Actus Chéribibesques

Interlude interlope Publié le 23 janvier 2015, par CheriBibi

« La digestion c’est comme l’amour, ça commence dans la bouche et ça finit dans le cul. »

Il y aurait beaucoup à dire depuis que l’émotion de ce mois de janvier est retombée, plombée comme une chape sur un toit brûlant. Et beaucoup de choses sont dites. Un bon paquet de conneries même. Le triomphe de la pensée binaire : être ou ne pas être… Charlie. Pas de place pour la nuance (fusse-t-elle tout sauf consensuelle), ça m’apprendra à réagir à chaud, le texte précédent ayant été repris souvent et compris rarement. Du moins c’est mon sentiment. Baste, on y reviendra (ou pas) si les défenseurs de la liberté d’exprimer l’opinion du gouvernement nous en laissent le temps. Parce qu’avec la cavalerie de sortie, l’armée des résistants de la dernière heure désignant, tondeuse en main, celles et ceux qui cogitent à rebrousse-poil, il y a de quoi se sentir interpellé… avant de l’être au premier degré.

Aussi, histoire de souffler sans perdre le nord, mes potes et moi on s’exile à Lille pour le week-end. Y’a le Diablo, recommandable bouge qui bouge, qu’a confié au ChériBibi le menu de son premier anniversaire ! D’où l’affiche ci-dessous pour amateurs de gravure sur bois (toujours) debout. En plus c’est gratos et y’aura pas de périmètre de sécurité. Rock’n’roll !

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CHARLIE AKBAR ! Publié le 9 janvier 2015, par CheriBibi

Qui a peur d’un dessinateur ? Tu le mets dans un coin avec des feuilles et un feutre, il s’amuse pendant des heures sans que n’lui vienne l’idée de te taxer ton goûter. Alors même si les caricaturistes salafistes ont l’air assez rares, faut vraiment être un foutu lâche fini à la pisse doublé d’un abruti hors catégories pour répliquer au papier par l’acier. Le ridicule tue. Et son frangin suit. Salopards.

Puis franchement, évoquer un prétexte religieux pour massacrer le monde, c’est d’un commun… Y’a qu’à ouvrir un livre d’histoire, un atlas géopolitique ou n’importe quel journal à la con pour voir que toutes les confessions le font ou l’ont déjà fait. Du moins certains individus et/ou gouvernements se revendiquant de telle ou telle marque de prophète, messie ou godiche qui trust. Résultat des courses-poursuites, la publicité comparative du panel de foi grave se transforme en « choc des civilisations » par la magie d’analystes constipés et/ou intéressés. Sans compter les nombreux confrères des humoristes assassinés qui ne trouvent rien de mieux que de dessiner nos regrettés indélébiles athées dans les nuages d’un paradis bien catho… Même pas encore enterrés qu’ils ont déjà de quoi se retourner dans leur tombe !
Ouais, si l’émotion ne prenait pas autant à la gorge, il y aurait peut-être beaucoup plus à dire sur le traitement politico-médiatique en cours que sur l’implacable imbécilité fasciste de cette boucherie loin d’être halal (contrairement à ce que les assassins eux-mêmes semblent croire et vouloir faire croire). Le premier prix revient sans trop de surprise au culot innommable de la pitoyable Lepen proclamant son étron national « seul mouvement politique qui n’a aucune responsabilité dans la situation actuelle » (sic)… Mais beaucoup d’autres ne sont pas en reste d’hypocrisie et les louanges revêtent souvent des accents forcés d’amnésie.*

Pour ma part, tout en adressant à la rédaction et aux proches nos sincères condoléances et notre soutien au nom de la modeste revue qui est la nôtre, je ne passerais pas la brosse à reluire « post-mortem » à Charlie Hebdo. Si la même horreur était arrivée à un autre journal beaucoup plus à droite, il est fort probable que j’eusse pareillement pris le métro illico pour affirmer, place de l’Opéra, « Je suis Figaro ». Même si ça n’aurait probablement pas fait aussi mal au cœur (du moins pas complètement dans le même sens)…
La nouvelle m’a sonné –comme toi sans doute–, la glotte s’est nouée (elle l’est restée), les larmes sont montées… Mais était-ce dû au nombre de morts (on nous balance tellement de chiffres effarants toute l’année que ça en devient abstrait) et à la proximité du crime ? À la symbolique de l’acte ? À l’identité présumée des coupables ou plutôt à celle, tellement familière, d’une partie des victimes ?
Comme beaucoup, j’ai grandi avec les dessins de Wolinski et Cabu (et Willem et Siné, vétérans toujours vivants !) puis acheté Charlie dès sa ressortie du cul de La Grosse Bertha en 92… jusqu’à ce qu’il me tombe progressivement des mains dans le ruisseau. La faute à Val, au récurrent mépris condescendant pour le populo, au soutien aux bombardements de l’Otan, au Oui à la Constitution européenne, aux évictions (Lefred Thouron, Siné…), à la promo d’une décroissance de mes deux. Mais pas que. Malgré de jouissives fulgurances, le fonds de commerce l’emportait de plus en plus sur la pertinence. D’où l’impression de relire la même chose indéfiniment, en moins bien, à l’instar du Beauf de Cabu dans Le Canard ou du Pif d’Arnal dans L’Huma. Et puis peut-être parce que justement je suis athée, l’obsession religieuse du journal m’emmerdait. Y’a davantage de curés enrobés, de rabbins à frisettes et de femmes en burka dans les pages de Charlie que dans ma vie, ma cité, mon quartier excentré… Des thèmes rabâchés et bien peu inspirés aboutissant à se faire traiter « d’islamogauchistes » par des journalistes censément « de notre côté » quand on osait souligner la systématique stigmatisation raciste subie par les musulmans français. Taper sur toutes les religions, toutes les sortes de cons, bien sûr, mais quand ça revient à sempiternellement enfoncer les mêmes faciès contrôlés, les mêmes « sous-citoyens » enfants d’immigrés aux droits déjà amplement bafoués, ça commence grave à puer (l’ex-collaborateur de Charlie, Olivier Cyran, l’expliquait très clairement en 2013 dans une lettre ouverte à Charb dont, hélas, des passages prennent aujourd’hui une connotation assez peu appropriée au drame).
Et puis merde, la religion est certes l’opium du peuple, mais l’immense majorité des croyants de toute obédience s’enfume la tête sans –trop– faire chier les fumeurs passifs. Quant aux accros qui se piquent d’être des cracks de l’héro intégriste, ils restent minoritaires… ce qui n’enlève dramatiquement rien à leur dangerosité lorsqu’ils en ont davantage dans le chargeur que dans le cerveau. On l’a notamment vu en 2011 à Oslo et, mercredi, dans les locaux de l’hebdo.

