Actus Chéribibesques

Romantisme révolutionnaire Publié le 24 septembre 2016, par CheriBibi

Fais pas semblant, on en a tous révé, le matin dans le demi-sommeil du réveil : la personne que l’on aime est en danger, quand soudain on surgit pour la sauver. En cheval blanc ou en scooter crème, avec un shotgun ou des prises de ninja, ce qui revient au même.
On s’est tous imaginé résister aux balles, aux chausses trappes, aux humiliations, au désespoir. Briser des murs, des chaînes, emporter l’aimé(e) – voire toute l’humanité – sur un destrier loin des aléas du train-train quotidien, à 20 000 lieues des turpitudes amères, en un temps révolutionnaire. Héros du quotidien, un idéal de paladin.
Et puis on se réveille, le boulot nous appelle, les nouvelles nous assomment, les turpitudes c’est pour ta pomme. Fini les fantasmes, acharne-toi à briser la glace dans laquelle ta sale gueule te rappelle qu’hier la société n’a pas bougé, t’as juste bu trop de bières éventées.

Allez, laisse-moi réver, encore un peu. Conjurer le mauvais sort. Désolé d’y croire encore.
Et parce qu’on n’est rien que des passionnés ne sachant guère abdiquer, la bande-son choisie démange nos envies : soul, reggae, rock et fanzine pas encore sorti.

Bref, cherche pas à tout déchiffrer, pour patienter avant l’avènement du nouveau ChériBibi, viens plutôt te réfugier dans les sons prodigués par le Chéribibeat Sound-System ce vendredi 30 septembre au Drunken, bar à bibines artisanales sis 19 rue Girard à Montreuil. Puis le lendemain, nous tiendrons une table à quatre mains pour le 1er Bar Zines, toujours à Montreuil : un événement salutairement consacré à la presse alternative, celle qu’on défend, qu’on fait vivre et qui nous empêche de nous flinguer en nous indiquant la voie à dépaver pour narguer l’autorité en enchaînant les ricochets.

Bar zinesEnfin (du moins pour ce mois-ci), ton ChériBibi sera comme chaque année à la JIMI, à Ivry, le samedi 8 octobre pour échanger, blablater, se bourrer la gueule et tabasser le vieux monde comme il le mérite. Que voulez-vous, on se refait pas… Y’a peut-être plus rien à sauver, ni prince ni princesse des bas-fonds pour refaire surface, mais aucun hôpital psychiatrique ne nous empêchera de ruer dans les brancards !

Winter is coming Publié le 6 septembre 2016, par CheriBibi

– Parfois, il est préférable de répondre à l’injustice par la clémence.
– Je répondrais à l’injustice par la justice. 

Le ciel alternait éclaircies brûlantes et bruine glacée. Muscles tendus et pores suintant, les hommes dressaient le campement. Les femmes aussi, y’a pas d’raison. Sous la gigantesque tente, les mains câleuses des uns, des unes et des autres s’activaient sans relâche. Bientôt, tendu entre deux mâts pointant les cieux d’un air accusateur, l’étendard claquerait au vent, annonçant au monde mortifié que le temps est venu de redresser la tête dans la tempête et d’écraser les trônes de la Terre sous nos sandales de cuir : les comités de chômeurs et précaires en colère sont de retour à la Fête de l’Humanité !

Blessée souvent, moribonde parfois, exsangue toujours, l’Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et précaires) n’en prépare pas moins les agapes fortificatrices au cours desquelles nous échangeront, dans le fracas des mojitos qui s’entrechoquent, la chaleur humaine nécessaire à affronter la rigueur de l’hiver capitaliste.

Que vous soyez gueux, cul-de-jattes, moches, bossus, nains, obèses, gringalets ou abonnés à ChériBibi, viendez nous aider à flanquer par terre la sinistrose, lui éclater les genoux et lui broyer les coudes ces 9, 10 & 11 septembre, avenue Olympe de Gouges ! Et si vous êtes vraiment très gueux, venez dès le mercredi / jeudi au montage, ça devrait vous éviter de raquer l’entrée*. Cette année, vu le nombre de poulets prévus aux abords, l’escalade des grilles ne sera plus une bonne idée (d’ailleurs, en raison d’une double fouille à l’entrée, état d’urgences électorales oblige, soyez gentils d’aller sauter ailleurs).

