Actus Chéribibesques

Allez-y de notre part ! Publié le 22 mai 2013, par CheriBibi

Voir se réunir, voire se fédérer, les actrices et acteurs de la presse alternative en papier est une utopie portée ici même depuis un long moment (voir et revoir notre appel en ce sens commun à Poitiers).
Ô promesse de beau temps, deux initiatives ont lieu ces jours-ci vers Paris et, bien que nous ne pourrons hélas pas en être (fatalitas !), il va sans dire qu’on leur laisse la parole avec tout le soutien qui leur est dû :

BamBamZines est un festival de fanzines organisé les 24, 25 et 26 mai autour de la culture DIY, une rencontre pour apprendre à faire des fanzines, rencontrer des gens qui en font ou en ont fait, pour fabriquer des beaux trucs qui nous plaisent avec peu de moyens.
Cette rencontre c’est l’occasion de partager des savoirs techniques, graphiques et artisanaux, hors d’une logique marchande, de s’amuser, de partager, de débattre. Venez donc vous joindre à nous !
Venez donc (re)trouver l’esprit du « Do It Yourself » : à savoir « Fais-le Toi Même », pour toi, pour les autres, avec les autres !
BamBamZines se déroulera au Transfo, espace occupé à Bagnolet, 57, av. de la République (métro Gallieni ou Robespierre), un lieu autogéré de la banlieue parisienne, plein de ressources, un espace collectif occupé (un squat) où les habitant-e-s et d’autres ont installé une salle de concert, un bar, une cantine, un infokiosque et plein d’autres trucs.
Durant les trois jours de festival, on vous propose des ateliers « d’échange de savoir » (voir le programme) en utilisant un maximum de matériel récupéré. Le lieu s’inscrit dans la lutte, la gratuité et l’ouverture.
Fuyons les rapports marchands! Le temps passé à faire le ménage ou l’installation électrique est tout aussi nécessaire que celui passé à éplucher des légumes ou à imprimer des affiches, il n’est pas plus quantifiable en termes d’argent que celui qu’on passe à faire des fanzines, c’est pour ça que tout y est gratuit ou à prix libre.
Est également prévue une grande fresque extérieure, peinture, collage, graf.

Bam Bam Zines Flyer

Samedi 8 Juin 2013 à 17h à la bibliothèque libertaire La Rue, 10 rue Robert Planquette, Paris 18ème : « Le fanzine, ça existe encore ? »
Oui ça existe et avec une vitalité qu’on ne soupçonne pas. Même les fanzineux-ses ont tendance à ignorer la richesse et la diversité qui fait règle dans ce moyen de communication : ciné bis, musique, politique, littérature…
Le fanzine est un support d’expression dont se sont emparé les marginaux de tout bord. Tous ceux qui ne se retrouvent pas dans la consommation des médias dominants. Ce débat sera l’occasion de découvrir le fanzinat, de parler des pratiques et des problématiques qui y sont liées (fabrication, diffusion…).
Seront présents des membres des fanzines Dérive Urbaine, Gorgonzola, TicDeQuai, ainsi que l’association Méluzine et Marie Bourgoin, documentaliste à la Fanzinothèque de Poitiers.

Fly8juin3_web

BACK WITH A BANG ! Publié le 25 avril 2013, par CheriBibi

Mise en page 1

Mise en page 1

Annonce N°8_bis

He went away and you hung around
And bothered me, every night
And when I wouldn’t go out with you
You said things that weren’t very nice

My ChériBibi’s back and you’re gonna be in trouble
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
You see him comin’ better cut out on the double
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
You been spreading lies that I was untrue
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
So look out now cause he’s comin’ after you
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !

Hey, he knows that you been tryin’
And he knows that you been lyin’

He’s been gone for such a long time
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
Now he’s back and things will be fine
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
You’re gonna be sorry you were ever born
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
Cause he’s kinda big and he’s awful strong
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !

Hey he knows I wasn’t cheatin’!
Now you’re gonna get a beatin’!