C’est dur à exprimer, putain d’merde, ce sentiment de déchirement et de néant soudain plus fort qu’on ne l’aurait imaginé (mais comment aurait-on pu l’imaginer en fait ?). Si Charlie avait mis la clef sous la porte pour X autres raisons, j’en aurais rien eu à cirer vu que ça fait longtemps que je retrouve ailleurs –notamment dans CQFD– ce que j’y cherchais auparavant (à part Willem). Mais là, de cette façon là, c’est juste pas possible, pas croyable et encore moins tolérable. Charlie Hebdo ne s’arrêtera pas par le crime !
D’autant moins que, soudain, les proprios de l’information française viennent de se rappeler où trouver plein de bon pognon public dont la presse indépendante –Charlie compris– n’a semble-t-il jusqu’ici jamais entrevu la couleur.
Reste que je me sentais pas « à l’aise » au rassemblement spontané place de la République (35 000 personnes selon l’AFP, 3000 selon Al-Qaida). L’impression diffuse d’être paumé dans une foule socialement monochrome. Amélie Poulain qu’a du chagrin. Pour le coup, j’aurais aimé y rencontrer des barbus qui ne soient pas hipsters. Comme chez moi quoi. Autant dire que je pense pas réussir à faire un bon client pour « l’union nationale ». Je peux rire de tout, mais pas avec tout le monde. Pareil quand je pleure.

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* À part le CAC 40 qui, en bondissant de 3,59% jeudi matin (ça a le mérite d’être très clair), montre que le Capital n’en a absolument rien à foutre de la liberté d’expression et se porte même mieux sans, merci : « L’attentat n’a pas eu lieu dans un aéroport ou dans le métro. Il ne remet pas en cause l’activité dans le secteur des transports et ne devrait pas créer dans l’opinion un choc pouvant pénaliser les ventes au détail, comme lors du 11 septembre », explique Christian Parisot, consultant chez Aurel BGC, selon Le Monde.fr

Rien qu’en traînant… Publié le 26 novembre 2014, par CheriBibi

« Vous savez, souvent, les choses qui doivent arriver, elles arrivent pas. »

T’as vu l’dernier ChériBibi ?
Moi non plus.
Y veut pas sortir, c’est comme ça.
Il s’accroche aux boyaux malgré les contractions. Et vu les contradictions du monde extérieur, la merde dans laquelle on se débat, on lui en veut même pas.

Pourtant il devrait finir par arriver, lui, au moins.

Pas comme tout ce (ceux/celles ?) qu’on attend en vain depuis bien plus longtemps, bien plus intensément. Un peu de justice, de répit, de raisons de se lever le matin pour autre chose que des pains. Voire un avenir radieux et un nouveau lecteur CD/K7/radio… J’dis ça j’dis rien. Du reste j’écoute quasi que des vinyles. C’est aussi pour ça que j’l’alimente pas bézef ce Chéribiblog censé meubler les laids délais entre deux n° en papier remâché : j’ai du mal avec le XXIe siècle et son cortège d’Internet, I-phone, I-pod, I-pad, I-tune, I-cademy des stars du web. Écrire des trucs censément profonds pour lecteurs-zappeurs déjà partis ailleurs au bout de la quatrième ligne en speed-dating, c’est un peu comme pisser dans un violon. Un violon. Tu sais, ce machin en bois qui crisse sa mère quand t’y frottes les doigts. Un genre de PS3 qui te fouterais pas un court-jus quand t’urines dessus. Tu vois pas ? Ah.

D’où qu’il s’agissait d’en venir, c’est qu’en attendant (ou pas) le prochain n°9, y’avait plein de machins réels qu’aurais-je dû annoncer dans cet ici-bas virtuel pour prouver qu’on a une vie sociable les 36 du mois. C’est à ça que ça sert Internet non ? T’es rayé du monde des vivants si tu laisses pas une grosse trace dans le fond des Google.
Mais voilà, je l’ai pas fait. La flemme de pixelliser nos activités pour les faire exister dans la virtualité et les léguer à la postérité des moteurs de recherches. Exit donc notre sound-system de vendredi dernier, notre présentation du documentaire Rocksteady de jeudi dernier, notre débat à la JIMI, notre passage bimestriel à Radio Libertaire, nos belles tables de presse à la soirée « Sale & Sauvage » et aux concerts des Members, des simili-Skatalites pis du boss Roy Ellis. Sûrement même j’en oublie. Tant pis.

Reste que si t’es toujours là à lire mes conneries, on peut passer aux choses sérieuses. De quoi patienter avant la révolution tout en la poussant au cul. Le ChériBibi on s’en fout, il sortira quand ça lui prendra. Toi et moi, en attendant, on sort dans la rue !

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C’est la douzième manif annuelle et hivernale contre le chômage qu’on organise. Faudrait pas que y’en ai une treizième, ça porte malheur. Alors on y vient nombreuses et nombreux, nos colères en étendard, parce que y’en a marre.
Marre d’être tricards dans un des pays les plus riches du monde. Marre de bouffer des nouilles en se bouffant les couilles devant des vitrines engorgées. Marre de retirer la main du panier devant la matraque du condé. Marre d’être accusés de frauder les restes par des politicards au patrimoine empâté. Marre d’être convoqués, radiés, exploités, dégraissés jusqu’à la peau de nos os. Marre tout court et c’est déjà trop.

Pis vu qu’on se sera un brin réchauffé à la lueur de notre fraternité du pavé, le Chéribibeat Sound-System enquille direct avec une « after » pleine de bonne humeur à St Ouen où, dès 18h30, on passera du good weggae music aux Mains d’Œuvres pour une « Skunk Party » qui sent bon… Même qu’entre nos passages de galettes, y’aura rien moins que des concerts de Rixe (oi ! parigote), Syndrome 81 (oi !-HC de Brest), RAS (qu’on ne présente plus, voir plus bas sur ce même blog) et les inqualifiables Hard Skin de London City !
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Un samedi 6 décembre bien rempli pour quitter ton écran total et reprendre des couleurs sur Paris !
Sur ce, on se laisse sur quelques sons et images du groupe qui a inspiré le titre de ce post, car sur l’écran il n’y a pas de reflet…

Prochaine bafouille pour l’accouchement du ChériBibi car malgré nos gueules de sinistrés, on y bosse quand même d’arrache-pied, faut pas abuser !
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Willkommen soon… Publié le 17 octobre 2014, par CheriBibi

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À bas la météo ! Publié le 3 septembre 2014, par CheriBibi

- On se plaint, mais y’a plus malheureux que nous.
- Oh mais ils se plaignent aussi, vous inquiétez pas.