Pour en revenir à notre campement de barbares aux minima sociaux, y’aura le quota de chants gutturaux et de rythmes tribaux afin de danser avant la bataille, à savoir Roots Of Dar Gnawa (gnawa), Echo Doppler (électro-dub) et le Chéribibeat Sound-System le vendredi dès 20h ; En Première Ligne (hip-hop), Le Pélican Frisé (ska rock), Les Moonshiners (rock des bas-fonds) et encore le Chéribibeat Sound le samedi dès 19h… Sans oublier un conseil de guerre sociale ce même samedi à 15h sur le thème « Chômage et loi travail, pas de code du travail sans droits pour les chômeurs ! »

Bref, de quoi s’aiguiser le coutelas entre les dents pourries en prévision d’un futur qui ne le sera pas moins…

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* On a aussi des vignettes à vendre, 25 € au lieu de 35 € -pour les trois jours. Contactez-nous avant vendredi par mail : contact (@) cheribibi (.) net et on vous communiquera un n° à appeler par SMS (ça a l’air tortueux comme ça, mais c’est pour déjouer la CIA).

Nu debout Publié le 2 juillet 2016, par CheriBibi

« L’impossible est juste un gros mot prononcé par des petits hommes qui trouvent plus facile de vivre avec le monde qu’ils ont reçu plutôt que d’explorer le pouvoir qu’ils ont de le changer. L’impossible est temporaire. L’impossible n’est rien du tout. » – Muhammad Ali

La haine. La haine qui ronge face à l’injustice. Toujours les mêmes qui s’empiffrent, toujours les mêmes qui encaissent.
Bon, y’en a marre de répéter de sempiternelles évidences invisibles/inaudibles, c’est épuisant. Tiens, allez donc (re)voir la vidéo postée ici-même et datant d’il y a presque dix piges (entre autres à 5 mn pour ce que je vais répéter ci-après).
Bref, pour la refaire : dans une manif, les flics chargent, les manifestants refluent. Les flics s’arrêtent. Les manifestants improvisent une barricade, balancent ce qu’ils ont sous la main, etc. Les flics rechargent, les gens reculent. Les flics s’arrêtent. Le peuple jette les scories de sa colère, et bis repetita.
Qui donne le rythme ?
La police.
Le pouvoir.
L’oppression.

C’est une image bien sûr. Reste que passer à l’offensive, c’est ne pas attendre d’être dans la réaction face aux attaques contre nos droits, nos acquis sociaux (gagnés de haute lutte par nos aînés, gloire à eux). Passer à l’offensive, c’est ne pas attendre une « loi travail » pour descendre dans la rue, se réunir, se solidariser. Se retrouver.
Ici en France comme en Grèce, au Québec, en Bretagne et partout ailleurs.
C’est ne pas attendre l’attaque pour se défendre. Parce que la meilleur défense –désolé messieurs les réformisto-pacifistes–, c’est justement l’attaque. L’attaque contre ceux qui, de toute façon, veulent notre bien et sont prêt à tout pour l’avoir.

Quand un jeune antifasciste attaque un jeune fasciste dans la rue ; quand des femmes attaquent un individu identifié comme un agresseur, un harceleur… c’est de l’autodéfense. Idem quand des manifestants attaquent des panneaux publicitaires ou quand des précaires prennent d’assaut le Medef. Attaquer un fasciste, un exploiteur, un oppresseur, c’est toujours de l’autodéfense. De la légitime défense. Et légitimité ne rime pas toujours avec légalité, loin de là. Alors on s’en fout de savoir qui a frappé le premier, messieurs les jurés.