What made you think he’d believe all your lies ?
Wah-ooo, wah-ooo
You’re a big man now but he’ll cut you down to size
Wah-ooo, wait and see !

My ChériBibi’s back he’s gonna save my réputation
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
If I were you I’d take a permanent vacation
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
Yeah, my ChériBibi’s back
Hey-la-day-la my ChériBibi’s back !
Look out now, yeah, my ChériBibi’s back
La-day-la, my ChériBibi’s back !

I could see him comin’
La-day-la, my ChériBibi’s back !
So you better get a runnin’
La-day-la, my ChériBibi’s back !
Allright now
La-day-la, my ChériBibi’s back !
Yeah, yeah, yeah, yeah, yeah
La-day-la, my ChériBibis’s back !
My ChériBibi’s back now
La-day-la, my ChériBibi’s back !
Know he’s comin’ after you
La-day-la, my ChériBibi’s back !
Because he knows I’ve been true now…

COUV # 8 pour web

 

– Regardez dans le ciel !
– C’est un oiseau ?
– C’est un avion ?
– C’est CHÉRIBIBI n°8 !

Joli mois de mai… Mois de nos retrouvailles. Du fin fond de l’univers, à des années et des années-lumière de la Terre, ressurgit celui que le gouvernement intersidéral se garde bien d’appeler quand il n’est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste aucun espoir…
Après une année 2012 toute pourrie –car une année sans ChériBibi–, ta revue interstellaire de culture populaire redescend sur Terre le temps de t’embarquer pour s’envoyer en l’air.
Tu pensais peut-être qu’on avait abandonné… mais c’était reculer pour mieux t’sauter (aux yeux) !
Allez, pas la peine d’en faire des tonnes dans le cosmique de répétition, on te donne rendez-vous au comptoir du Mange-Disc, 50 rue de Romainville, M° Mairie de Montreuil, pour assister au lancement de cette fusée bien montée (attends de voir ce qu’on a dans l’réservoir…). Plus précisément à partir de 17h le mercredi 8 mai -jour (férié) de la victoire éphémère contre le nazisme- et ultérieurement très vite chez toi vu que t’es abonné(e)…
(RECTIFICATIF : les flics -toujours eux- mettant grave la pression aux rades cools qui passent du bon son, la date et le lieu sont en instance de divorce avec l’annonce ci-dessus -que je garde biscotte par ailleurs, allez au Mange-Disc un de ces 4, c’est nos frangins !- donc restez à l’écoute, on en saura plus incessamment sous peu quant aux conditions spatiotemporelles du pot de décollage…)
Hop, rendez-vous donc le jeudi 16 mai à L’Armony Bar, 39 rue Edouard Vaillant, M° Croix de Chavaux à partir de 18h pour fêter ça (je viens juste de réceptionner les n° tout chauds, du coup je fous de l’encre partout sur le clavier…) au son du Chéribibeat Sound-System ! Merci à Sandro, Farid et Beck pour le coup de main !
Pis en attendant, va déjà bicher devant le menu après t’être écouté le jouissif morcif ayant inspiré le titre de cette annonce from the stars, composé & magnifiquement interprété par un groupe universellement connu : SK…

SKATALITES bien sûr !

El Bang Bang !

(Non seulement ce ska-jazz plus que parfait déboite tout, mais ce qui ne gâche rien, le type qu’a fait le montage vidéo -thanx !- a pris des images du Swing Orchestra de Ray « The Suit » McKinley datant de 1949 et ça colle au p’tit poil…)

Faim du monde Publié le 14 décembre 2012, par CheriBibi

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque)