À peine suis-je rentré de villégiature dans ma propriété des îles Caïman –après un petit crochet par Ibiza pour faire le DJ à l’anniv’ de Puff Daddy et par l’Asie du Sud-Est pour faire sauter sur mes genoux les petits pauvres des autres– que ma bonne en situation irrégulière me dérange au milieu d’une visioconférence avec Vladimir, François et Angela…
Dans ses petites mains tremblantes, le journal du jour. Je congédie mes interlocuteurs d’un tapotement de Montecristo et m’empare des pages d’encre fraîche tandis que, de sa bouche adolescente, la soubrette souffle la cendre tombée sur la soie de mon bas de pyjama.
À côté des faits divers palestino-kurdes, un article virulent dénonce :
« Le manque de vitamine D évoqué par les vacanciers mécontents cache parfois une simple résistance à l’échéance inéluctable du retour au travail. »*
Purée, ça c’est de l’analyse politique !
« Le principal inconvénient du manque de soleil (pendant cet été 2014) est la dépression qu’il engendre. »*
Enfin, oui, enfin, voilà des journalistes courageux qui osent aborder les vraies raisons du délitement social ! Le manque de soleil pendant ces putains de congés payés hérités des voyous communistes du Front Populaire !
Si toi, minable travailleur, tu es déprimé à la rentrée, que tu prépares grèves et manifestations qui prendront en otage les usagers de l’air conditionné, c’est uniquement la faute à la météo ! Et si tu te suicides au bureau ou dans un coin de l’entrepôt, c’est par manque de vitamine D.
Par contre, si tu demandes un arrêt-maladie, nous ne serons pas dupes de ce grossier subterfuge destiné à retarder « l’échéance inéluctable du retour au travail ».
Tu sais pas lire ? Inéluctable qu’elle est l’échéance. Tu vas pointer, que tu le veuilles ou non (et toi le chômeur de longue durée, n’en profite pas pour espérer, c’est pas de ta tronche de loser qu’on cause. Y’a plus de boulot, fini, niet, zobi, du balais). Et si ta déprime persiste, que les huissiers frappent à ta porte la veille de la trève hivernale, que ton banquier bloque compte et chéquier, ces pertinents journalistes te donnent la solution : « Marchez ! C’est bon contre la petite déprime de la rentrée. »* C’est ça, marche ou crève.

De toute façon, la conclusion de l’article est aussi claire qu’un slogan électoral : « Le beau temps, c’est maintenant ! »*
Ah, ça, c’est bien vrai. Tiens, d’ailleurs voilà Manuel qui m’apporte mes pantoufles fraîchement cirées et me présente vite fait son nouveau ministre des finances dont je n’aurais de toute façon pas le temps de retenir le nom avant qu’il se retrouve à la circulation. Je leur jette mon mégôt de cigare à sucer puis marche jusqu’à la véranda ensoleillée. Il paraît que ça fait un bien fou.

* Le Parisien du vendredi 29 août 2014.

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Météo nationale, météo du Capital…

Les conneries, ça va 5mn, mais là c’est la rentrée des classes, et y’a du lourd au programme !
Déjà, le jeudi 11 septembre, l’ChériBibi est invité sur Radio Libertaire (89.4) de 20h30 à 22h dans l’émission Entre Chien et Loup pour passer du bon son qui roll over Beethoven !
Et puis évidemment, le week-end du 12, 13 & 14 septembre, le Chéribibeat Sound-System prendra ses quartiers à la Fête de l’Humanité, au stand des comités de chômistes de l’Apeis comme chaque année (on est chez nous), et n’en bougera pas d’un pouce parce que Scorpion sur la grande scène, ça va attirer plein de dangereux loulous chevelus pire qu’au Hellfest.
Bordel, quand même, inviter Scorpion en 2014… quel courage politique !

Bref, on est déjà au week-end suivant, les 20 & 21 septembre, et là c’est la 4e édition de not’ festival de littératures & luttes sociales En Première Ligne ! On est pas à Ivry pour rien quoi merde !

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Tu cliques sur les mots en rouge plus haut pis t’as tout le menu gastronomique de ouf qui s’affiche… mais permettons-nous un petit focus sur quelques trucs qu’on n’est pas peu fiers de programmer/animer/projeter.

Samedi 20 septembre de 14h à 15h, rencontre avec John King (animé par le camarade Philippe de l’Apeis et bibi), l’auteur de Football Factory, La Meute, Aux Couleurs de l’Angleterre, Human Punk, Skinheads et White Trash qui paraît ces jours-ci en français ! Un écrivain à part dans la littérature anglaise, qui choisit après les terribles années Thatcher et la défaite du mouvement ouvrier britannique de redonner la parole au peuple dans le sillage des « Angry young men », ces « jeunes gars en colère » qui chahutèrent le royaume des lettres britanniques dans les années 50. Il décide de raconter des histoires populaires loin du spectacle. Skins, punks ou hooligans ; fringues, musique, pub, football, baston, tout ça mais pas que…

À 15h30, on projette Meantime, un téléfilm vachement anglais de Mike Leigh (1984) porté par le jeu impeccable des jeunes Tim Roth, Gary Oldman, Phil « Quadrophenia » Daniels et Alfred « Dr Octopus » Molinas. Plongée dans le quotidien d’une famille prolo fracassée sur fond de thatcherisme effréné, et des fois même on rigole. Un parfait complément à la rencontre avec John King !

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Le dimanche 21 septembre, y’a -entre autres- une rencontre de 11h à 12h30 sur le rap avec Karim Hammou, EJM (Vitry old school mec !) et Karim Madani : L’année dernière en 2013, on fêtait les 30 bougies de la Marche pour l’Égalité. 1983, c’était également la première apparition en France d’une culture débarquée des States et qui allait elle aussi bouleverser les codes et permettre la libération d’une parole jusque là confisquée : le hip-hop. Y-a-t-il un lien entre ces deux anniversaires ? Quelle place occupe le rap dans les mouvements culturels et/ou politiques issus des quartiers populaires ?

De 13h30 à 14h30, Égalité marginale – Rencontre avec Thierry Pelletier (animée par bibi aussi) autour de son recueil de nouvelles La Petite maison dans la zermi (publié chez Libertalia comme tu sais déjà) : Fruits de séjours dans le « social » -de centres pour toxicos en centrales pour taulards-, ses récits contondants racontent des vies à la dérive qui méritent mieux qu’un numéro de dossier : pas de commisération, du respect.

Toujours ce dimanche, à 15h30, on projette The Intruder (1962), film maudit mais ô combien précurseur de l’inénarrable Roger Corman, réalisé dans une Amérique où l’égalité n’est pas d’actualité : on y suit la trajectoire d’un sale type venu attiser les braises du racisme dans une bourgade du sud des États-Unis. Même que le sale type c’est… Dieudonné ? Soral ? Non (on veut pas faire gerber la salle non-plus, c’est pas toi qui nettoie) : le futur capitaine Kirk, William Shatner ! Ce qui est cocasse quand on sait que c’est quelques années plus tard dans un épisode de la très progressiste série Star Trek qu’eu lieu le vilipendé premier baiser filmé entre un blanc et une noire (Kirk et Uhura)…

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Et comme le Thierry est invité à jacter de ses bouquins ce dimanche 21, les Moonshiners sortiront guitare et contrebasse vers 16h30 au milieu des gens. Chouette !
Formés quelque part autour de Thierry « Cochran » Pelletier et au fond d’un bistro il y a environ 30 piges, les Moonshiners c’est du rockabilly qui passe sans gêne des Chats Sauvages à Bernard Dimey, des Paragons à Aristide Bruant. Terriblement bien foutraque !

En plus y’aura de la vitamine D, t’attends quoi ???

 

« Tout le monde a envie d’avoir un passé. D’avoir été un jeune homme un peu rebelle, avant de se ranger et de devenir un citoyen correct et mortellement ennuyeux. Quelle foutaise. Parles-en à des mecs comme ça, ils n’ont jamais rien fait. Simplement, ils aiment bien l’idée. Les types, les gonzesses. Tous pareils. Des branleurs, tous. (…) Soit tu laisses la vie quotidienne te transformer en abruti bavant devant ton jeu vidéo, soit tu ouvres la porte et tu y vas, en première ligne. »
John King, Football Factory.

