Actus Chéribibesques

La vie continue… Tant mieux pour elle. Publié le 28 octobre 2017, par CheriBibi

Tiens, y’a quelqu’un ? J’étais venu faire les poussières sur le bibiblog et j’ai vu de la lumière. T’es passé par hasard ? Une recherche Google qu’a mal tourné ?
Non, le ChériBibi X n’est pas encore sorti. T’es juste le millionième à me poser la question. Je l’attends aussi. Ouais, il se fait plus rare qu’un bus de ramassage scolaire à Raqqa.
Tu veux aller voir une tuerie d’concert pour te changer l’air ? Keith & Tex, le superbe duo rocksteady des sixties, pour la première fois en région parisienne. Plus exactement en banlieue, la mienne. S’évader à domicile que ça s’appelle.

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J’en avais déjà jacté , quand j’avais eu le plaisir de les voir à Toulouse en 2014. D’ailleurs, j’y retourne pas plus tard que ce week-end dans la ville rôse, pour la Semaine du ska. Et pour passer des skeuds en mode « skalloween » mardi soir, le 31. Après le concert de Keith & Tex à Toulouse. Donc avant celui que j’organise à Ivry, tu suis ?

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J’aurais d’autres trucs à annoncer, à raconter, comme l’expo michto d’mon paternel à Nogent (jusqu’au 12 novembre), mais j’ai déjà mis trois semaines à me décider à « réactualiser » cette page Internet. Pas l’mojo pour la causette par écrans interposés. Et dire qu’y’en a des qui voudraient qu’j’ai un Facebook pour twitter…
Allons, préfigurons la prochaine hype vintage et soyons « so XXe siècle » : si t’as l’idée saugrenue de vouloir en savoir davantage sur tout ce que je peux bien bricoler dans le monde réel, éteins ton ordi ou ton smartphone all-dress et sors dehors te mêler à la foule des gens qui s’causent en vrai, t’as des chances de m’y croiser.

Rêvera bien qui rêvera le dernier Publié le 25 février 2017, par CheriBibi

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Cette capture d’écran provient du « direct » du Monde (le torche-cul) au matin de l’élection de Trump à la présidence des « United Snakes of America » (comme nous le disait Jello Biafra dans le dernier ChériBibi). À quel point le journaleux du Monde qui répond est sérieux ? On s’en fout. Le Monde s’effondre et on s’en fout itou.
Perso, je m’apprête à voter en mai pour l’hologramme de Merluchon, un gage de transparence. Quelle blague la « démocratie ». Plutôt casser des portes au pied-de-biche pour reloger nos frangin(e)s qui se les pèlent enfermés dehors (j’y vais de ce pas, appelez mon avocat).
Bref, pour l’instant présent, j’écoute Crass, Do They Owe Us A Living ? (superbement repris par The Business, RIP Micky Fitz), en fumant un cigare ramené de Cuba arrosé d’une Chimay ramenée de Belgique (en banlieue, on voit du pays par procuration, tu crois quoi ?) et j’évacue la question que l’on m’a le plus posé ces derniers mois : « Quand c’est qu’il sort le prochain Chéribibi ? »
Je sais pas. On s’en fout non ?
C’est vrai que tout à mes atermoiements mortifères j’communique pas beaucoup sur mes suractivités patogènes – un ou deux papiers pour Le Monde Diplomatique, quelques autres pour CQFD, un sound-system au concert des 8°6 Crew à Bures-sur-Yvette, une présentation de Drunken Master 2 à la Fémis – mais t’as déjà pigé que j’étais pas fort-fort en autopromotion. La preuve, un passage d’une heure en direct sur France Cul(ture) m’a plus causé des aigreurs d’estomac que fait gonflé les chevilles ouvrières (clique sur les machins en rouge pour plus d’infos).
Oui, je gratte à gauche plus qu’à droite et ça laisse peu de temps à ma passion pour la presse populaire faite à la maison, mais ça aussi tu t’en fous. T’as pas besoin de mes efforts pour remplir ta vie et t’as bien raison.
N’empêche, si t’es dans les parages de ma banlieue ce mois de mars prochain, j’expose quelques-unes de mes pochettes de punk préférés à la médiathèque d’Ivry du 3 au 25, pis j’organise un p’tit concert pour pogoter dans la gueule de la sinistrose.
On se retrouve bientôt pour gerber sur le vieux Monde en rêvant de futurs meilleurs quoi qu’antérieurs.
Et comme disait Coluche, quand t’as juste ça à dire, tu ferais mieux de fermer ta gueule !