Quand j’étais plus jeune, il y a de ça quelques années, quelques mois, quelques semaines, je pensais qu’on pouvait changer la course schizophrène du monde avec quelques mots, quelques lignes, quelques notes. Je croyais naïvement qu’en noircissant des pages entières avec ses tripes, la lumière née de la communion des passions viendrait éclairer l’œil avisé du plus aveugle des lecteurs. Qu’un poème, un roman, une chanson, un conte ou un simple constat (à l’amiable) saurait percuter assez profondément les cœurs les plus endurcis pour en faire jaillir un sang nouveau, irrigant à grand renfort de mots sincères les artères les plus obtuses et les veines les moins saillantes.
Pourtant, combien de bons mots, journaux, fanzines, revues, disques et missives jetées à la face de la cécité du spectacle comme autant de cocktails incendiaires se sont transformés illico en vaines bouteilles à la mer ? Qui, aujourd’hui où l’information se court-circuite par sa propre démultiplication, fait réellement l’effort de lire autre chose que ce qu’il veut entendre ? Qui ouvre ses chakras en même temps que son courrier ? Et quel poids peut peser un beau sentiment couché sur papier de soi face à l’arrogante abondance des fausses vérités bourrant kiosques et boites aux lettres de leur papier glacé flattant un surmoi sournois ?
On m’avait pourtant dit –à langueur de films épiques- que les hérauts du peuple sauvaient l’univers et le cœur de leurs concitoyen(ne)s à la fin. Mais force est de constater, ce malgré l’approche de Noël et l’annonce d’un bel apocalypse en technicolor par quelques récentes prophéties mayas la veille, que de la fin on ne voit pas le bout.

Non, de bout, les forçats de la fin ne voient point. Et il y a des damnés que ça atterre.

Alors quoi ? Va-t-on en rester là ? Chacun dans son coin à ruminer un quotidien où chaque jour semble une morne copie du précédent ? À espérer secrètement un tsunami à la moindre goutte de pluie ? Jamais. Plutôt crever foudroyé que renoncer à ce qui fait avancer. On n’est pas sur Terre pour se laisser emmerder par une soi-disante fatalité, se laisser enfermer dans une routine mortifère… fusse-t-elle assaisonnée de quelques soirées arrosées histoire de faire passer la pilule de nos rêves dégommés. Le moindre mal n’est pas un bien. Et si les mots ne servent à rien… il reste les images.

En voilà quelques-unes, de combat. Quelques banderoles (devinez laquelle que l’bibi il a peinturluré en écoutant d’la soul amoureuse ?) portées par des mains congelées et des cœurs vaillants lors de la manif des chômistes du 1er décembre dernier. Quelques traces de pinceau alignant les maux au front populaire des espoirs pas encore dissous. On lâche rien, sauf la lâcheté.

Et s’il faut prouver –encore et toujours- que nos vies valent plus qu’une simple soirée devant un écran à tenter d’oublier qu’au fond on se fait chier alors qu’on devrait passer son existence à voyager, danser, dessiner, se marrer, rencontrer plein de gens différents, vivre sans entraves et jouir sans temps mort, va donc jeter un de tes beaux yeux sur les quelques photos-souvenirs du festoche Bazzarock d’Aubenas en octobre dernier (tu cliques sur Bazzarock –pis sur les images pour les agrandir- et t’y es comme si t’y étais… d’ailleurs y’a que toi qui manquais !). Trois jours rock’n’rollesques à passer du son, pas dormir 50h d’affilée, bricoler de sacrés projets, danser sur les tables, déguster sans satiété les mets les plus raffinés et refaire le monde en vrai. Trois jours créatifs en diable qu’il ne tiendrait qu’à toi, à tes voisins, ton chien et nos amis d’étendre sur toute une vie. Car toutes ces images de lutte, de fête et de chaleur humaine -la meilleure !- récoltées des rues de Paname aux bistrots d’Aubenas (manquent celles de Genève où c’était là aussi que du bonheur) ne sont pas juste de beaux souvenirs, elles sont force de proposition pour l’avenir.

Alors qu’est-ce que t’attends ? La fin du monde ? C’était hier. On est demain.