Mais voilà, on attend perpétuellement de se prendre des coups, de se faire humilier, brimer. Peut-être, seulement là, parfois, au bout de quelques drames singuliers (et hélas si prévisibles), on osera montrer les crocs. En s’excusant presque au passage.
Et encore, la plupart du temps, on retourne cette haine contre nous-même. Suicide, dépression, « burn out »… Accepter rime avec renoncer.

« La violence » est tabou, mais contre qui s’exerce-t-elle tous les jours ? Réapproprions-nous l’offensive : sociale, culturelle, voire physique. Hommes, femmes, prolos, petits employés, chômeurs, exploités, sans droits ni titres, n’attendons pas d’être attaqués pour réagir. Nous savons ce que le sort nous réserve, prenons les devants. Attaquons quand l’ennemi est endormi, méprisons la paix sociale, bouffons du bourgeois à tous les repas.

Voilà ce que j’avais à dire aujourd’hui. Rien à perdre, tout à gagner. Mieux vaut crever à poil qu’à genoux.
Et si vous avez l’impression de lire un vieux tract de communards kamikazes, c’est peut-être qu’ils avaient raison. Marre d’attendre de se prendre des coups pour les rendre. Marre de perdre son énergie à reculer le moins possible au lieu de la dépenser à avancer.

À nous de donner le rythme, à nous d’imposer nos besoins et désirs. À nous de transformer la résistance en existence. À nous de décider de nos vies.

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Hop, histoire de décompresser (avec cinq fruits et légumes par jour, tout rentre dans l’ordre), un petit « poème » qui servait d’édito au ChériBibi n°14, en 2004. Car rien n’a encore changé, on marche encore sous la pluie, on marche même toute la nuit…

La complainte de l’homme de boue

Les gens bien élevés
Jamais ne mettent les mains dans la boue
À peine y mettent-ils les pieds
Je suis de boue
Et vous me regardez de haut
Je suis de boue devant vous
Et de peur que je n’vous mange
Vous ne faîtes qu’ouvrir la bouche
De dégoût que je n’vous touche
Me conseillant poliment
De rester dans la fange
Or du fond de mon auge
Je vous jauge
Je vous juge
Oui mes cochons ce s’rait trop bon
De n’vous offrir qu’une purge
Oui mes cochons,
Vous transformer en jambon ça urge.

 

Et puis merde, si, comme tout un chacun, vous aimez la police justice, lisez et relisez l’ChériBibi n°9…

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Pour un service public au service du peuple ! Publié le 8 mars 2016, par CheriBibi

« Si la culture est une arme, nous entendons bien en être la gâchette. »

Voilà comment se concluait, il y a bientôt 10 piges, l’édito du ChériBibi N°1, nouvelle formule (secrète) !

Aujourd’hui, 25 années terriennes après notre premier n°0, on ne peut que s’autoflageller devant le paradoxe qui veut qu’une grande gueule comme nozigue soit toujours à la ramasse question autopromo…
Foin des habituelles digressions agressives dont ce Chéribiblog habitue ses lignes (politiques), il s’agit par conséquent et présentement de rattraper un certain retard afin d’annoncer qu’en dépit des conjonctures de merde qui nous assiègent (grève générale !), ta revue de culture copulaire préférée dresse un sacré pataquès face à la sinistrose :

Ce mois de mars, « la semaine du reggae », coorganisée par le service public municipal de notre banlieue rouge et celui fourni par ton ChériBibi, prône la joie de vivre envers et contre tout, à Ivry sur Seine donc, patrie de la coolitude révolutionnaire (je reviens juste d’un résoi à la mairie en soutien aux combattantes kurdes et c’était plus qu’engageant ! Vive les femmes avec des lance-roquettes !).

