Actus Chéribibesques

Let the music play (louder everyday) Publié le 22 mai 2015, par CheriBibi


Daniel CHeribibi-1
La tronche dans la cuvette, à gerber ses défaites, ses déceptions, les trahisons d’une vie à laquelle, comme un con, on faisait confiance…
Et puis une musique sort des tréfonds du cœur et on relève la tête, soudain prêt à mettre un p’tit coup d’boule au destin. Laisse béton les branches pourries sur lesquelles tu croyais pouvoir te reposer, un air de reggae te mord la jambe et t’oblige à danser… Na na naaaaa ! He he heeeee ! Yeah it’s what I’ve got for you !

Nan mais sans dèc’, encerclés par les tragédies de vies brimées dans les illusions d’un confort surfait, faudrait-il renoncer au plaisir de résister ? Au plaisir de s’inventer des futurs au-delà du canapé où s’écrasent les restes de nos rebellions adolescentes ? Bosse toute la journée, répare ton scoot’ en soirée, regarde la TV, digère tes rêves d’aventure, le vaste monde ne t’attend plus.
T’as beaucoup gueulé, fait plein d’effets d’annonces à la face de l’injustice, t’imaginant moult voyages, combats et constructions… Belles intentions dont, hélas, ne reste rien sinon l’anesthésie d’une vie déjà consommée. Il est vrai qu’une telle rapidité à passer de la punkitude à la maison de retraite force le respect.

Loin du réconfort espéré d’une petite baraque chauffée au feu de bois hors du boucan moderne, on chausse nos Doc Martens afin de chauffer la piste around the area, persuadés (à tort ?) de se la donner assez pour renvoyer dans leurs foyers les simili-aventuriers. Regarde ce que l’on a à proposer et ce à quoi tu as renoncé, la vie n’attend pas !

Ces 22, 23 & 24 mai, ton ChériBibi d’amour tient la place à Vitry, au festival Sur Les Pointes avec un stand commun aux « médias libres » et les concerts d’8°6 Crew, Asian Dub Foundation, Johnny Montreuil, Prince Fatty et bien d’autres…
AFFICHE FSLP7 AVEC NOMS 2
Dans la foulée, on enquillera en s’payant la tournée des chums The Prowlers à Montreuil, Nantes & Bordeaux… Spread your bed !
Et tiens, tant qu’à passer à Nantes, on jetera un oeil à l’expo Rasé de près de la photographe Alexandra Czmil, celle-là même qui s’est amusée à photographier mes vieilles Docs ci-dessus, toi-même t’as vu.
Prowlers à Paris
Prowlers nantes
Oppressed + Prowlers, Bdx
Prowlers St PauliLes Prowlers avec Roddy Moreno –The Oppressed– à St Pauli (classe le T-shirt !).
Prowlers Tour

Puis on ira à Dijon et, peut-être, à Marseille, à Mainz, à New-York, à Tokyo, à Kingston… On s’en recausera.
Voilà, la vie c’est ici, maintenant, rock’n’roll, avec ou sans toi mais… sans renoncements.

Mort d’un bon vivant (hommage et dessert) Publié le 24 février 2015, par CheriBibi

« J’aime la vie, et vivre est la chose certaine,
Mais rien ne sait mourir comme les bons vivants.
Moi, je donne mon cœur, mais ma peau, je la vends.
Gloire aux belles ! Trinquons. »

– Victor Hugo, La Légende des Siècles, 1877.

Ses amis l’appelaient Hafed, ses ennemis n’avaient pas son numéro. Auteur de nombreuses nouvelles et bons mots, de romans, de scénarios de BD et de films, de pièces de théâtres et de retraits bancaires à main non-armée, l’écrivain multirécidiviste Abdel Hafed Benotman était un grand bonhomme et un « petit voleur » comme il aimait le rappeler*… Non pas pour justifier dix-sept années confisquées par la prison mais pour se démarquer des grands voleurs qui, eux, ne courent jamais puisque personne ne va les poursuivre en Suisse. C’est hélas lors d’un de ces séjours forcés (en prison, pas en Suisse) qu’il eut son premier infarctus. L’Administration Pénitentiaire laissa son cœur se nécroser aux deux tiers au fond d’une cellule avant d’enfin l’hospitaliser. Pourtant, depuis presque 20 ans, le dernier tiers résistait à l’injustice comme le cœur de géant qu’il était.