Créer nos propres lendemains, c’est aussi simple que d’transformer un pack de bière en diablotin…

PS1 : C’est sûrement un peu tard pour l’annoncer, mais ce vendredi 14 décembre, on sera à la librairie éphémère de la Halle St Pierre à 12h30 pour jacter, autour d’un petit apéro, de not’ nouvelle maison d’édition Ici Même. Pis le lendemain, samedi 15 quoi, le Chéribibeat Sound-System poussera la galette de minuit à 3h du mat’ pour l’anniv’ des Mains d’oeuvres à St Ouen. Si vous venez déguisé en extra-terrestre, c’est gratos et on rigolera bien !

PS2 : Histoire de rendre la politesse au blog Rock’n’roll Rebellion qui a amené plus de 100 visites par icitte en un mois suite à une petite causerie avec bibi, allez donc faire un tour (y’a des pin-up, du rock, du ska, de la weed et des scooters à gogo). Pis si ça vous a donné envie d’en apprendre un peu plus sur nos amis les neuskis, l’émission Konstroy (FPP 106.3 le dimanche à 18h) « Spéciale Skinheads » du 2 septembre avec bibi en blablateur et selecta est écoutab’ ici.

PS3 : Et pour s’finir très provisoirement sur une belle image, je sais pas si t’as suivi mes conseils en allant te gaver les yeux de joyeusetées partagées sur le site du Grand Café Français (le festoche Bazzarock et ses belles photos, bis repetita), mais v’là ma préférée (de Jean-Luc Nury). Pas la plus « spectaculaire » peut-être, mais un moment -le samedi matin après juste 3h de sommeil et avant un week-end à ne dormir que l’lundi à 3h du mat’- de complicité avec JC Menu et Mattt Konture (de gauche à droite) dessinant pendant que j’les abreuvait de good vibrations entre Black Flag et King Tubby en passant par Nina Hagen, Spike Jones et Ennio Morricone. On remet ça sans interruption quand vous voulez histoire de donner aux fillettes insoumises du monde de demain (qui, quoi qu’il advienne, nous appartient) le goût des libertés. C’est tout pour aujourd’hui ? Bin non, t’écoutes pas ce que tu lis : on est déjà demain !

Zapping criminel Publié le 27 novembre 2012, par CheriBibi

« L’utopie se construit sur la mémoire des luttes inachevées » disait le peintre, écrivain et poète Henri Michaux. Après il est mort.

Force est de constater, cher lecteur, lectrice mon amour, qu’on vit une époque atteinte d’alzheimer dont internet est le parangon (ou le parent con, pour utiliser un langage moins intello). Pages web, Facebook, courriers mails se succèdent à un rythme effréné, s’enterrant d’eux-mêmes sous le poids de leur propre défilement. Par exemple, qui relit son ancienne correspondance virtuelle ? Quelle chance avez-vous de retomber sur le courriel d’un(e) aimé(e) des années après ? Alors qu’une bonne vieille lettre en papier ayant glissé derrière le canapé vous tirerait des larmes (de rire ?)…
Il en est de même pour ce qu’on appelle « l’actualité » : qui se souvient, à part quelques manifestants toujours en procès, que le Québec vivait jusqu’en juillet dernier un « printemps érable » (sic) ayant méchamment secoué le cocotier au pays de nos amours gelés et fait la hype chez les médias francophones d’ici ? Pourtant, il était pas fini ce printemps-là, il restait du boulot… Mais hop, une petite élection pour foutre les démagos du PQ au pouvoir et tout le monde au dodo. Et les « réseaux sociaux » locaux ont pu remettre, à la place du carré rouge de circonstance, un autoportrait pris lors de leur dernière cuite. Retour à l’anormal.

Car l’anormal, c’est ça : un zapping perpétuel qui escamote ses victimes sous une constante vacuité autocentrée. Après tout, pourquoi tenir promesses et engagements quand ils ont été globalement oubliés dans les sunlights de la « nouveauté » ? Le changement c’est maintenant… et aux chiottes l’instant d’avant!

Ton chéribiblog préféré n’échappe pas, hélas, à cette « loi » inique. En écrivant ce post, je sais que j’envoie dans les oubliettes de la « page 2 » le petit hommage à notre poto Laurent, décédé cet été. Comme j’y ai balancé précédemment force textes écrits avec des tripes amoureuses, moments de colères, de chagrins, de joies et de rires. Et ça me fait profondément chier.