 

Post-scriptum : Allez, j’peux bien vous l’avouer, en fait j’ai passé une petite partie de l’été à faire le zouave avec les camarluches de la Coordination des Intermittents et Précaires de Gironde. On a agité joyeusement le festival Reggae Sun Ska, c’était très sympa (l’agitation surtout. Faites donc un tour sur le site de la CIP). Y’a eu notamment une super tchatche de l’ami Mr. T avant le concert de Madness (cf photo et vidéo ci-dessous) devant un parterre de sarhouels défoncés et j’ai donné une petite « musiconférence » sur le thème Reggae & luttes sociales qui n’a même pas réussi à endormir –ni à réveiller d’ailleurs- la foule des consommateurs de musique rebelle.

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C’est quand même marrant ces gros festivals, on dirait une micro-société : y’a les prolos qui bossent en coulisses et savent être solidaires quand il faut ; les dirigeants qui sourient en backstage mais serrent les dents quand tu revendiques trop fort et les badauds qui badent entre la buvette et le camping (« Eh, t’as pas d’la keta ? » « Oh, j’ai une tronche de cheval ? »). L’année prochaine, je viens avec un pack de sociologues, d’ethnologues, d’anthropologues et peut-être même de paléontologues, je lâche leur laisse et j’analyse ce qu’ils rapportent…

FAQ c’est ça qu’est ça Publié le 1 juillet 2014, par CheriBibi

« Ça n’existe pas l’espoir, y’a juste le travail. »

C’est ce que m’a sorti le poto Fernando à l’issue d’un match Portugal-Ghana ponctué par une discussion de bistrot sur la Révolution des Oeillets, l’Angola et le MPLA, le tout arrosé de Vino Verde, t’as vu ça ? D’où que je vais pas trop la ramener ici-bas, même si j’t’avais préparé un texte extra (lucide) plein de réflexions existentialistes titillant la zone rouge où s’entremèlent pessimisme et optimisme (et n’ayant du reste rien à voir avec des pronostics footbalistiques de saison). Bref, je me suis réveillé diz morninge avec un 4.0 au compteur kilométrique et une liquette toute neuve donnant à mon corps sain une classe que ton amant de voisin espère atteindre en vain. Ce serait con de pas en profiter pour s’la raconter !
Foin de tergiversations, à chaque jour son échelon, la moquette est dure mais ton gazon sent bon.
D’où (bis repetita) l’idée de profiter des mises à jour dues au temps qui passe sur les flots de nos années gâchées en branlettes surannées (si tu comprend cette phrase, t’es plus balaize que moi) pour répondre à maintes questions souvent posées portant sur l’identité di zine dont que tu visites actuellement le pendant internautique : « Fréquent Askoued Quouestionnes » et réponses tout sauf monotones, publiées à l’origine dans le zine québecois L’Attaque !, sérigraphié par les p’tits gars qui n’en veulent de la coop’ montréalaise Coup d’Griffe distribuant à présent eul’ ChériBibi au pays de nos amours gelés.
En résumé, v’là la retranscription autorisée d’une interview faite début 2014 pour le n°7 de L’Attaque !. Ce qui, à mon avis -humble malgré une chemise qui déchire-, répond d’un jet (et partiellement en joual québécois, désolé pour les non-bilingues, fallait kiffer Les Bougons) à quelques interrogations récurrentes concernant le zine-qui-frime-mais-ne-sort-jamais dont que vous êtes sur le blog. C’est ça qu’est ça.
De mon côté (by my Atlantic side), me remet-je au travail (bring back to work together)…

Comment débuta Chéribibi en 1991 ? Format, équipe, tirage ?

Bonjour, je m’appelle Daniel et je vais répondre à vos questions au nom de l’équipe du ChériBibi en mes qualités de fondateur et responsable du contenu. J’en ai d’autres –de qualités– mais elles sont présentement hors sujet (quoiqu’éminemment sympathiques).
ChériBibi naquit donc en 1991 mais sous un autre nom : Cadavre Exquis. C’était un petit fanzine photocopié (à une cinquantaine d’exemplaires) dessiné à la main, tapé à la machine et maquetté à l’exacto, de format A5, ce qui est la moitié du format standard européen A4 (21 X 29,7 cm, je vous laisse convertir en pouces, n’étant doué qu’avec les autres doigts). Nous étions initialement deux aux commandes : Stephen (qui quitta l’aventure au n°3 et a fini prof d’arts plastiques à Montréal) et moi. On avait dans les 17 ans, on se faisait chier en cours et on était dévoré par l’envie de connaître l’orgasme en faisant notre propre presse nous-mêmes. Le zine né de nos premiers émois changea de format de nombreuses fois ainsi que de nom en 1994 pour s’appeler Wachbeuk. Après un congé forcé de quelques années, il renaquit en 1998 au n°7 ½ sous le nom de ChériBibi, animé alors par le chum Fano et toujours moi-même. Enfin, en 2007, après un dernier n°15 sorti l’année précédente et tiré à 1200 exemplaires, nous avons lancé le n°1 de la nouvelle formule secrète autour de Lionel « Don Blades » et encore moi-même. Voilà. C’est la version courte de l’histoire, la version longue déborderait l’espace alloué et prendrait des airs d’autobiographie inappropriée. De toute façon, le principal n’est ni le nom ni le tirage ni le format ni la numérotation, mais bien d’avoir du fun à faire vivre une presse alternative « do it ourself » loin, bien loin, des standards de Québecor et consorts.

Combien de fanzine avez-vous fait avant d’arriver à faire Chéribibi ?

Personnellement, j’avais fait un premier « petit journal » en 1984 à l’âge vénérable de 9 ans parce que j’avais toujours été fasciné autant que frustré par la presse en papier. Par la suite, outre plusieurs collaborations à divers journaux et fanzines (dont le mensuel Unity Rockers en 1997-98 qui m’a redonné goût à la presse alternative), je me suis occupé pendant 7 ans d’Existence !, journal de l’association de chômeurs et précaires en colère APEIS dont suis-je un des activistes (www.apeis.org). Tout cela a évidemment nourri le ChériBibi et participé à faire ce qu’il est aujourd’hui et ce qu’il sera après-demain… car demain j’ai autre chose à faire hélas (il faut bien remplir le frigo !).
Parmi les autres participants, certains ont animé ou animent toujours des fanzines, principalement autour du punk et/ou de la BD, du ciné, etc (Earquake, Meantime, Kontagion, East Side Stories, Une Vie Pour Rien ?, Kroniks et j’en oublie).

Comment est Chéribibi en 2014 ?

Il est beau, curieux, éclectique, déterminé… et pas encore paru (le dernier n°8 datant de mai 2013). Il fait 92 pages dont 26 en couleur en comptant la couverture, tire à 3000 exemplaires et est vendu au prix hallucinant de 5 euros ! Plus prosaïquement, il s’articule autour de Blades (pour tout ce qui est diffusion) et moi-même (pour ce qui est contenant et contenu), épaulés par une foule de fidèles et d’infidèles : rédacteurs, illustrateurs, photographes, diffuseurs locaux, etc.