Hafed aimait rire, boire, manger, embrasser, écrire, et le plaisir était largement partagé. Parrain de notre festival ivryen de littératures & luttes sociales En Première Ligne, il ouvrit notamment l’édition 2014 en interprétant Erika chez les camarades du théâtre El Duende, une de ses pièces dont il partageait volontiers le secret, mélange d’humour noir et d’aphorismes, de colère et de tendresse. « L’humour est enfant de nos haines qui n’ont que trop connues vos lois » disait Prévert. Hafed était à coup sûr son digne héritier, lui qui passa sa vie à se battre pour cette dignité que l’injustice française lui refusait.

Né en 1960 à Ménilmontant d’ouvriers algériens qui, en 1962, choisirent la nationalité de leur pays devenu indépendant, Hafed ne pourra jamais être naturalisé français suite à un casier vite rempli et restera donc apatride, c’est-à-dire sans patrie si ce n’est la meilleure : la chaleur des amis et le concret des solidarités qu’il tissait, notamment en fondant l’émission de radio –puis le journal– L’Envolée à destination de tous les enfermés.
Décédé à Paris ce vendredi 20 février des suites d’un quatrième infarctus (dont est donc directement responsable l’incurie et le sadisme de ses matons d’hier), il sera inhumé ce samedi 28 février à 12h40 au cimetière parisien d’Ivry, 44 avenue de Verdun, carré 16. Pas de couronne mais fleurs bienvenues, à condition qu’elles soient sauvages.

* Notamment dans le dernier ChériBibi, mais vu qu’on fait pas not’ réclame sur le corps chaud des copains, y’a une causerie avec Hafed vachement plus complète et gratuite chez nos confrères d’Article 11.

AH seul
Un malheur n’arrivant jamais seul (ils volent même en escadrille), ce même vendredi 20 février tragique, nous perdions un autre camarade de l’autre côté de la Manche…

Batteur historique du groupe Conflict et artisan émerite du son anarchopunk anglais, Francisco « Paco » Carreno officiait depuis 1996 derrière les fûts d’Inner Terrestrials.
ITPaco

Malgré des problocs de santé récurrents, il enchaînait les concerts jusqu’à récemment et nous ne le remercieront jamais assez, lui et Jay et Fran, pour l’aller/retour Brixton-Saint Ouen qu’ils firent en 2011 histoire de jouer aux 20 ans du ChériBibi ! Hélas, je ne pu leur rendre la politesse comme prévu quand ils fêtèrent les leur –de 20 piges– en décembre dernier, ma grand-mère venant de nous quitter après 104 ans de résistance aux grandes et petites misères (fille et épouse de boulangers, elle avait dit un jour « Je suis née dans le pétrin et j’y suis resté »).

Bref, ces temps sourds, on ne sait plus où donner de la tête d’enterrement… mais attention, comme me disait le compère Tôma « Verminax » Sickart après que j’eusse loupé la mise en bière du père Schultz : « J’te préviens, si tu viens pas à mon enterrement, j’viendrais pas au tien ! »

All Chéri Are Bibi ! Publié le 6 février 2015, par CheriBibi

« Dans une démocratie, on peut tout questionner. Et c’est l’honneur de la démocratie. Mais quand on remet systématiquement en cause les forces de l’ordre, on remet en cause l’État de droit, et donc on remet en cause les fondements mêmes de la République. » – Manuel Valls, cireur de pompes funestes.

Bien avant d’assister, effaré, aux applaudissements médiatisés dont certains moutons ont cru bon de gratifier les gardiens du troupeau, ton ChériBibi a eu le flair de concocter un n° tout 9 en hommage aux porteurs de bâtons de berger comme aux institutions carcérales sachant si bien transformer le déterminisme social en attentats à la sauvette. Comme il va de soi que pas un tribunal international n’accusera la justice française, ses comparutions immédiates et ses passe-droits, d’apologie du terrorisme, la fabrique à fêlés peut continuer de fonctionner en toute impunité…
COMMNAT - copie

C’est dans ce contexte délétère et surtout délatoire que sort donc notre nouvel opus dont le sommaire vous est conté à la page consacrée.