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Nouvelles du fond Publié le 7 novembre 2016, par CheriBibi

Au pays de ChériBibi, comme dans tous les pays, on s’amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils. Et pour sortir des moments difficiles, avoir des amis, c’est très utile. Un peu d’astuce, d’espièglerie, c’est la vie de ChériBibi…

Voilà pour l’analyse politico-sociale de rigueur (une ritournelle vaut toujours mieux qu’un long discours). Passons à la suite. Celle avec mini-bar et vue sur la merde ambiante.
Toujours à l’affût d’un prétexte pour retarder la sortie du prochain n°10 (pas de raisons que ce soit toujours bibi qui patiente, hein), m’en est allé pondre mes bafouilles chez quelques camarades. Notamment CQFD qui viennent de sortir un n°148 spécial bistrots (je sais pas pourquoi ils ont pensé à moi ?). Allez-y voir de ma part.
Et repassez vos doudounes ou bombers en prévision du grand air frais dans lequel déambulera notre annuelle manif’ de chômistes et précaires pour la justice sociale, contre le chômage et la précarité, samedi 3 décembre, 14h à Stalingrad (à Paris, pas en Russie). Piqûre de rappel ici-bas d’ici la fin du mois.

En attendant, le merveilleux Chéribibeat Sound-System sera à Bures-sur-Yvette (tout attaché, merci pour elle) ce samedi prochain du 12 novembre, pour passer de vieux génériques de série TV… hum, de la soul et du reggae dès 19h et durant les entractes entre les groupes péchus, dont les aminches du Two Tone Club ne sont pas des moindres. T’as l’affichette juste là, this is the sound of the suburbs !

Merci, bonsoir.

Affiche AJB

Ci-gît notre cœur Publié le 4 octobre 2016, par CheriBibi

L’an deux-mille seize du calendrier crétin aura été fatal à un certain nombre de hérauts de cette culture populaire qui nous anime et nous porte : Rico Rodriguez, Muhammad Ali, Prince Buster, Herschell Gordon Lewis, Siné… Leurs images, sons et messages nous ont nourris, et grandement façonnés. Mais il en est un, par bien des aspects encore plus proche, dont la disparition laisse ce genre de vide que l’on sait impossible à combler.
Car Jacques Noël, libraire au Regard Moderne et figure du Paname qu’on adore, était un puit de connaissances dans lequel on ne se lassait pas de puiser. Un phare pour qui cherche ses lectures au-delà du brouillard médiatique. Un relais entre tous les barrés de l’autoproduction sur papier. Or il est décédé soudainement, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre.
Je l’ai appris, ironie du sort, à une rencontre de fanzines dans un rade de Montreuil, ce même 1er octobre. Et devoir se dire que l’on ne pourra plus l’apercevoir fumer sa clope devant son bouclard et sourire imperceptiblement à notre approche est plus brutal et inqualifiable que d’enlever ses roulettes à un cul-de-jatte globe-trotter.

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À force d’y passer et d’y taper le bout de gras des heures avec le taulier, je ne me souviens plus exactement quand ai-je pénétré pour la première fois l’antre bibliophile du 10, rue Gît-le-Cœur. Ce devait être à l’aube des années 1990. Pratiquant divers arts martiaux dans un dojo du quartier, à un quart d’heure de RER de ma banlieue, je profitais du reste de la journée (les entraînements ayant entre autres lieu le samedi morninge) pour squatter disquaires et libraires amalgamés entre la rue des Écoles et les environs du Boul’Mich’.
La petite rue où Jacques se planquait était toute droite sortie d’un bouquin de Jacques Yonnet, et le nom de son magaze, Un Regard Moderne, avait peut-être dû me rappeler le supplément homonyme de Libé réalisé circa 1979 par la bande à Bazooka, dont mon dab avait conservé quelques exemplaires entre deux Métal Hurlant. Plus certainement, les nombreuses couvertures de billustres mystérieux en vitrine m’avaient aimanté inexorablement…
Puis une fois à l’intérieur, bordel ! Bordel. Oui, mais organisé. Façon planque tout en bouquins façonnée par Gaston Lagaffe pour s’isoler du tumulte alentour, le genre de piaule pour rêve de gamin : des piles et des piles d’ouvrages incroyables soutenant d’autres piles d’ouvages improbables où il fallait se déplacer à tâtons, les yeux farfouilleurs et le geste mesuré (qui n’y a jamais rien fait tomber n’y est jamais allé !).
Dans la minuscule pièce de droite, il y avait une micro-galerie où s’exposaient des dessinateurs tout aussi improbables (vers le début des années 2000, mon ex-compagne Shîrîn Chavannes eut d’ailleurs cet honneur). Puis, plaintes de passants bigots faisant loi, l’espace d’expos irrévérencieuses avait disparu sous d’autres piles de bouquins tout aussi vénéneux.