Mise en page 1
Déjà, du 8 au 25 mars, à la médiathèque d’Ivry, y’a une expo michto de quelques pochettes de skeuds reggae, sélectionnées avec amour toujours, histoire de zieuter l’intense créativité graphique servant d’écrin aux vibes que l’on aime…
Ensuite, mardi 15 mars à 19h tapante, à l’auditorium Antonin Artaud (vive lui !) de la-dite médiathèque, ton bibi chéri pousse le son et la tchatche avec une « conférence en vinyles » sur les origines et les thématiques de la zik jamaïcaine.
Enfin, le samedi 19 mars, à 17h, toujours à l’auditorium et toujours gratos, les fabuleux Ackee & Saltfish feront la démonstration de la suprématie des rythmes caribéens à la sauce bordelaise !
Puis, au Hangar, petit écrin ivryen pour musicophages, et pour une somme modique (8 ou 10 €), les mêmes feront, à 20h, la première partie de l’époustiflant Alpheus, anglo-jamaïcain vétéran du mythique Studio One, en exclusivité par chez nous, accompagné d’un Moon Band avec cuivres et choristes, fe real !
Tu loupe ça, tu loupe tout (M° Mairie d’Ivry ma gueule !). 
le journal médiatheque mai-juin.qxd

Et pour les ceusses à qui mon article sur les suffragettes qui font du jujitsu (dans Le Monde Diplo de février) n’a pas suffit à faire patienter avant le prochain ChériBibi n°10, chopez donc le CQFD du mois de mars, j’y aborde le triste héritage cancéreux des essais nucléaires français sur une grande double page anti-radiations (de Pôle Emploi).
Hop, hop, hop !

Ah, question subsidiaire : quel est l’un des points communs entre Archie Shepp, Mike Tyson, Stiff Little Fingers, John King, Rhoda Dakar et l’étrange créature du Lac Noir ?

Ils sont au menu du ChériBibi n°10… Alors arrête de chialer, balance ton pavé et précommande-le dans la foulée !

Extrait expo médiathèque

Te souviens-tu de l’avenir ? Publié le 13 février 2016, par CheriBibi

« L’avaleur de couleuvres n’attend pas le nombre des années. »

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Il y en a des qui débarquent ici (sur ce bibiblog) par hasard, au gré d’une pérégination virtuelle, et il y en a (peut-être) d’autres qui veulent juste prendre des nouvelles de la seule revue/fanzine qu’en a rien à foutre de communiquer, de faire sa retape, sa pub.
Finalement, n’est-ce pas faire acte de résistance que d’être absent des « réseaux sociaux », de ne pas vouloir se vendre à coup d’alertes internet ? Force est de constater qu’on a beau faire, on a beau dire, rien ne change –ou si peu.

Nous avons rêvés d’un futur super cool, fait de calins et d’inventions. Mais, la faute sans doute au fait de revendiquer une « fatalitas » chéribibine (merci Gaston Leroux), on eu beau en faire plus que n’importe qui, c’est n’importe qui qui a emporté le bonheur souhaité. Le courage ne fait pas recette, l’injustice domine. Rien ne sert-il de courir contre ceux qui n’ont fait qu’arriver à point ?
Au sein d’une société consommable, comment espérer défendre l’aventure ?

Cette année, bel anniversaire (on n’en oublie aucun, tant qu’à faire), ton ChériBibi a 25 piges. Une belle jambe dans le plâtre, les rêves de liberté se payant avec le sang, comme dit la chanson (là faut écouter de la oi ! sinon t’es largué).

Bref, comme tout un chacun, on donne le change. L’espoir comme placebo au suicide… ça va, on a assez perdu d’amis comme ça. Parce qu’on en a imaginé des futurs, des avenirs dorés pour tous et toutes. On se bat même pour ça, avec pertes et fracas, sans rien lâcher, même quand tout semble condamné.

Et hop, histoire de continuer à faire « bonne figure » pour le plaisir optimiste de se dire qu’un peu de bon son pourrait juste rêgler la question, le Chéribibeat Sound-system sera à Dijon aujourd’hui même, ce samedi 13 février, pour te faire danser à la librairie associative Black Market, 59 rue Berbisey, de 18h à 22h. Viendez s’il te plait, tu vas kiffer !

Par la suite, on tiendra une table de presse dans un squat sympa le samedi 20 février, parce qu’on aime le punk et les squats, d’abord !