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Apparition couv#9

Déjà disponible la semaine dernière au Festival d’Angoulème, c’est à Saint-Denis que vous nous retrouverez ce week-end, plus exactement sur le stand de Hors-Circuit aux 15e journées cinématographiques dionysiennes du cinéma L’Écran. Une programmation axée sur le cinéma féminin et féministe qui devrait réjouir nos lectrices et lecteurs puisqu’on y (re)verra notamment Elle s’appelait Scorpion de Shunya Ito (ce vendredi 6 à 22h15), formidable second volet d’une saga explicitée dans notre nouveau n°9, mais aussi par la présence de Lina Wertmüller et de quelques uns de ses films (Cette fois-ci parlons des hommes et Mimi métallo blessé dans son honneur demain samedi, Film d’amour et d’anarchie et Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été ce dimanche) dont nous vous parlions dans notre n°007.
À propos du n°007, il contenait un dossier sur les films de « rape & revenge » et, ça tombe bien, bibi a été appelé en renfort pour présenter le terrific A Gun For Jennifer de Todd Morris ce samedi 7 à 22h30, prélude à une nuit thématique alignant les classiques Crime à froid / Thriller a cruel picture de Bo Arne Vibernius, I Spit on your grave / Day of the woman de Meir Zarchi et L’ange de la vengeance/Ms.45 d’Abel Ferrara.
Bon, comment dire ? Celles et ceux qui ont lu notre dossier (dans le n°007 donc) le savent, il s’agit là d’incontournables du dyptique « agression sexuelle puis vengeance »… mais j’avoue avoir des réserves quant au fait de les programmer à la suite. En effet, chacun de ces films est si éprouvant qu’il nécessite une bonne journée devant des Walt Disney pour s’en remettre… alors les aligner ainsi, cela frise l’épreuve d’endurance traumatique plus qu’autre chose. D’un sujet à prendre avec des pincettes, on plonge la tête dans le bocal. Il aurait été plus judicieux d’en sélectionner seulement un ou deux et de compléter avec des films plus « légers » comme Teeth ou poussant la réflexion hors des sentiers du spectaculaire tel Extremities (sur l’ensemble des films ici cités, relire notre dossier). C’est mon avis, et je l’aurais bien partagé avant qu’il ne soit trop tard !

Pour en revenir à ce ChériBibi n°9, nous en parlerons en musique sur les ondes de Radio Libertaire (89.4) le jeudi 12 février de 19h30 à 20h30 dans l’émission Jeudi Noir, avant de se focaliser sur du bon son de 20h30 à 22h30 pour l’émission Entre Chien et Loup, ce qui revient à squatter les ondes pas moins de trois heures sans temps mort ni entraves !

Puis nous fêterons la sortie du zine autour de plusieurs verres le vendredi 13 février en deux temps : de 17h à 19h à la librairie Un Regard Moderne (10 rue Gît-le-cœur, 75006 Paris) et à partir de 20h au bar Le Mange-Disc (50 rue de Romainville, M° Mairie de Montreuil), ouh yeah !

Enfin, nous serons à Alès les 20 & 21 février en compagnie des camarluches du zine Permafrost pour causer culture populaire ! Ce sera à la bibliothèque La Rétive (42 rue du faubourg d’Auvergne) le vendredi 20 avec, à 18h30, la projection de notre film fétiche Bad Boy Bubby de Rolf de Heer suivi d’un repas et d’une discussion sur, donc, la culture populaire ! Le lendemain, le Chéribibeat Sound System enflammera le Blues’Heure (9 rue du tempéras) dès 17h !
Et si à la fin du mois, t’as toujours pas ton ChériBibi tout neuf, porte plainte au commissariat !

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Même pas cap’ ? Publié le 1 février 2015, par CheriBibi

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Interlude interlope Publié le 23 janvier 2015, par CheriBibi

« La digestion c’est comme l’amour, ça commence dans la bouche et ça finit dans le cul. »

Il y aurait beaucoup à dire depuis que l’émotion de ce mois de janvier est retombée, plombée comme une chape sur un toit brûlant. Et beaucoup de choses sont dites. Un bon paquet de conneries même. Le triomphe de la pensée binaire : être ou ne pas être… Charlie. Pas de place pour la nuance (fusse-t-elle tout sauf consensuelle), ça m’apprendra à réagir à chaud, le texte précédent ayant été repris souvent et compris rarement. Du moins c’est mon sentiment. Baste, on y reviendra (ou pas) si les défenseurs de la liberté d’exprimer l’opinion du gouvernement nous en laissent le temps. Parce qu’avec la cavalerie de sortie, l’armée des résistants de la dernière heure désignant, tondeuse en main, celles et ceux qui cogitent à rebrousse-poil, il y a de quoi se sentir interpellé… avant de l’être au premier degré.