Alors pourquoi l’écrire, ce truc qui défile quand tu bouges la souris comme ça, là?
Question pertinente.
Je vous remercie de l’avoir posée.
Bonsoir.

Allez, on est entre nous et quelques millions de pixels, ce qui est toujours moins compromettant que face à face, donc je peux bien vous donner un semblant de réponse sous la forme d’un rendez-vous secret à largement partager (le chéribiblog, ton site de rencontres) : ce samedi 1er décembre, à 14h au métro Stalingrad dans la bonne ville de Paname, aura lieu la 10e manifestation contre le chômage et la précarité organisée par les associations de chômeuses et de chômeurs. Et la 10e ça fait beaucoup.
10 ans exactement qu’on se pèle les miches début décembre afin de, non pas manifester « pour l’emploi » mais contre la logique d’un système économique qui use et abuse de la précarité pour soumettre le commun des mortels à la volonté d’une poignée de profiteurs sans scrupules… En clair, le chômage sert à faire peur. Et cette peur à faire accepter des conditions de travail merdiques, des emplois dégradants, des salaires de misère, le tout bien souvent pour produire des saloperies inutiles et même pas rigolotes. Donc logiquement, quand un homme de pouvoir, un gouvernant, un qui l’ouvre à l’écran vous dit qu’il veut résorber voire éradiquer le chômage, c’est un menteur. A la limite, ce qu’il aimerait bien éradiquer… c’est les chômeurs. Du moins ceux refusant de s’autoflageller en place publique.
Alors évidemment, on n’est pas content. Sauf qu’au lieu de taper son chien qu’a bouffé la zapette de la TV, ou de tirer sur les gosses qui jouent à la marchande de shit en bas de la cité, on descend dans la rue gueuler au grand jour notre désir de grand soir. Pis comme l’accès aux quartiers de richards nous est légèrement mais sévèrement défendu, on manifeste chez nous, dans les derniers quartiers populaires de la ville-lumière, c’est-à-dire de Stalingrad à Place Clichy en passant par Barbès et Pigalle. Au moins, on y fait chaque année de chouettes rencontres et ça réchauffe les colères et les courages. On peut même dire que ça produit des richesses, le courage étant une denrée qui manque cruellement à beaucoup…
D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à bibi, on manifesterait avec des baignoires et des hachoirs pour transformer tous ces moutons en méchoui. Et quelques poulets en brochettes tant qu’on y est. Tant pis, à la place y’aura une sono avec du bon son, c’est déjà ça.

Et à propos de bon son, le Chéribibeat Sound-System bifurquera vers Montreuil à la fin de la manif pour pousser la galette à un autre 10e anniversaire, celui d’Arrache-toi Un Oeil, sympathique couple de sérigrapheurs-mais-pas-que au nom qui arrache (un œil).
La party a lieu de 18h à minuit aux Instants Chavirés, 7 rue Richard Lenoir, M° Robespierre, avec plein de groupes « hardcore-trashcore-fastcore » et bibi qui foutra de la soul plein d’tubes pour emmerder tout le monde et faire danser les autres. Y’aura même des tapas avant que j’atteigne le buffet ! Si tu m’crois pas, le programme complet il est quelque part par .

Pis le dimanche, pas loin, c’est-à-dire 21 ter rue Voltaire au bien nommé Centre International de Culture Populaire, ton infatigable ChériBibi tiendra une table supportant la fin des stocks disponibles (en l’occurrence les n°5, 6 et 007 de ta revue adorée) à la soirée de soutien aux éditions Libertalia –mondialement connues pour avoir ressorti, rappelez-vous, les Aventures de Chéri-Bibi par Gaston Leroux. Y’aura même le camarluche Titi Cochran en concert, ce qui vaut son pesant de bière (sans alcool ?).