Flyer concert du 20 février 2016

Et si t’attends avec impatience ton prochain ChériBibi (le dernier est toujours dispo près de chez toi, même si t’habite trop loin d’icitte, cf notre pages des dealers), sache que tu peux combler momentanément le manque en chopant le n° de février du Monde Diplomatique, même traduit en allemand !

Enfin, en attendant un mois de mars fort rempli (dont on recausera ici-même pas plus tard que bientôt, réserve ton samedi 19 mars), y’a aussi le dernier opus, recueil d’aphorismes en force, de l’ami tatoué Pascal Tourain oùske j’ai commis quelques illustrations.

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On se laisse (pour cette fois) avec un petit souvenir de 2004, le concert des Bérurier Noir sur les plaines d’Abraham à Québec, parce que salut à toi (faut écouter jusqu’au bout, hein, et si t’aperçois un razibus torse-poil en bretelles, t’en fais pas, souviens-toi, ce n’est que ton chéri, bibi).

L’avenir ne s’oublie pas.

 

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Attentionnés, ensemble. Publié le 3 décembre 2015, par CheriBibi

« La sécurité, c’est la première des libertés, c’est pour cette raison que d’autres libertés peuvent être temporairement limitées. (…) L’état d’urgence est une réponse de court terme. Nous le modernisons mais cela doit s’inscrire dans une politique à long terme. » – Manuel Valls.

Il parle bien hein ? Il est content, il peut sortir tous ses Playmobil bleus avec marqué « Police » dessus. C’est Noël. Et nous on a les boules.
Remarque, c’est pas l’seul à vouloir faire joujou dans la panique générale. Y’a du monde au buffet pour surfer sur la vague d’attentats. Salafisme-tomates-oignons à toutes les sauces tricolores. Avec des frites, ça implique les Belges.

Pas loin d’ma casbah, ils ont débarqués surarmés –les Playmobil assermentés, pas les Belges– dans un squat de mes amis (de méchants anarchotonomes qui préparent des repas et des séances de ciné à partager), enfonçant des portes ouvertes au sens littéral du terme (t’as pas besoin de passer à travers, c’est ouvert banane !), fouillant le lieu de vie avec pertes et fracas, puis emportant avec eux, jusqu’au centre de rétention, un méchant citoyen américain sans papiers.
Ailleurs sur le territoire, d’autres méchants anarchotonomes pourtant trop sensibles pour ne serait-ce que scier un arbre (alors aller en Syrie, pensez…) sont également perquisitionnés et assignés à résidence sans dessert, obligés de pointer trois fois par jour aux pieds du commissaire.
Partout, de méchants anarchotonomes menacent les chemises immaculées de l’ordre social. En plus des sinistres fachos à la Daesh qui –encore heureux– gardent la priorité des limiers policiers soi-disant débordés. Donc il faut plus de flics. Toujours plus de flics. Tout le monde flic.
Et pendant ce temps-là, les suppôts de Jeanne d’Arc attendent des voix.
Après tout, « La sécurité, première des libertés », vieille formule de droite, fut également un slogan du FN (sur une affiche de 1992 où Jean-Marie montre les crocs avec la petite Marion sous le bras). Le recyclage est à la mode, c’est la COP21.

Sauf que la sécurité, c’est pas un flic à chaque porte sous prétexte qu’il y a effectivement un terreau de tarés fanatisés en liberté. La sécurité, c’est déjà d’avoir une porte à laquelle ne frappent pas les huissiers ; un toit sur la tête quand il caille, il pleut, il fait beau ; de savoir que ses mômes vont pouvoir bouffer à leur faim ; qu’on va pouvoir se soigner, se cultiver, s’aérer la tête, la sortir de l’eau trouble du ruisseau.