C’est quoi le profil des créateurs derrière le zine (faites-vous de la BD, jouez-vous dans des groupes, sinon c’est quoi la musique qui vous passionne) ?

Le profilage n’est plus l’apanage exclusif des bœufs du SPVM ? Blague à part, toute sorte d’individu(e)s composent le ChériBibi. Pour causer du « noyau dur », Don Blades vient de la radio alternative, ayant animé durant des années des émissions musicales anarchiques et anarchisantes à Bordeaux, et en ce qui me concerne je fais beaucoup de choses différentes mêlant écriture, dessin, graphisme, co-organisation d’évènements culturels (projections de films, festival littéraire, concerts) et politique de terrain. Pour ce qui concerne la musique, Blades a joué dans la fanfare de l’armée et j’ai gueulé trois ans dans un groupe punk disparu corps et biens. Aujourd’hui, je me contente avec plaisir de faire le DJ (vinyl only !) au sein du Chéribibeat Sound-System qui se produit environ une fois par mois en région parisienne ou ailleurs (big up au Chamonix Sound de Québec City !). Pour ce qui est de nos goûts musicaux, ils sont aussi éclectiques que les articles paraissant dans ChériBibi, avec toutefois un amour certain des rythmes jamaïcains –en particulier ceux des 60’s– mais aussi de la soul, du punk, du rock’n’roll et, en gros, de toutes les musiques dérivées du rhythm & blues. Il faut dire que Blades et moi avons fait connaissance au sein de la mouvance skinhead française, ceci expliquant cela. Et malgré ce qu’en bavent ses nombreux détracteurs, le trip skinhead étant culturellement très riche, il va de soi que notre production fanzinesque en reflète les valeurs intrinsèques (le fun, la classe, la bagarre et la fraternité pour n’en citer que quelques-unes).
Parmi les autres tondus (ou non, mais il faut bien constater qu’il n’y a pas de cheveux longs dans l’équipe, même chez les filles…) participant régulièrement, on retrouve par exemple un tatoueur (Tôma, auteur de notre « BD-feuilleton » Verminax), des dessinateurs de BD (Fano, Syl, Gomé, Riri), un prof de free-fight qui écrit des livres sur le ciné asiatique (Julien Sévéon), un squatteur-boxeur-éditeur spécialiste de la littérature décadente du XIXe siècle (Ian Geay) et même un belge (Gérard Lauve, spécialiste du polar). La plupart des membres de cette petite formation variable se sont connus eux aussi via le milieu skin & alternatif, forgeant une solide complicité au cours de nombreuses nuits agitées. Et avouez que quand on est habitué à se retrouver dos à dos sur le pavé face à différentes sortes d’épais résolus à te maganer, c’est pas la perspective d’affronter la presse commerciale qui a de quoi effrayer !

Arrivez-vous à vivre de vos projets ?

Bien sûr… que non. Du reste, personne n’est rémunéré par le fanzine –sauf l’imprimeur, La Poste et les dealers qui prennent un pourcentage sur les ventes. Et c’est justement parce que la gratuité a toujours un coût (à commencer par celui du temps passé à faire autre chose qu’à gagner de quoi payer sa survie) qu’elle a autant de valeur, sinon davantage que le travail financièrement rémunéré. En cela, nous considérons que donner du temps et de l’énergie à la promotion et au partage de la culture populaire n’est pas un acte bénévole et dilettante mais profondément militant, donc politique. Heureusement, du fait de nos nombreuses années de galère –ou d’expérience–, le ChériBibi arrive à s’autofinancer par ses seules ventes (ni subventions ni évidemment de publicité). Donc nous travaillons ou chômons tous à côté. Blades a une job dans le fret d’un grand aéroport parisien et vu que je n’ai plus droit au chômage, je fais diverses jobines d’écriture/graphisme pour différents commanditaires réguliers ou non. C’est aussi (surtout) ce qui explique l’irrégularité de nos parutions.

Quelle est la réalité de la presse indépendante en France ?

Pas fameuse, mais elle mord toujours ! Même si, avec l’apparition d’internet, il y a nettement moins de fanzines qu’avant, beaucoup de titres survivent / apparaissent / disparaissent, notamment dans le fanzinat punk, graphique et cinéphile. Il y a quelques journaux réguliers de « contre-info » tels CQFD, Article 11, Z, Le Monde Libertaire et Fakir qui nagent péniblement à contre-courant… chacun dans leur coin. En fait, en ces temps d’individualisme aliéné, il paraît impossible de fédérer tout ce beau monde, ce malgré plusieurs tentatives dont celles menées par nos services à l’occasion des 20 ans du ChériBibi en 2011. Il faut croire que chacun préfère chialer sur son propre sort incertain plutôt que faire front de concert pour créer une vraie alternative aux réseaux de diffusion capitalistes ayant le monopole des librairies de presse. C’est triste mais que voulez-vous ? Les années 80 ont été le cadre d’une offensive meurtrière menée par nos ennemis contre la notion même de collectif, et aujourd’hui, partout dans le monde, les adversaires de la société spectaculaire marchande préfèrent se tirer mutuellement dans les gosses plutôt que s’épauler –enrichis des différences de chacun– pour renforcer leurs embryons de pratiques révolutionnaires et inventer une société où nous pourrons passionnément fourrer les un(e)s les autres plutôt que tragiquement se faire fourrer par des traces de break friqués qui –comme le préconisait Falardeau– devraient plutôt finir dans un coffre de char. « Ils veulent notre bien et sont prêt à tout pour l’avoir » disait un autre de vos activistes, le très regretté Michel Chartrand. La réalité actuelle que nous subissons n’a pas fini de lui donner malheureusement raison.

Comment arrivez-vous à distribuer Chéribibi ?

N’existant en France aucun réseau de distribution alternatif viable, nous ne comptons que sur nous-mêmes… et une belle bande de chums disséminés un peu partout. Nous envoyons X exemplaires à notre correspondant sur place qui se charge d’aller faire le tour des libraires/disquaires et autres dealers, de relever les dépôts, de nous commander d’autres n°, de casser des bras pour récupérer le pognon et nous l’envoyer, etc.
Don Blades, grâce à un cerveau modifié au cours d’une expérience chinoise ultrasecrète et son expertise dans le maniement des objets tranchants (d’où son surnom, « The blade »), est celui qui gère tout ça. Je l’admire.

La contre-culture en France, ça a l’air de quoi ?