Voilà, grâce au virtuel, vous savez au moins que faire de votre fin de semaine réelle. Ce qui ne doit pas, loin de là, vous empêcher d’aller relire (et sauvegarder ?) vos anciennes déclarations passionnées et vos engagements oubliés histoire d’éviter au présent de choper un arrière-goût frelaté et, qui sait, bâtir de solides lendemains qui chantent sur des fondations parfois trop vite ensablées. L’utopie, après tout, n’est-elle pas irréalisée plutôt qu’irréalisable ?

Ce n’est qu’un combat, continuons le début !

PS : The revolution will not be something you talk about on Twitter. The revolution will not give you more Facebook friends. The revolution will not come from a text message. The revolution will not be available on YouTube. The revolution will not be found on Google. The revolution will not come out on DVD. The revolution will not have a fuckin’ add for mature women on it. The revolution will not be digital. The revolution WILL change your life. THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED !

La tête dans le ressac Publié le 5 novembre 2012, par CheriBibi

Scène 1 – Extérieur jour – Une plage abandonnée.
Un corps à demi nu échoué sur le sable mouillé, face contre terre. Les membres constellés d’écorchures, l’homme semble mort. Plan rapproché. Il a les yeux ouverts, fixés vers le hors-champ. Dans le lointain, les mouettes poussent des cris. Un crabe passe.

Voix off – Vous avez vu Crank avec Jason Statham ? Hyper-tension en VF. Le mec, pendant son sommeil, on lui injecte un poison vicieux. Sa seule façon de survivre, c’est de faire péter l’adrénaline, s’activer sans trêve et courir comme un poulet sans tête (pléonasme) devant une charge de mineurs galiciens en grève. Option « Si tu t’endors t’es mort ».
Bibi c’est pareil. À foncer de projets achevés en projets à achever le long d’une deadline obstinée. Sauf que n’est pas Jason Statham qui peut (ou qui veut, mais non). Loin des caméras, même les super-héros doivent pioncer parfois. Et là, c’est le drame.

Intermède culinaire : Pour faire un ChériBibi, il faut beaucoup de rêverie. S’endormir le sourire aux lèvres et l’imagination au vent dans une mer d’huile afin de se réveiller avec une putain d’idée de mise en page débile… ce genre de chose, triviale pour les uns, vitale pour certains.

Sauf que (bis). Quand tu t’endors en serrant les dents, quand la nuit durant les rouleaux des songes furieux brossent ta carcasse contre les fonds écharpés de l’inconscient, quand les flots bouillonnants rejettent à l’aube ton âme délavée par l’écume de l’amertume, t’es pas trop motivé pour attaquer la journée en sifflant –trique créatrice pointée vers l’avant– « Tiens, voilà du boudin ! »…

Scène 2 – Intérieur nuit – Un appartement de la banlieue rouge
Plan fixe sur une table de travail bordélique où s’entassent notes parsemées de dessins foutraques, bouquins fourrés de marque-pages, vinyles empilés, feuilles à rouler, bref, la zone. Dans le lointain, les mobylettes dorment comme des connes.

Scène 3 – Extérieur jour – La plage abandonnée, coquillages et crustacés.
Le crabe se repointe avec une clé à mollette et, d’un coup bien placé sur les doigts, achève de ramener à la réalité le dormeur du bal.

Le crabe – Eh, tête de nœud coulant, tu commences à nous les briser menu-menu avec tes tirades de noyé magnifique. On croirait zieuter le blog de Ian Curtis Mayfield ! T’y es pas coco, ce que les lecteurs veulent, c’est du ROCK’N’ROLL ! On veut du bruit, du panache, du grandiose ! Fais mouiller les culottes, pas les mouchoirs !

L’homme (recroquevillant ses doigts endoloris dans le sable froid) – Kes’t’a ta l’tourteau ? Tu t’prends pour Jiminy Cricket ? Bordel aqueux, tu crois que j’préférerais pas rêver de lendemains qui chantent plutôt que d’présent qui déchante ?