Aussi, histoire de souffler sans perdre le nord, mes potes et moi on s’exile à Lille pour le week-end. Y’a le Diablo, recommandable bouge qui bouge, qu’a confié au ChériBibi le menu de son premier anniversaire ! D’où l’affiche ci-dessous pour amateurs de gravure sur bois (toujours) debout. En plus c’est gratos et y’aura pas de périmètre de sécurité. Rock’n’roll !

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CHARLIE AKBAR ! Publié le 9 janvier 2015, par CheriBibi

Qui a peur d’un dessinateur ? Tu le mets dans un coin avec des feuilles et un feutre, il s’amuse pendant des heures sans que n’lui vienne l’idée de te taxer ton goûter. Alors même si les caricaturistes salafistes ont l’air assez rares, faut vraiment être un foutu lâche fini à la pisse doublé d’un abruti hors catégories pour répliquer au papier par l’acier. Le ridicule tue. Et son frangin suit. Salopards.

Puis franchement, évoquer un prétexte religieux pour massacrer le monde, c’est d’un commun… Y’a qu’à ouvrir un livre d’histoire, un atlas géopolitique ou n’importe quel journal à la con pour voir que toutes les confessions le font ou l’ont déjà fait. Du moins certains individus et/ou gouvernements se revendiquant de telle ou telle marque de prophète, messie ou godiche qui trust. Résultat des courses-poursuites, la publicité comparative du panel de foi grave se transforme en « choc des civilisations » par la magie d’analystes constipés et/ou intéressés. Sans compter les nombreux confrères des humoristes assassinés qui ne trouvent rien de mieux que de dessiner nos regrettés indélébiles athées dans les nuages d’un paradis bien catho… Même pas encore enterrés qu’ils ont déjà de quoi se retourner dans leur tombe !
Ouais, si l’émotion ne prenait pas autant à la gorge, il y aurait peut-être beaucoup plus à dire sur le traitement politico-médiatique en cours que sur l’implacable imbécilité fasciste de cette boucherie loin d’être halal (contrairement à ce que les assassins eux-mêmes semblent croire et vouloir faire croire). Le premier prix revient sans trop de surprise au culot innommable de la pitoyable Lepen proclamant son étron national « seul mouvement politique qui n’a aucune responsabilité dans la situation actuelle » (sic)… Mais beaucoup d’autres ne sont pas en reste d’hypocrisie et les louanges revêtent souvent des accents forcés d’amnésie.*