Après les attentats d’Oslo commis par un facho se réclamant de la chrétienté (tiens, personne n’a alors exigé des chrétiens qu’ils s’en désolidarisent…), le premier ministre norvégien Jens Stoltenberg avait déclaré « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance. ». Je ne sais s’il a fait suivre ses paroles par des actes adéquats, mais ça sonnait quand même à l’opposé du langage martial de par chez nous. Ici, c’est « liberté, égalité, vos papiers ! » et surtout « Consommez, dépensez, vivez. », selon l’injonction de Manuel Valls –encore lui– qui interdit donc les rassemblements intempestifs hors grands magasins et marchés de Noël.
Bernard Arnault (le patron d’LVMH et affiliés) se frotte les pognes, lui qui gagne 17 636 € par… minute. 1 058 160 € par heure. 294 € par seconde. Jour et nuit. Rien qu’avec ses actions. Sans rien branler quoi. Sinon jouer au poker avec la vie de ses employés. C’est pas violent aussi ça ? Sauf que c’est tellement « dans l’ordre des choses » qu’on ne le souligne pas, et qu’on le dénonce encore moins.
« C’est indécent, remarquait l’autre jour Florence, une copine au chômage. C’est presque un gros mot leur salaire à certaines personnes. »
Tu m’étonnes. Il est beau le modèle social soi-disant en péril. Il a de beaux jours devant lui, de lents demain où l’horizon bouché offre un boulevard aux plus abjectes télévangélistes pour y pêcher leurs ouailles, prêchant la haine du voisin en comparant les misères sans mentionner les profits qu’ils en tirent. Au siècle dernier, on appelait ça des profiteurs de guerre. Les petits soldats, eux, mordent à l’hameçon et répandent leurs viscères avant même de goûter aux appâts de ces messies dont la cause dépeuple. Le fascisme se porte comme un char Dassault et ne perd pas la main quand le capitalisme lui dit, tout fier, « Je suis ton père ! ».
Agitez les drapeaux, bien planqués devant la TV, le spectacle continue en 3D.

Oui, c’est l’état d’urgence. Il y a des tas d’urgences. Rien qu’en France, pauvre France, cher pays de nos souffrances, plus de 6,5 millions de personnes sont au chômage (toutes catégories, dont celles non retenues par les statistiques officielles) ; 570 personnes sans domicile sont mortes dans la rue l’année dernière ; les Restos du Cœur servent un million de repas ; toi-même tu boucles pas tes fins de mois. Et c’est bien l’épouvantail du chômage qui fait avaler la pilule de la précarité. L’intérêt des marchands de soupe n’est sûrement pas que ça change.
Alors ce samedi 5 décembre à partir de 14h, traversons Paris de Stalingrad à la place Clichy pour la 13e manifestation contre le chômage, la précarité et pour la justice sociale*.
C’est peut-être pas une petite manif de miséreux partageux qui fera vaciller l’adversité, mais au moins on se tiendra chauds au cœur, on affûtera notre solidarité en entremêlant nos courages, nos colères, nos désirs et notre dignité. On s’oubliera pas les uns les autres dans la rigueur du sale temps ambiant.

Ce qu’il manque, c’est pas des flics sur le palier ni des drapeaux aux fenêtres mais de l’égalité et de la fraternité. Vraiment.

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Ah, petite précision pour celles et ceux qui, c’est légitime, craindraient de contrevenir au couvre-feux policier en se regroupant samedi prochain (un coup de matraque assorti d’un procès est si vite arrivé) : notre manifestation est officiellement autorisée depuis mardi dernier. Faut dire, les 180 chefs d’État étant rentrés dans leurs républiques bananières respectives avec leur moisson d’autocongratulations, les ours polaires et autres prolétaires asphyxiés peuvent continuer à se réchauffer.
Tiens, j’ai bricolé pour l’occase une petite variation au « mot d’ordre » de l’année… Fait tourner.

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* On amènera même de la musique et notre nouvelle banderole toute fraîche, peinte avec du bon reggae dans les oreilles. C’est de circonstance (le reggae et la banderole).

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ET HOP ! Publié le 6 novembre 2015, par CheriBibi

ND Toulouse

Aujourd’hui Toulouse, demain Monaco ?

La bannière de promotion de la sortie du Chéribibi n°9

Chéribibeat

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