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Du temps de mes premières visites, Jacques, guère prolixe quand il ne connaissait point le quidam, m’avait paru franchement bougon. Ce serait gonflé de ma part de lui en tenir rigueur sachant qu’alors ado banlieusard fauché prenant Paname pour un self-service, j’ai bien dû lui chourrer quelques bricoles au passage… Faut dire que pour des affamés comme nozigues, Le Regard Moderne était la plus merveilleuse pâtisserie dont un boulimique pourrait rêver : BD cochonnes (ou pas), pamphlets situationnistes, encyclopédies punks ou cinéphiles, monographies Dada, recueils d’illustrateurs de pulps amerloques ou d’affiches féministes, zines introuvables presque partout ailleurs (ah, Ciné Zine Zone, Psychotronic Video, From Parts UnknownNaked, Outré !), graphzines sérigraphiés (ah, Henriette Valium !), cahiers de coloriage Black Panthers (!), voire VHS pirates de concerts des Cramps… Bref, la caverne d’Ali Babel dont on ne pouvait faire le tour malgré l’exiguïté !

Oh, rassurez-vous, j’y ai vite délesté mon larfeuille à répétition, échangeant avec gourmandise du papier-monnaie contre des trucs vachement mieux imprimés. Et puis aussi vite déposé notre petit fanzine.
L’année dernière, on a d’ailleurs fêté la sortie du nouveau ChériBibi devant sa porte. Même qu’il pleuvait, ce qui a rendu l’entreprise périlleuse. Qu’importe, il en a vendu quelques exemplaires de plus que d’habitude et, comme d’habitude, je l’envoyais balader quand il voulait nous les payer.
Bon, c’est peut-être pas des choses qu’il faudrait écrire, des fois que tous les libraires en galère (pléonasme) nous diffusant se sentent des ailes pour oublier de passer à la caisse… Mais désolé, ces derniers le savent aussi bien que moi, Jacques tenait à bouts de bras et d’échelle en bois une librairie à nulle autre pareille dont l’existence justifiait à elle-seule notre décision d’oublier systématiquement la facture quand il demandait du réassort. Un endroit unique où j’ai tout autant systématiquement ramené chaque potes en visite dans la capitale de la France (tu voulais que je les emmène où ? Voir la tour Eiffel ?). Un refuge menacé qu’il fallait vitalement préserver à l’heure où tout un chacun peut commander l’improbable sur Internet et où même la Fnac s’est mise à vendre des bouquins sur le ciné bizarroïde et les catcheurs mexicains des années 60. Un havre pour curieux véritables. Et dans ce monde formaté, la curiosité est révolutionnaire.

17.UnRegardModerne
Que tous ceux l’ayant également cotoyé me pardonnent de ne pas pondre une nécro dans les clous et d’écrire en roue libre, l’émotion en bandoulière… Pas non plus le cœur et la gniaque de fournir plein de liens virtuels pour compléments d’infos biographiques sur l’ami Jacques. Faites comme dans sa librairie : cherchez et trouvez par vous-même.
Ce qui est sûr, c’est que le prochain ChériBibi, avant même d’être né, est déjà orphelin de son dealer préféré. Cette fois, c’est avéré, le père Noël est mort.

(Photos par Magalie F. Fouquet, Munz Termunch et Fantagraphics)

Romantisme révolutionnaire Publié le 24 septembre 2016, par CheriBibi

Fais pas semblant, on en a tous révé, le matin dans le demi-sommeil du réveil : la personne que l’on aime est en danger, quand soudain on surgit pour la sauver. En cheval blanc ou en scooter crème, avec un shotgun ou des prises de ninja, ce qui revient au même.
On s’est tous imaginé résister aux balles, aux chausses trappes, aux humiliations, au désespoir. Briser des murs, des chaînes, emporter l’aimé(e) – voire toute l’humanité – sur un destrier loin des aléas du train-train quotidien, à 20 000 lieues des turpitudes amères, en un temps révolutionnaire. Héros du quotidien, un idéal de paladin.
Et puis on se réveille, le boulot nous appelle, les nouvelles nous assomment, les turpitudes c’est pour ta pomme. Fini les fantasmes, acharne-toi à briser la glace dans laquelle ta sale gueule te rappelle qu’hier la société n’a pas bougé, t’as juste bu trop de bières éventées.