Un peu la même chose que la presse alternative : en règle générale, chacun se pogne le shaft dans son coin. Pour autant, il y a de nombreux micro-labels collaborant ensemble –surtout dans le punk–, des forcenés s’acharnant à organiser des concerts dans les bars et ouvrir/tenir des squats, et depuis quelques années une saine connexion entre des activistes issus des milieux hip-hop et punk. Il y a des petites radios locales prises d’assaut par des gens ayant véritablement des choses intéressantes à dire, des éditeurs téméraires sortant des livres sur des sujets pas franchement vendeurs, quelques imprimeurs militants (comme le nôtre) et des relais de soutien et de solidarité pour les luttes sociales et les victimes de la (ré)pression policière.
Cette « contre-culture » est englobée dans ce que nous appelons –dans les pages du ChériBibi– la culture populaire. Et au-delà de nos affinités évidentes avec un front de résistance socioculturel hélas informel et globalement divisé, nous sommes intéressés par relayer toute production « par et pour le peuple », quand bien même ses auteurs ne tiennent pas un beau discours offensif pétri de brillantes analyses politiques. Pour être franc, ça nous fait clairement plus triper de dénicher et mettre en évidence des sous-entendus progressistes, féministes, antiracistes, subversifs dans des genres littéraires et cinématographiques méprisés par « l’intelligentsia militante » (western, polar, SF, fantastique, érotisme, arts martiaux…) que des œuvres trop évidemment politiques pour public convaincu d’avance. Vivant hélas dans une société féodale où n’a pas encore été abolie la division des classes sociales (celle du dessus vivant du travail de celle du dessous), nous considérons que relayer la production populaire –au sens premier du terme– de nos camarades de classe équivaut à court-circuiter les récupérations mondaines et mercantiles qui peuvent en être faites. Qui plus est, c’est très amusant et ça aide à se lever d’un bon pied (au cul).

Chéribibi dans une perspective future ?

L’avenir est incertain… mais à moins de me faire écraser par un scooter en sortant du Yer Mad lors d’un prochain séjour par icitte, le ChériBibi continuera sur sa lancée explosive (on a une tonne de super interviews exclusives de gens super intéressants en réserve, et bien des sujets passionnants à traiter avec passion !). On arrive pour l’instant à sortir plus ou moins 1 ou 2 n° par an, donc après ce n°9 à venir, il y aura… un n°10. On va devoir hélas probablement revoir légèrement mais drastiquement à la hausse le prix de vente dans un futur proche, nos frais postaux augmentant suite à la faillite des combats visant à garder La Poste au sein du service public. A ce propos, il faut bien comprendre que la décision de fixer le prix de vente à 5 euros (soit environ 7 piastres) n’a pas été le fruit d’un calcul économique mais d’une réflexion politique : c’est bien beau de faire une « revue de culture populaire », mais vu que ce n’est pas dans le but d’alimenter les références exotiques des branchés dans les salons et vernissages élitistes, il s’agit de la rendre disponible au plus grand nombre via un tarif étant lui aussi populaire.
Pour revenir à la presse alternative, l’enjeu consiste surtout à faire de la presse autrement que ne l’impose le modèle médiatique omniprésent. C’est très triste de voir tant de revues / labels / medias soi-disant indépendants ne faire que reproduire les modes de fonctionnement dominants… avec nettement moins de moyens qui plus est. Avoir une démarche alternative, c’est bien sûr agir en marge du système, mais avant tout de façon différente, avec des valeurs différentes et –par le fait même de « proposer une alternative »– de manière à lui nuire… à non-pas se contenter de survivre dans son ombre mais l’affaiblir et le décrédibiliser de façon offensive. Ce qui peut se faire tout simplement en montrant qu’il existe d’autres façons de créer, raisonner, s’organiser, traiter d’un sujet, rédiger un article, conduire et retranscrire une interview, mettre en page et partager ses idées, désirs, colères et plaisirs. C’est ce qu’avaient compris les collectifs autour des groupes Crass en Angleterre et Bérurier Noir en France, ou un label américain comme Alternative Tentacles, ou au Québec le dessinateur Henriette Valium (vous lui passez le bonjour si vous l’croisez !), pour citer quelques exemples « exemplaires » et (re)connus.

Que lisez-vous ces temps-ci ?

Je ne saurais dire ce que lit Blades en ce moment, mais quand ses flos lui laissent un peu de répit, il se nourrit principalement de films d’arts martiaux chinois (il faut bien s’entraîner pour traquer les impayés du ChériBibi). De mon côté, j’ai fini un super roman italien, L’art de la joie de Goliarda Sapienza, où l’on suit avec émotion le parcours, les amours et les combats d’une femme dans la Sicile de la première moitié du XXe Siècle rongée par la montée du fascisme. Une lecture fort conseillable qui prouve que la joie est une denrée tellement rare qu’il s’agit de la produire soi-même… souvent dans/à travers la douleur d’ailleurs. Sinon, je lis beaucoup de polars et un peu de SF, énormément de presse culturelle (au sens très large du terme) alternative ou non, et je regarde un film par jour, blockbuster niais ou rareté improbable.

Peux-tu nous suggérer d’autre assos qui organisent des spectacles, labels, fanzines, collectifs d’artiste…

Hmmm, je connais aussi quelques chouettes restos si vous voulez. Et le caviste en bas de ma cité a de très bons pinards issus de petits producteurs indépendants. Il organise d’ailleurs chaque année au mois de mai une grande rencontre dégustative joliment nommée « Les papilles résistent ».
Sur Paris, ou plutôt sur sa banlieue (c’est là qu’on est le mieux), il y a une asso qui va fêter ses 30 ans –de résistance– cette année et qui organise des concerts rock et assimilé dans les bars, d’où son nom : les Barrocks. Il y a aussi le CICP (Centre international de culture populaire), lieu de rencontres / débats et concerts de soutien à des tas de causes allant des dentistes zapatistes du Chiapas aux producteurs d’huile d’olive de Palestine. Niveau labels, tout dépend de la musique que vous écoutez, mais en ce qui concerne le punk, soulignons les parisiens/québecois expatriés à Nantes UVPR Vinyles, émanation du défunt fanzine Une Vie Pour Rien ? qui sortent ce qui se fait de mieux en oi ! française. Il y a aussi Maloka animé par les vétérans anarchopunks du squat des Tanneries à Dijon ; Mass Prod en Bretagne et Euthanasie à Tours qui réédite à petits prix (et en vinyl !) d’obscurs groupes punk des années 80. Pour le hip-hop qu’a des choses à dire, il y a B-BoyKonsian à Paris et pour les vibrations jamaïcaines Patate Records, qui est aussi LE disquaire reggae parisien. J’en oublie à coup sûr…
Question fanzines et revues, citons notamment Rotten Eggs Smell Terrible de la région de Clermont-Ferrand qui interview des activistes (au sens très large) des scènes punk hexagonales, Up The Zines de Toulouse qui est entièrement consacré aux fanzines punk, Amer de Lille qui est la revue littéraire contondante de notre collaborateur Ian Geay, Kroniks qui est un graphzine de BD / collectif de fresques parisien où officie le compère Syl,… et là aussi j’en oublie. Conseillons aussi Bunker Komix qui est un atelier de sérigraphie d’Angoulème ; Fatalitas à Montreuil qui est le salon de tatouage / galerie du père Tôma « Verminax » Sickart et de sa compagne Riri (qui fait de chouettes petits zines en linogravure et collabore aussi au ChériBibi) ; tout ce que font l’illustratrice Tanxxx à Bordeaux et le tatoueur Joe Moo à Angoulème ; la Fanzinothèque de Poitiers ; la compagnie de théâtre Jolie Môme à St Denis ; les éditeurs parisiens Libertalia et L’Échappée… Liste non exhaustive mais ce sera tout pour aujourd’hui.