Pour ma part, tout en adressant à la rédaction et aux proches nos sincères condoléances et notre soutien au nom de la modeste revue qui est la nôtre, je ne passerais pas la brosse à reluire « post-mortem » à Charlie Hebdo. Si la même horreur était arrivée à un autre journal beaucoup plus à droite, il est fort probable que j’eusse pareillement pris le métro illico pour affirmer, place de l’Opéra, « Je suis Figaro ». Même si ça n’aurait probablement pas fait aussi mal au cœur (du moins pas complètement dans le même sens)…
La nouvelle m’a sonné –comme toi sans doute–, la glotte s’est nouée (elle l’est restée), les larmes sont montées… Mais était-ce dû au nombre de morts (on nous balance tellement de chiffres effarants toute l’année que ça en devient abstrait) et à la proximité du crime ? À la symbolique de l’acte ? À l’identité présumée des coupables ou plutôt à celle, tellement familière, d’une partie des victimes ?
Comme beaucoup, j’ai grandi avec les dessins de Wolinski et Cabu (et Willem et Siné, vétérans toujours vivants !) puis acheté Charlie dès sa ressortie du cul de La Grosse Bertha en 92… jusqu’à ce qu’il me tombe progressivement des mains dans le ruisseau. La faute à Val, au récurrent mépris condescendant pour le populo, au soutien aux bombardements de l’Otan, au Oui à la Constitution européenne, aux évictions (Lefred Thouron, Siné…), à la promo d’une décroissance de mes deux. Mais pas que. Malgré de jouissives fulgurances, le fonds de commerce l’emportait de plus en plus sur la pertinence. D’où l’impression de relire la même chose indéfiniment, en moins bien, à l’instar du Beauf de Cabu dans Le Canard ou du Pif d’Arnal dans L’Huma. Et puis peut-être parce que justement je suis athée, l’obsession religieuse du journal m’emmerdait. Y’a davantage de curés enrobés, de rabbins à frisettes et de femmes en burka dans les pages de Charlie que dans ma vie, ma cité, mon quartier excentré… Des thèmes rabâchés et bien peu inspirés aboutissant à se faire traiter « d’islamogauchistes » par des journalistes censément « de notre côté » quand on osait souligner la systématique stigmatisation raciste subie par les musulmans français. Taper sur toutes les religions, toutes les sortes de cons, bien sûr, mais quand ça revient à sempiternellement enfoncer les mêmes faciès contrôlés, les mêmes « sous-citoyens » enfants d’immigrés aux droits déjà amplement bafoués, ça commence grave à puer (l’ex-collaborateur de Charlie, Olivier Cyran, l’expliquait très clairement en 2013 dans une lettre ouverte à Charb dont, hélas, des passages prennent aujourd’hui une connotation assez peu appropriée au drame).
Et puis merde, la religion est certes l’opium du peuple, mais l’immense majorité des croyants de toute obédience s’enfume la tête sans –trop– faire chier les fumeurs passifs. Quant aux accros qui se piquent d’être des cracks de l’héro intégriste, ils restent minoritaires… ce qui n’enlève dramatiquement rien à leur dangerosité lorsqu’ils en ont davantage dans le chargeur que dans le cerveau. On l’a notamment vu en 2011 à Oslo et, mercredi, dans les locaux de l’hebdo.

C’est dur à exprimer, putain d’merde, ce sentiment de déchirement et de néant soudain plus fort qu’on ne l’aurait imaginé (mais comment aurait-on pu l’imaginer en fait ?). Si Charlie avait mis la clef sous la porte pour X autres raisons, j’en aurais rien eu à cirer vu que ça fait longtemps que je retrouve ailleurs –notamment dans CQFD– ce que j’y cherchais auparavant (à part Willem). Mais là, de cette façon là, c’est juste pas possible, pas croyable et encore moins tolérable. Charlie Hebdo ne s’arrêtera pas par le crime !
D’autant moins que, soudain, les proprios de l’information française viennent de se rappeler où trouver plein de bon pognon public dont la presse indépendante –Charlie compris– n’a semble-t-il jusqu’ici jamais entrevu la couleur.
Reste que je me sentais pas « à l’aise » au rassemblement spontané place de la République (35 000 personnes selon l’AFP, 3000 selon Al-Qaida). L’impression diffuse d’être paumé dans une foule socialement monochrome. Amélie Poulain qu’a du chagrin. Pour le coup, j’aurais aimé y rencontrer des barbus qui ne soient pas hipsters. Comme chez moi quoi. Autant dire que je pense pas réussir à faire un bon client pour « l’union nationale ». Je peux rire de tout, mais pas avec tout le monde. Pareil quand je pleure.

mort de rire2 (image de Gérard Paris-Clavel)

* À part le CAC 40 qui, en bondissant de 3,59% jeudi matin (ça a le mérite d’être très clair), montre que le Capital n’en a absolument rien à foutre de la liberté d’expression et se porte même mieux sans, merci : « L’attentat n’a pas eu lieu dans un aéroport ou dans le métro. Il ne remet pas en cause l’activité dans le secteur des transports et ne devrait pas créer dans l’opinion un choc pouvant pénaliser les ventes au détail, comme lors du 11 septembre », explique Christian Parisot, consultant chez Aurel BGC, selon Le Monde.fr

Rien qu’en traînant… Publié le 26 novembre 2014, par CheriBibi

« Vous savez, souvent, les choses qui doivent arriver, elles arrivent pas. »

T’as vu l’dernier ChériBibi ?
Moi non plus.
Y veut pas sortir, c’est comme ça.
Il s’accroche aux boyaux malgré les contractions. Et vu les contradictions du monde extérieur, la merde dans laquelle on se débat, on lui en veut même pas.