Allez, laisse-moi réver, encore un peu. Conjurer le mauvais sort. Désolé d’y croire encore.
Et parce qu’on n’est rien que des passionnés ne sachant guère abdiquer, la bande-son choisie démange nos envies : soul, reggae, rock et fanzine pas encore sorti.

Bref, cherche pas à tout déchiffrer, pour patienter avant l’avènement du nouveau ChériBibi, viens plutôt te réfugier dans les sons prodigués par le Chéribibeat Sound-System ce vendredi 30 septembre au Drunken, bar à bibines artisanales sis 19 rue Girard à Montreuil. Puis le lendemain, nous tiendrons une table à quatre mains pour le 1er Bar Zines, toujours à Montreuil : un événement salutairement consacré à la presse alternative, celle qu’on défend, qu’on fait vivre et qui nous empêche de nous flinguer en nous indiquant la voie à dépaver pour narguer l’autorité en enchaînant les ricochets.

Bar zinesEnfin (du moins pour ce mois-ci), ton ChériBibi sera comme chaque année à la JIMI, à Ivry, le samedi 8 octobre pour échanger, blablater, se bourrer la gueule et tabasser le vieux monde comme il le mérite. Que voulez-vous, on se refait pas… Y’a peut-être plus rien à sauver, ni prince ni princesse des bas-fonds pour refaire surface, mais aucun hôpital psychiatrique ne nous empêchera de ruer dans les brancards !

Winter is coming Publié le 6 septembre 2016, par CheriBibi

– Parfois, il est préférable de répondre à l’injustice par la clémence.
– Je répondrais à l’injustice par la justice. 

Le ciel alternait éclaircies brûlantes et bruine glacée. Muscles tendus et pores suintant, les hommes dressaient le campement. Les femmes aussi, y’a pas d’raison. Sous la gigantesque tente, les mains câleuses des uns, des unes et des autres s’activaient sans relâche. Bientôt, tendu entre deux mâts pointant les cieux d’un air accusateur, l’étendard claquerait au vent, annonçant au monde mortifié que le temps est venu de redresser la tête dans la tempête et d’écraser les trônes de la Terre sous nos sandales de cuir : les comités de chômeurs et précaires en colère sont de retour à la Fête de l’Humanité !

Blessée souvent, moribonde parfois, exsangue toujours, l’Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et précaires) n’en prépare pas moins les agapes fortificatrices au cours desquelles nous échangeront, dans le fracas des mojitos qui s’entrechoquent, la chaleur humaine nécessaire à affronter la rigueur de l’hiver capitaliste.

Que vous soyez gueux, cul-de-jattes, moches, bossus, nains, obèses, gringalets ou abonnés à ChériBibi, viendez nous aider à flanquer par terre la sinistrose, lui éclater les genoux et lui broyer les coudes ces 9, 10 & 11 septembre, avenue Olympe de Gouges ! Et si vous êtes vraiment très gueux, venez dès le mercredi / jeudi au montage, ça devrait vous éviter de raquer l’entrée*. Cette année, vu le nombre de poulets prévus aux abords, l’escalade des grilles ne sera plus une bonne idée (d’ailleurs, en raison d’une double fouille à l’entrée, état d’urgences électorales oblige, soyez gentils d’aller sauter ailleurs).

Pour en revenir à notre campement de barbares aux minima sociaux, y’aura le quota de chants gutturaux et de rythmes tribaux afin de danser avant la bataille, à savoir Roots Of Dar Gnawa (gnawa), Echo Doppler (électro-dub) et le Chéribibeat Sound-System le vendredi dès 20h ; En Première Ligne (hip-hop), Le Pélican Frisé (ska rock), Les Moonshiners (rock des bas-fonds) et encore le Chéribibeat Sound le samedi dès 19h… Sans oublier un conseil de guerre sociale ce même samedi à 15h sur le thème « Chômage et loi travail, pas de code du travail sans droits pour les chômeurs ! »

Bref, de quoi s’aiguiser le coutelas entre les dents pourries en prévision d’un futur qui ne le sera pas moins…

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* On a aussi des vignettes à vendre, 25 € au lieu de 35 € -pour les trois jours. Contactez-nous avant vendredi par mail : contact (@) cheribibi (.) net et on vous communiquera un n° à appeler par SMS (ça a l’air tortueux comme ça, mais c’est pour déjouer la CIA).