Que nous réserve Chéribibi dans son prochain numéro ?

Le prochain n°9 sera un « Spécial police menottes prison »… Il contiendra des interviews super exclusives de Jello Biafra, Serge Gainsbourg (datant de 1980 et accompagné de belles photos elles-aussi inédites), Jann-Marc Rouillan (écrivain taulard ancien d’Action Directe), Abdel Hafed Benotman (autre écrivain taulard responsable du journal anticarcéral L’Envolée) et la chanteuse jamaïcaine Dawn Penn. Il y aura aussi des articles sur les flics et la prison dans la chanson, la littérature et le cinéma (dont un sur Le Party de Pierre Falardeau), sur le punk et la soul au Japon, sur les premiers westerns tournés en France avant la guerre de 14-18, et plein d’autres choses (là aussi j’en oublie !) dont une BD de la canadienne Nina Bunjevac et une nouvelle franco-québecoise écrite et illustrée par moi-même… Bref, de quoi tenir jusqu’au n°10 qui sera lui aussi plus garni qu’une pointe de pizza all dress au coin St-Denis/Maisonneuve à 3h du matin ! Pour suivre tout ça, allez donc faire un tour de chauffe sur www.cheribibi.net car icitte, 5897 kms à l’Est (d’Eden ?), le soleil vient de se lever sur une nouvelle journée alors je vais m’écouter un petit Wonderful World des 4Skins puis aller au lit car le jour me nuit. Merci à vous et longue vie à votre collectif ! Vive le Québec ivre ! Oi !

Mémoire d’un skin Publié le 4 mai 2014, par CheriBibi

« Le skin aide mais le bonehead nuit. » Proverbe populaire.

La remise en question est un lieu commun à l’approche de la quarantaine. Du moins il paraît. Bref, on serait en droit de se demander à quoi sert de toujours porter les mêmes Docs aux pieds plus de 20 piges après son premier passage sous la tondeuse (à main, aïe !). La vérité, toi-même tu sais, c’est qu’on s’en fout. De ce que t’en pense, de ce que j’en pense, et du fait même d’y penser. Rasé pour l’éternité. Et toi qui lis le ChériBibi le soir dans ton lit, une main sous la couette, t’as déjà tout pigé, même pas la peine d’en rajouter.
Pourtant, à force d’annoncer maintes choses michto de chez michto ici même (et nulle part ailleurs, encore moins sur les fesses de bouc), faut bien parfois témoigner, faire un retour, genre « Comment ça s’est passé au fait ? »
La réponse, évidente, fuse tel un missile en pleine crise cubaine : perfecto, as usual !

Résumons vite fait :
Du 18 au 21 avril, il s’agissait de survivre à un week-end à rallonge qui t’allonge vu qu’en ce qui me concerne, il a commencé sur les chapeaux de roue dès le vendredi soir… avec le set enflammé du 8°6 Crew à La Maroquinerie, Paris.
Le Crew a carburé as usual, avec notamment quelques nouveaux morcifs très prometteurs, devant une salle chaude comme la braise. Une bière plus tard, je loupe Los Tres Puntos pour descendre la rue de Menilmuche. Le temps d’avaler un kebab et me voilà à La Cantada derrière les platines pour une 3e Night Of The Living Vinyl chaudasse comme pas permis jusqu’à 4h30 du mat’ (les prochaines auront lieu les 16 mai et 20 juin, tu peux pas louper !).
On descend quelques verres supplémentaires en écoutant du raï dans un petit rade matinal de Belleville et, à 6h30 je bascule pour rejoindre ma piaule histoire d’échanger mes disques contre une brosse à dents, quelques liquettes et exemplaires du ChériBibi chéri. À 10h je suis dans le train, un peu la tête dans le cul et le cul coincé sur la banquette trois places d’un compartiment bondé.
Il est 17h quand j’atterri à Toulouse-Matabiau, avec à peine deux heures de sommeil recroquevillé dans les pattes. Je rejoins le camarluche Kiox dans sa casbah, on enfourche les vélos et on se retrouve au parc à taper le ping-pong avec ses mômes en vidant des bières. Rentrage pour se restaurer d’un bon poulet grillé, et il doit être 22h30 quand mes brogues me débarquent au bar Le Communard (Arnaud Bernard rules !) où c’est le temps des retrouvailles : super set reggae 60’s de Gus et Stephisteph dont je ne profiterais guère sur la piste de danse, trop occuper à tchatcher avec les aminches. Il est 3h30 quand je me page enfin, ayant hâte au lendemain.

Dimanche, c’est encore poulet accompagné de punch-vin rouge en guise de petit dèj’ chez les beaux-parents de Kiox à qui on laisse les gosses pour bosser peinard sur le bouquin en préparation retraçant l’épopée épique des bandits manceaux de Nuclear Device (dont Kiox fut fondateur et guitariste –on cherche toujours un éditeur, avis aux amateurs) avant de se rendre pas trop tard à La Dynamo, belle salle en danger de fermeture qui fait pourtant la gloire de la ville rose (même si vous êtes pas dans l’coin, signez la pétition pour éviter l’expulsion).

Quelques bières apéritives au son des skeuds de Mike et Mx (étonnement sobre) puis commencent les Mento Men ! Ah, c’est une belle découverte, bien que je connaissais déjà quelques uns de ces lascars en chemise à fleurs, et leur enchaînement de traditionnels caribéens (Zombie Jamboree, Shame & Scandal…) est diablement efficace, mais moins surprenant que leurs reprises ina mento/calypso style, dont un étonnant et fendard If The Kids Are United (de Sham 69 bien sûr, fait pas genre tu connais pas !). Plus tard, alors que je suggérait à Cyril le chanteur au banjo (mélange de Judge Dread et François-Hadji Lazaro) de faire tout un album de reprises mento/calypso des standards de oi!, il me glissa que c’était déjà en projet! Ô joie! Vivement d’entendre Evil ou Skinheads In Sta-prest revisités à la sauce caribéenne!

A peine le temps d’une bière et les Heavy Allstars aka The Steadytones from Germany (re)chauffent la salle avec des reprises maîtrisées (Better Must Come de Delroy Wilson notamment). Flo (le wunderbach batteur/chanteur, responsable du jouissif Judge Dread Memorial) a vraiment la voix d’Alex Minto Hugues –aka Judge Dread, cf le prochain n°9-, c’est impressionnant!!! Il me chantera d’ailleurs plus tard en backstages la superbe Belle Of Snodland pour mon plus grand plaisir!

Dans un tonnerre d’applaudissements, voici Keith (Richards) & Tex (Avery) qui démarrent direct avec un Tonight que j’aurais toutefois aimé qu’ils reprennent à la fin, un brin plus échauffés. Mais c’est du chipotage tant leur prestation, leurs voix, leur bonne humeur confinait au parfait bonheur… et quand ils ont fait, au rappel, Let Me Be The One, j’ai cru défaillir ! Le Kiox arrêtait pas de me dire à quel point il avait l’impression de se retrouver en 1983 dans la 404 des ND en partance pour la piscine d’Allonnes, leur K7 fétiche de rocksteady dans le tapis (D’ailleurs, ND reprenaient Tonight à leur début).