Le crabe – Bla bla bla… Pauvre chou farci de bonnes intentions, on a pigé que t’avais pas l’cœur brisé à l’ouvrage et on lira La Dame Aux Camélias en pensant à toi crétin ! Mais quitte à meubler en attendant le retour de ce ChériBibi n°8 prodige abandonné en route comme un clebs au bout de sa laisse, pourquoi que tu racontes pas des trucs marrants ? Genre comment que t’as foutu la tehon à l’aut’ journaleux à ce débat de vieux hippies croulants ? Ou ta mission au festoche Bazzarock tiens ? Là, t’avais la patate enfoiré pour danser des rock effrénés sur tables branlantes, dessiner sur des panneaux publicitaires et t’enflammer en discussions passionnées…

L’homme (débarrassant sa barbe de 6 jours des coquillages effilés) – Bin tiens, j’ai pioncé 3h en trois jours, normal que j’avais la pêche. T’as pas pigé? Moi c’est le sommeil qui m’fatigue, la Lune qui éclaire mes défaites…

Le crabe (faisant virevolter sa clé) – Et c’est censé intéresser la lectrice au chômage ça ? La faire patienter quand elle n’attend que d’s'évanouir de bonheur sur son ChériBibi tant secrètement désiré ? Sûr que la coquine est obligée d’oublier le ronron du quotidien en relisant les anciens numéros alors qu’elle préférerait sentir la chaleur du renouveau ! Y’a pourtant du contenu sacrément membré en prévision mec ! Du hardcore new-yorkais, des romanciers ritals aussi savoureux qu’une pizza napolitaine ! Fini l’niaisage, à l’abordage cap’taine !

L’homme (se relevant sur ses bras estafilés en un push-up éreinté) – Bon, Jiminy Crabby, lâche-moi la grappe, j’fais ce que j’veux comme je peux, j’suis pas Bruce Lee.

Le crabe – On est tous le Bruce Lee d’autrui. Lève-toi et rampe !

L’homme (se relevant, baillant et se grattant le sable dans les poils) – Toi, les tripes à l’air dans la mayonnaise, tu serais pas pire. OK, c’est quoi le plat du jouir ?

Le crabe (coupant un cigare d’un coup de pince) – La Suisse mon pote… Genève.

L’homme (le cigare au bord des lèvres) – La Suisse ? Pour y faire quoi ? Un coup d’État ?

Le crabe (allumant la mèche) – Pas loin mec. Tu te souviens de l’Usine ? Les 16, 17 et 18 novembre, ce sera le cadre du festival Monstre… Trois jours à présenter des films de ouf, passer des galettes de cinglés, exposer tes tripes et exhorter la Terre entière à faire la révolution en papier !

L’homme (tétant son cigare d’un oeil pétillant) – Mouais, y’a moyen de s’motiver pour s’marrer à créer sa vie au lieu d’la subir. Après tout, les voyages forment la genèse…

Le crabe (exhultant) – Vas-y Bruce Lee, je retiens la nuit !

PS: Pour savoir tout ce que contient l’estomac du Monstre, cliquez-lui dessus.

PS bis : Et pour tout à fait finir sur un air de fête cette note psychopathique à rallonge, si vous n’avez pas le cran de ramener votre fraise kiffer à Genève, allez au moins de ma part voir God Bless America, ça fait grand bien… à condition de ne pas oublier votre 44 Magnum au cas oùske des blaireaux joueraient avec leur I-phone dernier cri durant la séance.

C’est ICI MÊME que ça se passe ! Publié le 30 octobre 2012, par CheriBibi

Nul n’est censé l’ignorer, on commémore cette année le cinquantenaire de l’indépendance de la Jamaïque… mais ce que l’on sait peut-être moins, c’est qu’il y a 50 piges, un autre pays gorgé de soleil virait (à coups de babouches au derche, lui) l’ombre asphyxiante du colonialisme : l’Algérie.
Histoire d’avoir le couscous offert au bistrot d’à côté durant de longues années, les camarluches de la librairie Envie de Lire et les toutes jeunettes éditions Ici Même ont eu l’idée d’éditer for the first time in the tong of Molière la BD espagnole EL DJAZAÏR dessinée par Luis Garcia en 1979 !