Nu debout Publié le 2 juillet 2016, par CheriBibi

« L’impossible est juste un gros mot prononcé par des petits hommes qui trouvent plus facile de vivre avec le monde qu’ils ont reçu plutôt que d’explorer le pouvoir qu’ils ont de le changer. L’impossible est temporaire. L’impossible n’est rien du tout. » – Muhammad Ali

La haine. La haine qui ronge face à l’injustice. Toujours les mêmes qui s’empiffrent, toujours les mêmes qui encaissent.
Bon, y’en a marre de répéter de sempiternelles évidences invisibles/inaudibles, c’est épuisant. Tiens, allez donc (re)voir la vidéo postée ici-même et datant d’il y a presque dix piges (entre autres à 5 mn pour ce que je vais répéter ci-après).
Bref, pour la refaire : dans une manif, les flics chargent, les manifestants refluent. Les flics s’arrêtent. Les manifestants improvisent une barricade, balancent ce qu’ils ont sous la main, etc. Les flics rechargent, les gens reculent. Les flics s’arrêtent. Le peuple jette les scories de sa colère, et bis repetita.
Qui donne le rythme ?
La police.
Le pouvoir.
L’oppression.

C’est une image bien sûr. Reste que passer à l’offensive, c’est ne pas attendre d’être dans la réaction face aux attaques contre nos droits, nos acquis sociaux (gagnés de haute lutte par nos aînés, gloire à eux). Passer à l’offensive, c’est ne pas attendre une « loi travail » pour descendre dans la rue, se réunir, se solidariser. Se retrouver.
Ici en France comme en Grèce, au Québec, en Bretagne et partout ailleurs.
C’est ne pas attendre l’attaque pour se défendre. Parce que la meilleur défense –désolé messieurs les réformisto-pacifistes–, c’est justement l’attaque. L’attaque contre ceux qui, de toute façon, veulent notre bien et sont prêt à tout pour l’avoir.

Quand un jeune antifasciste attaque un jeune fasciste dans la rue ; quand des femmes attaquent un individu identifié comme un agresseur, un harceleur… c’est de l’autodéfense. Idem quand des manifestants attaquent des panneaux publicitaires ou quand des précaires prennent d’assaut le Medef. Attaquer un fasciste, un exploiteur, un oppresseur, c’est toujours de l’autodéfense. De la légitime défense. Et légitimité ne rime pas toujours avec légalité, loin de là. Alors on s’en fout de savoir qui a frappé le premier, messieurs les jurés.

Mais voilà, on attend perpétuellement de se prendre des coups, de se faire humilier, brimer. Peut-être, seulement là, parfois, au bout de quelques drames singuliers (et hélas si prévisibles), on osera montrer les crocs. En s’excusant presque au passage.
Et encore, la plupart du temps, on retourne cette haine contre nous-même. Suicide, dépression, « burn out »… Accepter rime avec renoncer.

« La violence » est tabou, mais contre qui s’exerce-t-elle tous les jours ? Réapproprions-nous l’offensive : sociale, culturelle, voire physique. Hommes, femmes, prolos, petits employés, chômeurs, exploités, sans droits ni titres, n’attendons pas d’être attaqués pour réagir. Nous savons ce que le sort nous réserve, prenons les devants. Attaquons quand l’ennemi est endormi, méprisons la paix sociale, bouffons du bourgeois à tous les repas.

Voilà ce que j’avais à dire aujourd’hui. Rien à perdre, tout à gagner. Mieux vaut crever à poil qu’à genoux.
Et si vous avez l’impression de lire un vieux tract de communards kamikazes, c’est peut-être qu’ils avaient raison. Marre d’attendre de se prendre des coups pour les rendre. Marre de perdre son énergie à reculer le moins possible au lieu de la dépenser à avancer.

À nous de donner le rythme, à nous d’imposer nos besoins et désirs. À nous de transformer la résistance en existence. À nous de décider de nos vies.

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Hop, histoire de décompresser (avec cinq fruits et légumes par jour, tout rentre dans l’ordre), un petit « poème » qui servait d’édito au ChériBibi n°14, en 2004. Car rien n’a encore changé, on marche encore sous la pluie, on marche même toute la nuit…

La complainte de l’homme de boue

Les gens bien élevés
Jamais ne mettent les mains dans la boue
À peine y mettent-ils les pieds
Je suis de boue
Et vous me regardez de haut
Je suis de boue devant vous
Et de peur que je n’vous mange
Vous ne faîtes qu’ouvrir la bouche
De dégoût que je n’vous touche
Me conseillant poliment
De rester dans la fange
Or du fond de mon auge
Je vous jauge
Je vous juge
Oui mes cochons ce s’rait trop bon
De n’vous offrir qu’une purge
Oui mes cochons,
Vous transformer en jambon ça urge.

 

Et puis merde, si, comme tout un chacun, vous aimez la police justice, lisez et relisez l’ChériBibi n°9…

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La bannière de promotion de la sortie du Chéribibi n°9

Chéribibeat

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