Super super super show, la high classe internationale, mille millions de merci aux camarluches organisateurs!!! On a terminé la soirée en tenant une table pleine de bière, de ChériBibi et de T-shirts du festoche sudiste Rock’n’Stock avant de partir at home refaire ce putain de monde jusqu’à 6h du mat’ (y’a du boulot) en écoutant… Mononc’Serge et Die Antwoord.

Lundi, un SMS me réveille à 11h30 : rendez-vous au resto à 12h30 avec Keith & Tex, les Steady Tones et quelques précieux lascars. Chedou, liquette propre, et me voilà devant un énorme sauté hawaïen végé à déconner dans un mélange d’anglais, de céfran et de chépaquoi. On a même eu les oeufs de Pâques!
Deux heures après, balade digestive et touristique dans la « pink city ». Place du Capitole, j’avise le petit train à touristes du coin. Ni une ni deux, je préviens les jamaïcains et hop, séance hilarante de photos avec un chauffeur qui comprend pas bien pourquoi ces deux là essayent d’empêcher son tchou-tchou de décoller!

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On se pose finalement au bord de la Garonne pour une passionnante interview d’une bonne heure histoire de rajouter une couche de bonheur (à lire un de ces quatre où tu sais). Quelques bières en terrasse et, snif, il est 19h30 et c’est l’heure de se quitter. Un p’tit falafel et à 23h je suis au lit, heureux comme un loir (manquaient que tes caresses sur la tête).
Le lendemain mardi, on bossera à nouveau sur le bouquin prochain puis je prendrais mon train car le lendemain mercredi, y’a la bonne suée au concert de Jello Biafra à Ripa. Trop dure la vie!

Bon, dans la foulée, parlons de ce chaudard 1er mai où, une fois n’est pas coutume, j’ai zappé la traditionnelle manif (désolé Marine).

Donc festival organisé dans un super squat, le Soft, sis dans une super ville qui s’appelle Ivry (vraiment à découvrir !). Le Chéribibeat Sound est sur place derrière les platines dès 16h pour des sets -une heure et quelques avant le début des concerts puis 20mn environ entre chaque groupe- strictly reggae… and soul histoire de varier les plaisirs.
Era Of Fear débute les hostilités. Pas très attentif pour ma part, pas ma came -genre cold-wave/batcave et de plafond. Mais faut dire que ça l’fait dans le style.
Puis Inner Terrestrials (cf ChériBibi n°4), terrible as usual. Le batteur Paco ayant à nouveau des ennuis de santé, c’est un nantais qui le remplace et ça sue dans le pogo/skank !
Vice Squad, vétéran punk 80’s English, pas trop suivi, jamais été vraiment attentif/fan mais c’est efficace, le public est à donf et la chanteuse Becki Bondage très sympa… même si j’aurais préféré la rencontrer à l’époque.
Le groupe surprise en fut une sacré bonne : reformation de R.A.S, inactif depuis 1984 ! Grosse ambiance de ouf, le guitariste Takis au taquet, Rémi (second chanteur d’R.A.S puis des marseillais P38) assure grave et la foule se rue aux choeurs, dont Mourad de l’Infanterie Sauvage. L’ami Négade (ex-P38) est à la basse et, de la foule en délire, Nico (batteur du groupe parigot Maraboots) nous entonne par coeur Le Keupon et le Neuski en impro totale (cf la vidéo ci-dessous). Les doigts levés (le majeur) pour LVF et tout le monde sur scène car Mort Pour La France evidently (gros moment d’émotion pour mézigue qui ai pensé très fort à not’ poto Pierrot, décédé en 2003, qui aimait tant chanter cet hymne antipatriotique dans les rues de Ripa. RIP frangin). Au répertoire également Sektarism, Chasse à l’Homme, Mémoires d’un skin, Votez pour Moi, etc. Ils rejouent le 1er novembre avec Infa-Riot à Paname, avis aux amateurs (et il y en a !).

Cockney Rejects (cf ChériBibi N°1) pour slamer (le saut de la mort façon Bibi !) et arpenter la scène de long en large ina shadow boxing style ça le fait toujours, énorme (as usual again) pour qui n’a pas peur des coups de coude et de boule intempestifs.

Jeff Stinky Turner

Quand Jeff « Stinky » Turner, The Great Cockney Boxer, te recommande ChériBibi, tu peux pas test !

Youth Avoiders clot la résoi de manière efficace puis votre DJ préféré (si si) pousse les basses à fond seen ? Le tout jusqu’à 2 plombes du mat’, 9.4 rules OK?
Dans le public, du marseillais, du bordelais, Toulouse, Tours, Bretagnie, tout Paris, on se la refait quand vous voulez ! (en novembre à Ivry : Roy Ellis –cf ChériBibi n°8- + les vrai-faux Skatalites, avis aux toujours amateurs)

Tout ça pour dire que le fascisme ambiant a beau se reproduire, y’aura toujours des keupons & neuskis situationnistes pour créer l’événement dans les marges… qui tiennent les pages. On lâche rien sans pour autant marcher sur la gueule du voisin : ni vainqueurs ni vaincus !

Prochains rencards dès ce mardi 6 mai à la librairie Envie de Lire d’Ivry pour la sortie du 8e n° de la revue Z consacré aux luttes nées de l’immigration et oùske j’ai commis un article sur l’immigration (mot compte double) vue par le cinéma de science-fiction ! Ah, c’est pas dans Télérama que tu lirais ça !

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Et comme dit précédemment, le jeudi 8 mai on projette Retour à la 36e Chambre, exciting kung-fu syndicaliste de Liu Chia Liang (cf l’ChériBibi n°3) au squat Le Dilengo d’Ivry, oui merci !

On t’rappelle aussi que les 9,10 et 11 mai, on représente grave ton ChériBibi d’amour au Salon du Livre Libertaire à l’Espace des Blancs-Manteaux de Paris. Même que dans la nuit du 9 au 10, le ChériBibeat Sound-System refait des siennes jusqu’à 6h du mat’ au Soft pour la suite de l’Unpleasant Meeting Fest’ qui verra jouer d’autres revenants, à savoir les keupons hooligans de Sherwood Pogo !

Comme dit précédemment, le vendredi 16 mai c’est sound-system allnighter à La Cantada et le jeudi 22 mai, venez mater Le Dernier Face-à-Face de Sergio Sollima, pur western avec Tomas Milian & Gian Maria Volonte, au Dilengo pour « les jeudis de ChériBibi ».

Faccia a faccia 1967

Pis si tu trouves qu’on en fait pas assez pour kiffer droit dans ses boots, accompagne-nous donc à Mainz (charmante bourgade dans l’Sud du cousin allemand) le 31 mai pour interviouzer le vétéran jamaïcain Hopeton Lewis… Take it easy !

Bref, si t’as toujours rien compris, t’avais qu’a être neuski… ou plus simplement (re)lire attentivement ta collec’ de ChériBibi !

La bannière de promotion de la sortie du Chéribibi n°8

Chéribibeat

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