4 & CB 5
Mikey Dread > CB 1
Ministère des Affaires Populaires > CB 1
Miriam Linna > CB 12 & CB 13
Monia Moula > CB 13
Mylène Sauloy > CB 13

N
Nabat > CB 8
Norma Fraser > CB 12
Norman Spinrad > CB 6

O
Oscar Castro > CB 10

P
Pascal Tourain > CB 1
Prince Buster > CB AS 15
Puppetmastaz > CB 13

R
Rageous Gratoons > CB AS 8
Ray Gange > CB 13
Reagan Youth > CB 8
Rhoda Dakar > CB 10
Rico Rodriguez > CB 3
Roger Corman > CB 11
Roland Oldham > CB 11
Roy Ellis > CB 8

S
Sarah Savoy & Les Francadiens > CB 3
Serge Gainsbourg > CB 9
Seth Tobocman > CB 1
Skatcats > CB AS 9
Skully Simms > CB 14
Sonia Pottinger > CB 5
Stewart Home > CB 007
Stiff Little Fingers > CB 10
Stranger Cole > CB 14
Susan Cadogan > CB AS 15

T
The Adicts > CB 3
The Cimarons > CB 15
The Congos > CB 007
The Last Poets > CB 4
The Long Tall Texans > CB 14
The Members > CB 007
The Oppressed > CB AS 7½ & 15
The Outcasts > CB 15
The Pioneers > CB 15
The Selecter > CB 11
The Skatalites > CB AS 13
The Specials > CB AS 12
The Slits > CB 2
The Toy Dolls > CB 11
The Trojans > CB AS 13
The Twinkle Brothers > CB 13
Tien An Men 89 Records > CB 3
Toots & The Maytals > CB AS 14

U
UK Subs > CB AS 14

V
Vin Gordon > CB 12

W
Wanda Jackson > CB 5
Wayne Kramer (MC5) > CB 11
Winston Francis > CB 007
Wu Ming > CB 8