Pourtant il devrait finir par arriver, lui, au moins.

Pas comme tout ce (ceux/celles ?) qu’on attend en vain depuis bien plus longtemps, bien plus intensément. Un peu de justice, de répit, de raisons de se lever le matin pour autre chose que des pains. Voire un avenir radieux et un nouveau lecteur CD/K7/radio… J’dis ça j’dis rien. Du reste j’écoute quasi que des vinyles. C’est aussi pour ça que j’l’alimente pas bézef ce Chéribiblog censé meubler les laids délais entre deux n° en papier remâché : j’ai du mal avec le XXIe siècle et son cortège d’Internet, I-phone, I-pod, I-pad, I-tune, I-cademy des stars du web. Écrire des trucs censément profonds pour lecteurs-zappeurs déjà partis ailleurs au bout de la quatrième ligne en speed-dating, c’est un peu comme pisser dans un violon. Un violon. Tu sais, ce machin en bois qui crisse sa mère quand t’y frottes les doigts. Un genre de PS3 qui te fouterais pas un court-jus quand t’urines dessus. Tu vois pas ? Ah.

D’où qu’il s’agissait d’en venir, c’est qu’en attendant (ou pas) le prochain n°9, y’avait plein de machins réels qu’aurais-je dû annoncer dans cet ici-bas virtuel pour prouver qu’on a une vie sociable les 36 du mois. C’est à ça que ça sert Internet non ? T’es rayé du monde des vivants si tu laisses pas une grosse trace dans le fond des Google.
Mais voilà, je l’ai pas fait. La flemme de pixelliser nos activités pour les faire exister dans la virtualité et les léguer à la postérité des moteurs de recherches. Exit donc notre sound-system de vendredi dernier, notre présentation du documentaire Rocksteady de jeudi dernier, notre débat à la JIMI, notre passage bimestriel à Radio Libertaire, nos belles tables de presse à la soirée « Sale & Sauvage » et aux concerts des Members, des simili-Skatalites pis du boss Roy Ellis. Sûrement même j’en oublie. Tant pis.

Reste que si t’es toujours là à lire mes conneries, on peut passer aux choses sérieuses. De quoi patienter avant la révolution tout en la poussant au cul. Le ChériBibi on s’en fout, il sortira quand ça lui prendra. Toi et moi, en attendant, on sort dans la rue !

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C’est la douzième manif annuelle et hivernale contre le chômage qu’on organise. Faudrait pas que y’en ai une treizième, ça porte malheur. Alors on y vient nombreuses et nombreux, nos colères en étendard, parce que y’en a marre.
Marre d’être tricards dans un des pays les plus riches du monde. Marre de bouffer des nouilles en se bouffant les couilles devant des vitrines engorgées. Marre de retirer la main du panier devant la matraque du condé. Marre d’être accusés de frauder les restes par des politicards au patrimoine empâté. Marre d’être convoqués, radiés, exploités, dégraissés jusqu’à la peau de nos os. Marre tout court et c’est déjà trop.

Pis vu qu’on se sera un brin réchauffé à la lueur de notre fraternité du pavé, le Chéribibeat Sound-System enquille direct avec une « after » pleine de bonne humeur à St Ouen où, dès 18h30, on passera du good weggae music aux Mains d’Œuvres pour une « Skunk Party » qui sent bon… Même qu’entre nos passages de galettes, y’aura rien moins que des concerts de Rixe (oi ! parigote), Syndrome 81 (oi !-HC de Brest), RAS (qu’on ne présente plus, voir plus bas sur ce même blog) et les inqualifiables Hard Skin de London City !
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Un samedi 6 décembre bien rempli pour quitter ton écran total et reprendre des couleurs sur Paris !
Sur ce, on se laisse sur quelques sons et images du groupe qui a inspiré le titre de ce post, car sur l’écran il n’y a pas de reflet…

Prochaine bafouille pour l’accouchement du ChériBibi car malgré nos gueules de sinistrés, on y bosse quand même d’arrache-pied, faut pas abuser !
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La bannière de promotion de la sortie du Chéribibi n°9

Chéribibeat

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