Non, à la vérité, si on réédite cette belle fresque graphique synthétisant l’histoire des résistances algériennes entre 1830 et 1954 (soit de la colonisation au début des « évènements d’Algérie »), qu’on l’agrémente en sus d’un entretien avec Luis Garcia, de notes explicatives pour briller en bas de ta cité pis de textes de Farid Boudjellal, Abdel Hafed Benotman et Salah Amokrane, c’est parce qu’on fantasme de se faire traiter d’islamo-gauchistes par les dindes Fourest aux truffes à l’approche des fêtes… Ou peut-être que c’est juste qu’on aime à raviver la mémoire des luttes, harissa relevant toute culture populaire. Ouais, wallah c’est ça. Et nous vîmes que cela était bon.

Au fait, pourquoi dis-je « on » ? Ben figurez-vous que l’autre jour, l’amie Bérengère (ancienne combattante des éditions Vertige Graphic) et moi-même, on s’est dit açmako que le climat de rigueur toute sociale-démocrate baignant l’hexagone de ses flots bleu patrouille était idéal pour se lancer dans la grande aventure de l’édition indépendante de livres avec des images. On a donc monté pas plus tard qu’hier soir entre Nantes et Ivry sur Seine les éditions Ici Même et, ne trouvant personne prêt à dessiner des trolls durant 40 albums afin d’assurer notre bonne fortune, on s’est associé à nos vieux complices d’Envie de Lire pour sortir ce superbe album cartonné de 74 pages vendu seulement 15 euros (une affaire mon frère !). Pis après les fêtes, on en dénichera d’autres d’ailleurs (Étazunis, Slovaquie, Angleterre, Brésil,…), ça ne fait que commencer…

…en fanfare puisque vous êtes conviés, ce jeudi 1er novembre de midi à minuit, à la librairie Envie de Lire repeinte aux couleurs de l’Algérie (16 rue Gabriel Péri, M° Mairie d’Ivry… la librairie hein, l’Algérie faut changer à Châtelet et prendre le RER, tout un bordel) pour vous gaver de makrout, de musique (ZEP, Bania, Ahmed Asfer,…) et de rencontres sympatoches (sur la bande-dessinée algérienne notamment). Tout le programme il est sur le site d’Envie de Lire qu’il faut cliquer dessus ici même. Tu kiffes ?

Twist again Publié le 25 octobre 2012, par CheriBibi

Après maintes péripéties ardéchoises sur lesquelles nous reviendrons avec un plaisir non feint (si tant est que la réaction du sarouel au lance-flamme intéresse quelqu’un), l’imparable Chéribibeat Sound-System s’attaquera ce week-end à un double défi :

Premièrement, faire apprécier le reggae à des rastas dans une salle où la consommation d’herbe leur est proscrite*, c’est-à-dire en première partie des TWINKLE BROTHERS au Hangar d’Ivry sur Seine ce vendredi 26 octobre.

Deuxièmement, faire danser des garageux à chaussures pointues** (aidé, il est vrai, par l’injection d’une dose massive de soul et de rock’n’roll !) lors de la soirée SALE ET SAUVAGE ce samedi 27 octobre à Mains d’Oeuvres (vous vous rappelez, la belle salle de St Ouen qui nous avait fort bien accueillis pour nos 20 piges)…

À moins qu’il ne s’agisse de faire apprécier le reggae aux garageux et le rock’n’roll aux rastas a jeun, j’en sais plus trop rien, mes instructions s’étant envolées dans une embardée. De toute façon, comme dit le con dicton : quand on veut, on peut… et quand on peut, on veut !

* Que disent deux rastas qu’ont plus rien à fumer ? « Ce que c’est chiant cette musique ! »…

** Ceci-dit, t’as déjà essayé de danser dans un jean slim ? Ça fait mal aux couilles hein ?

La bannière de promotion de la sortie du Chéribibi n°8

Chéribibeat

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